Plus exactement, le début des choses sérieuses ! Place aux quarts dès demain, place aux éjections directes ! Et si le monde du foot est bien fait, les sept rencontres restantes nous feront frissonner plus encore que les 24 défuntes : ce qu'espère tout c£ur footeux. Encore faut-il être convaincu que le monde du foot soit bien fait !
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Plus exactement, le début des choses sérieuses ! Place aux quarts dès demain, place aux éjections directes ! Et si le monde du foot est bien fait, les sept rencontres restantes nous feront frissonner plus encore que les 24 défuntes : ce qu'espère tout c£ur footeux. Encore faut-il être convaincu que le monde du foot soit bien fait ! Mis à part deux jours d'infidélité où j'ai vaqué à d'autres chimères, j'ai jusqu'ici zyeuté 20 matches à la télé, et la réalisation polono-ukrainienne est conforme à ce qui se pratique désormais. D'une part, le travail pro classique avec flopée de caméras scrutatrices, d'autre part des spectateurs désormais partie intégrante et obligée du spectacle retransmis : bicolorisme des camps de supporters, repérage scrupuleux des meilleurs déguisés, jolies gonzesses et c'est tant mieux, joie trépidante et ingénue de type hé-regarde-c'est-nous-là-sur-l'écran-géant. Et de plus en plus de gros plans de mômes ravis, alibis/pureté au pays des merveilles qu'est le ballon rond ! Un seul truc fatigue, c'est l'incessant surgissement du logo organisateur après replays ou ralentis : j'ai beau avoir lu qu'il y avait là référence à un art traditionnel rural de découpage de papier de couleur, j'ai chaque fois l'impression de me ramasser en pleine poire un gros ballon flanqué de deux monstrueuses fleurs à coup sûr carnivores... Quant à l'emballage ertébéen, épinglons, côté studio, le style de Benjamin Nicaise, mixant agréablement ironie, dérision et remarques bourrées de bon sens judicieux. Un pragmatisme qui se retrouve côté terrain via Philippe Albert et Marc Wilmots, deux consultants qui n'y vont pas par quatre chemins, ils y allaient d'ailleurs itou durant leur carrière de joueurs. Deux consultants amenant par défaut à tirer un grand coup de chapeau à Pierre Deprez et Frank Peterkenne : car au contraire de Rodrigo Beenkens et Vincent Langendries, ces deux solitaires ont dû se démerder sans jamais pouvoir consulter quiconque ! Vous argumenterez que tout budget a ses limites, que les distances sont ce qu'elles sont de Kharkov à Gdansk, et qu'il faut bien concentrer la grosse artillerie sur les grosses affiches ! Quand bien même : Langendries n'aurait-il pas pu prêter parfois Albert à Peterkenne, ou Beenkens Wilmots à Deprez ? L'option de couverture ertébéenne possède aussi son côté paradoxal : car plus les protagonistes sont méconnus, plus il serait logique de commenter à deux afin d'y voir plus clair, non ? Rodrigo, par ailleurs le commentateur le plus expérimenté des quatre, serait parfaitement à même de gérer seul comme un grand un Allemagne-Pays-Bas, duquel tous les footeux connaissent par c£ur tous les acteurs. Alors que Frank ou Pierre, qui ont moins de planches, marchent davantage sur des £ufs lorsqu'ils doivent, sans partenaire spécialisé, orienter les téléspectateurs d'un Pologne-Grèce truffé de noms abscons ! Je sais, je dis ça et rien du tout, rêve de vieux et trêve de v£ux pieux, l'argent reste le nerf de la guerre ! Et Michel Le Coach n'a pas les coudées si franches pour modifier son occupation de terrains,... never change a winning team à l'heure des grosses audiences ! Quant aux polémiques d'arbitrage, attendons la suite du tournoi pour disserter. Mais puisque nous sommes entrés dans cet EURO en même temps que nous sortions de Roland-Garros, et que nous en sortirons en entrant à Wimbledon, terminons par une comparaison entre contestations tennistiques et footballistiques. A Paris, Caroline Wozniacki a piqué une colère folle, et vitupéré suite à une balle adverse jugée bonne, qu'elle estimait mauvaise. Elle aurait dû commencer par shooter dans un gros ballon, et tous les tennismen rouspéteurs mâles aussi. Car si elle avait joué et souffert au foot (ce sport où chaque match ne débouche que sur deux ou trois points nommés buts, et où une seule décision contestable peut inverser vainqueur et vaincu), Caro la chipie rougirait de râler sur un court pour un malheureux point douteux en sa défaveur...alors que le tennis lui en laisse au minimum 300 autres à gagner ! Pour ce qui est d'arriver à fermer sa bouche, le foot est une école d'ascèse avant de passer au tennis. BERNARD JEUNEJEANPhilippe Albert - comme Wilmots - n'y va pas par quatre chemins.