Georges Moissidis, journaliste au magazine Kicker, assène: "Le VfB n'a envoyé aucun scout à Bruges-Anderlecht? C'est normal,Il accueillait lui-même le Bayern, le même jour, à la même heure. Aurait-il dû désigner une victime parmi ses deuxièmes ou troisièmes couteaux? Il a pu se faire une idée du Club au match aller. Le championnat belge ne représente pas grand-chose en Allemagne, en plus".
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Georges Moissidis, journaliste au magazine Kicker, assène: "Le VfB n'a envoyé aucun scout à Bruges-Anderlecht? C'est normal,Il accueillait lui-même le Bayern, le même jour, à la même heure. Aurait-il dû désigner une victime parmi ses deuxièmes ou troisièmes couteaux? Il a pu se faire une idée du Club au match aller. Le championnat belge ne représente pas grand-chose en Allemagne, en plus". Felix Magath, l'entraîneur des Souabes, apporte par téléphone un bémol à ce jugement:"Nous avons visionné deux fois Bruges en championnat avant notre déplacement là-bas. éa suffit...Du moins je l'espère". Malgré l'effervescence du match contre le Bayern, qu'il perdra 1-3, l'entraîneur du VfB a distrait quelques minutes de son temps pour évoquer son adversaire européen, vendredi. Finalement, deux journalistes allemands ont assisté au choc en Venise du Nord. Felix Magath: "Bruges dispose d'une large expérience internationale. Elle compense la faiblesse relative du championnat belge. Saison après saison, il est présent en Coupe d'Europe. Il a déjà refait des handicaps apparemment insurmontables, notamment face à des équipes allemandes. A Bruges, nous avons arraché une victoire difficile. Je m'attends à un autre match pénible ici. Son niveau en Bundesliga? Je n'oserais émettre de pronosticsur base d'une joute. Une chose est certaine: en Allemagne, la compétition est nettement plus serrée". "Plus fort avec Gerets"Thomas Näher, journaliste au quotidien Stuttgarter Nachrichten, connaît bien le Club, qu'il a vu à l'oeuvre une première fois en 1998, et qu'il a retrouvé il y a deux semaines. Avant d'embrayer sur les propos de Magath, il émet une première comparaison temporelle: "Le Club avait une excellente réputation en 1998. Il bénéficiait de l'apport d' Eric Gerets, qui parvenait à transmettre à ses joueurs son expérience internationale et sa rage de vaincre. Il hissait vraiment ses joueurs à un niveau supérieur. Trond Sollied n'a pas son bagage ni sa stature. D'ailleurs, il aurait pu réagir plus tôt face au VfB. Evidemment, le nombre de forfaits l'a peut-être privé d'alternatives. Je ne connais pas assez le Club pour en juger et ce match-ci ne m'éclaire pas davantage. Néanmoins, l'équipe actuelle me semble moins bonne que celle d'il y a quatre ans. Le fait que le Club soit affaibli par la blessure de plusieurs titulaires adoucit mon jugement, mais ses derniers résultats sont assez irréguliers: une défaite 5-2 à St-Trond, une victoire 5-0 contre Lokeren et maintenant, une courte avance 2-1 face à Anderlecht, dans un match qui ressemblait plus à une guerre qu'à autre chose...Là, franchement, c'est un match au sommet en Belgique mais ce n'est pas un match de Bundesliga. Chez nous, le classement est extrêmement serré: une victoire vous fait gagner plusieurs places, une défaite peut vous renvoyer dans les nimbes du classement. Face à Stuttgart, Bruges a rayonné d'agressivité. Rapide, tranchant, il a bien construit le jeu. Par la suite, je ne dirais pas qu'il s'est effondré mais plutôt que le VfB a pris le dessus physiquement. Bruges devait évidemment faire le jeu, ce qui coûte des forces mais je me demande si les Belges entraînent suffisamment leur condition? En tout cas, elle est inférieure à la nôtre. Stuttgart soigne beaucoup cet aspect. En général, il entre difficilement dans le match. Il lui faut une mi-temps pour trouver son rythme. Il est souvent mené, comme à Bruges, d'ailleurs, mais ensuite, il retrouve son fil et il marque, en fin de match. Il n'empêche: Bruges a laissé filer son avantage, face à une formation très jeune, qui plus est. En championnat, peut-on parler de concurrence?... Donc, si je devais estimer son classement en Bundesliga, je le verrais dans le ventre mou. Il ne serait certainement pas menacé mais il ne prendrait sans doute pas part à la lutte pour les billets européens. Il est inférieur à Schalke 04, à Brême, sans parler des plus grosses pointures. Par exemple, on a l'impression que les joueurs attendent d'avoir le ballon au pied avant de chercher une solution. Leur vitesse d'exécution en pâtit beaucoup. C'est fatal chez nous". L'atmosphère de l'affiche belge a frappé les observateurs allemands. Thomas Näher et son collègue Alexander Memmer, un journaliste indépendant qui analyse le niveau des différents championnats pour Ground Life, un magazine de supporters, sont unanimes: "Nous ne sommes pas déçus du niveau de cette rencontre au sommet. Après tout, la Belgique est un petit pays, comparable au Danemark ou aux Pays-Bas. Seules deux ou trois équipes émergent. Elles sont donc rarement confrontées à des adversaires du même niveau. Ce qui est frappant, c'est la haine qui semblait opposer les deux clans. Les trois exclusions ont évidemment annihilé tous les projets tactiques des entraîneurs. Ne jetons pas la pierre à l'arbitre: le problème est identique partout. Mais quand même, la carte rouge de Jestrovic pour simulation était excessive". Alex Memmer de conclure: "L'ambiance me rappelle celle de l'Angleterre. Chez nous, elle est plus sereine. La police est certes mobilisée, mais pas avec des autopompes ni avec six postes de contrôle de l'autoroute au stade. On ne trouve cette tension que dans l'ancienne Allemagne de l'Est, même si elle s'estompe. Là, il y a ceux qui ont travaillé pour la Stasi et les autres, les clubs qui ont été soutenus par le régime, ceux qui ont volé de leurs propres ailes""Simons marquant"Thomas Näher: "La dernière ligne a commis des erreurs face à Stuttgart, c'est incontestable. Après tout, Bruges a encaissé deux buts alors qu'il menait. Toutefois, j'attribue plutôt ces fautes à la domination subie par l'ensemble de l'équipe en seconde période. Dans ces cas-là, on perd sa lucidité. Ce compartiment n'est certainement pas le meilleur de Bruges. Birger Maertens a l'air prometteur mais... n'est-ce pas sa troisième carte rouge en deux semaines? Pourtant, on ne peut pas dire que la dernière ligne ait été sollicitée par Anderlecht, qui n'a strictement rien montré offensivement". Alex Memmer: "Je n'y pointe aucun élément particulier non plus, hormis Simons, qui évolue plutôt dans l'entrejeu défensif mais qui a reculé avec pertinence d'un cran après l'exclusion de Maertens. Ce garçon, encore jeune, est bourré de talent, il a un bon abattage et une vision claire du jeu. L'électricité du match n'a pas eu de prise sur lui. Il n'a commis aucune erreur, aucune faute, il est resté propre. Et oui, il pourrait entrer en compte pour la Bundesliga". Thomas Näher: "Simons balaie très bien sa zone, derrière des éléments plus offensifs. En fait, c'est surtout le compartiment offensif de Bruges qui m'a plu. L'attaque et l'entrejeu offensifs ont vraiment secoué le VfB. Les raids menés de la deuxième ligne ont fait des dégâts. Ce trio est performant, agressif, vif. Il ne cesse d'amorcer des attaques. Il a pâli en seconde mi-temps, sans doute à cause de la pression accrûe de Stuttgart et des efforts consentis auparavant, car la défense du VfB est solide et costaude. Anderlecht est parvenu à faire reculer ce triangle, qui a évolué trop près de la défense, grâce à une excellente organisation, un double rideau défensif qui a fonctionné jusqu'en seconde période, même si Bruges s'est forgé plusieurs occasions avant cela". Alex Memmer: " Ceh m'a plu, par sa technique et sa touche de balle très pure ainsi que par son calme. Il s'est adapté aux changements tactiques sans problème". Felix Magath a été séduit par Mendozail y a deux semaines: "A gauche, il a été très fort. Il nous a causé énormément de problèmes. Il s'agira de le tenir mieux au match retour. C'est le joueur qui m'a le plus impressionné. Il est imprévisible et extrêmement rapide". Thomas Näher: "De fait, Mendoza est impressionnant. Il est très dangereux devant le but, il s'y présente aussi très souvent. Sa finition laisse à désirer mais il est tellement souvent dans le rectangle adverse qu'il sème la panique. Il mobilise l'attention d'un homme. S'il a l'art de rater l'immanquable, ce qui doit être très frustrant pour le Club, il est capable de déterminer le cours d'une rencontre. Et, même s'il ne marque pas, il pèse terriblement sur la défense adverse, ce qui ouvre des perspectives à ses partenaires, qu'ils soient attaquants ou médians. Mendoza serait un bon joueur de Bundesliga, d'après ce que j'en ai vu". Pascale Piérard"Soigne-t-on assez sa condition en Belgique"