En raison des matches de qualification pour l'EURO-19 avec la Belgique, Eden Hazard (18 ans) a repris l'entraînement une semaine plus tard que ses coéquipiers. Le jeune Belge a suivi les périples concernant son employeur d'un endroit ensoleillé : à la fin de la saison, l'entraîneur Rudi Garcia a été limogé pour être réengagé quelques semaines plus tard. L'étage de la direction a tremblé également. Le chaos se reflète sur le noyau. Adil Rami, le pilier de la défense, et le meneur de jeu Ludovic Obraniak ont déclaré vouloir évoluer à un niveau supérieur. Rami a obtenu la promesse d'être libéré s'il recevait une bonne offre mais quand Marseille s'est intéressé à lui, les belles paroles se sont envolées. Rami, influent dans le vestiaire, a refusé de jouer pour le club...
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En raison des matches de qualification pour l'EURO-19 avec la Belgique, Eden Hazard (18 ans) a repris l'entraînement une semaine plus tard que ses coéquipiers. Le jeune Belge a suivi les périples concernant son employeur d'un endroit ensoleillé : à la fin de la saison, l'entraîneur Rudi Garcia a été limogé pour être réengagé quelques semaines plus tard. L'étage de la direction a tremblé également. Le chaos se reflète sur le noyau. Adil Rami, le pilier de la défense, et le meneur de jeu Ludovic Obraniak ont déclaré vouloir évoluer à un niveau supérieur. Rami a obtenu la promesse d'être libéré s'il recevait une bonne offre mais quand Marseille s'est intéressé à lui, les belles paroles se sont envolées. Rami, influent dans le vestiaire, a refusé de jouer pour le club... Entre-temps, la plupart des conflits sont apaisés et Lille, cinquième du dernier championnat, a échappé à l'exode redouté. Hazard, courtisé par l'Inter, Barcelone et Arsenal, reste également au Stade Lille Métropole. Il a placé son empreinte sur la préparation, notamment en marquant un superbe but lors du match amical contre Boulogne-sur-Mer. " J'ai suivi les développements internes au LOSC via internet, c'était très bizarre ", raconte Hazard. " D'abord, le limogeage de Rudi Garcia était étonnant car nous avions disputé une belle campagne ponctuée d'une cinquième place et d'un ticket européen. Il entretenait de mauvaises relations avec quelques éléments mais qui sont partis. Personnellement, je m'entends bien avec l'entraîneur, qui parle beaucoup à ses joueurs. Il est bien différent de Claude Puel, que j'ai connu la saison précédente. Lui était plus distant et plus froid, même si je lui dois mes premières minutes en équipe fanion. Ensuite, il y a eu l'affaire Rami-Obraniak. La direction avait signifié qu'un seul joueur pouvait partir. Ce fut... Michel Bastos à Lyon. Je comprends un peu Rami, qui restait sur une super saison et jouissait de l'intérêt de grands clubs. " Michel Bastos, le gaucher brésilien qui avait échoué à Feyenoord, a été transféré pour 18 millions à l'Olympique Lyonnais. Selon Hazard, ce prix est correct. Il connaît bien Bastos. " Michel a prouvé la saison passée qu'il était le meilleur ailier gauche de la Ligue 1. Il est rapide, technique et a un bon tir. Lyon a fait une bonne affaire. S'il réussit là, je le vois bientôt en équipe nationale du Brésil. "Le septuple champion a également transféré Lisandro Lopez pour 24 millions, un montant-record dans l'Hexagone, et Ali Cissokho (15 millions). Tous deux viennent du FC Porto. Ces renforts suffiront-ils à compenser le départ de Juninho et de Karim Benzema ? Lyon, qui a dominé la Ligue 1 de 2001 à 2008, fêtant sept titres de rang, est avide de revanche après avoir dû céder le dernier championnat à Bordeaux. Hazard : " Leur domination devait prendre fin tôt ou tard. Benzema va leur manquer cruellement. A mes yeux, il était le meilleur attaquant de France. Il a tout. Il va encore progresser au Real, puisqu'il sera entouré de vedettes. Lyon a acquis des atouts offensifs en Bastos et en Lopez, qui a marqué six buts dans la dernière Ligue des Champions. Ce n'est pas rien. J'attends aussi beaucoup de Marseille, très actif sur le marché des transferts et qui a entre-temps acquis Fernando Morientes après avoir enrôlé Lucho Gonzalez de Porto. Bordeaux a effectué peu de transactions mais s'appuie sur l'ensemble bien huilé de la saison passée et a transféré à titre définitif Yoann Gourcuff, qu'il louait à Milan. C'est une bonne chose pour la Ligue 1 que de tels footballeurs restent. Gourcuff est la cheville ouvrière du titre bordelais. Sans lui, jamais les Girondins n'auraient été champions. Il a marqué des buts superbes et permis aux autres d'évoluer à un niveau supérieur. Son style rappelle un peu celui de Zinédine Zidane, même s'il est loin de présenter le même palmarès. " Les clubs français parviennent de plus en plus aisément à conserver leurs vedettes en Ligue 1 alors que traditionnellement, on assistait à un exode chaque été. Seul Benzema a tourné le dos à la France, sans doute à cause de la crise. Mais Hazard a une autre opinion : " C'est parce que le championnat français est coté. Des clubs comme Lyon, Bordeaux et Marseille ont un rayonnement européen. "Et les Belges ? Peu de compatriotes sont actifs au plus haut niveau français. On en relève quatre en Ligue 1. Outre Hazard, il y a Roland Lamah au Mans, Luigi Pieroni à Valenciennes et Kevin Mirallas à Saint-Etienne. " Lamah a fait forte impression la saison passée. J'aime son style de jeu, ses actions sur le flanc et son passing du gauche. On le loue partout. Je connais moins bien Pieroni. Il faut aussi attendre que Kevin éclate. "Saint-Etienne détient le record de titres en France mais une saison après son transfert, il ne reste pas grand-chose des ambitions affichées. On ne parle guère de Mirallas non plus alors qu'à Lille, le jeune s'était forgé une solide réputation. Hazard ne comprend toujours pas pourquoi son copain a quitté le club : " Mirallas m'a aidé à m'intégrer à Lille. Il est davantage un ami qu'un collègue mais je ne comprends pas son départ. Je suppose qu'il pouvait gagner davantage à Saint-Etienne. "Saint-Etienne est très populaire. Trois années de suite, il a reçu le Trophée des Tribunes, le prix qui récompense le club le mieux organisé, le plus convivial et fanatique de Ligue 1 : " A juste titre. Même la saison passée, quand l'équipe ne tournait pas et luttait pour le maintien, le public a continué à la soutenir. La France et l'Europe savent que Saint-Etienne est un club chaleureux. Pour beaucoup de joueurs, c'est aussi le plus beau déplacement. Personnellement, je préfère le PSG et son Parc des Princes. "Quelle différence avec l'AS Monaco, le club de la mondaine Principauté, qui s'est effondré après avoir brillé au début du millénaire, au point qu'on ne tient même plus compte de lui quand on spécule sur les favoris au titre ? Hazard hausse les épaules : " Monaco n'est pas une ville de football. Il y a de l'argent mais les tribunes sont toujours vides. Personne n'aime y joueur. Le seul beau temps ne suffit pas. "Si on compte Eric Gerets, l'entraîneur de Marseille la tumultueuse, cinq Belges étaient actifs en Ligue 1. Gerets a terminé deuxième et a atteint les quarts de finale de la Coupe UEFA. Sur la Côte d'Azur, le Lion de Rekem était vénéré à l'image d'un dieu. Hazard sourit : " Il était la star absolue de Marseille mais il faisait aussi sourire les gens avec son accent flamand. J'ai eu l'occasion de discuter avec lui au gala où j'ai été élu Espoir de l'Année. Lui était nommé Entraîneur de l'Année. Ce fut une soirée belge ! Je pense que Didier Deschamps est capable de poursuivre sur sa lancée. Marseille a effectué beaucoup de transferts mais tous étaient réfléchis. Deschamps a le même avantage que Laurent Blanc : il a été champion du monde. Comme Blanc, il est calme et intelligent. Il est certainement apte à construire quelque chose de bien à Marseille. " Le succès de Gerets et de Hazard a éveillé quelque chose en France : " Notre championnat ne les intéresse pas beaucoup mais les Français reconnaissent que la Belgique recèle des talents. Par exemple, le nom d' Anthony Vanden Borre a longtemps circulé dans les couloirs de Lille. On m'a demandé ce que je pensais de lui. On a aussi parlé de Steven Defour et d' Axel Witsel à Marseille. Le Standard a fait impression en Europe lors de la dernière campagne. La France connaît Anderlecht. En 2006, les Mauves ont fait match nul contre Lille deux fois et il y a deux ans, ils ont battu Bordeaux en Coupe UEFA. " Le petit Belge talentueux doit vraiment s'affirmer cette saison. Malgré l'intérêt- non concret - de grands clubs européens, il a promis de jouer encore une saison au moins dans le Nord de la France. " J'ai fait mes preuves en équipe fanion la saison passée. Suite au départ de Michel Bastos, j'espère endosser un rôle plus prédominant au sein de l'équipe. Je veux être titulaire de la première à la dernière journée. Je souhaite aussi continuer à développer mon jeu et à rendre meilleurs ceux qui m'entourent. J'ai maintenant une étiquette : le meilleur espoir de la Ligue 1. Ma tâche ne sera pas facile car je ne suis plus un inconnu. L'adversaire s'intéressera de plus près à mes aptitudes. Je ne pourrai faire la différence qu'avec le soutien de l'équipe. "Et par ses dribbles, évidemment. Hazard est vif, intelligent et possède un bagage technique impressionnant -pensez à ses contrôles lumineux ! Il divertit le public par ses feintes, inhabituelles dans le football français, tactique et plutôt défensif. Car si on critique les centres de formation français, c'est parce qu'ils produisent tous le même type de footballeurs. Ils sont tous costauds et fins tacticiens. Des robots. Cela se reflète dans leur championnat, pauvre en spectacle. Hazard ne peut qu'opiner : " Il y a un peu de tout dans ce championnat. La tactique de l'Italie, le physique de l'Angleterre et la technique de l'Espagne. La France se situe précisément entre ces trois pays. Mais, en effet, les équipes pensent essentiellement en termes défensifs. Je comprends la critique selon laquelle les centres de formation produisent le même type de footballeurs. C'est d'ailleurs pour cela qu'au début, j'ai éprouvé tant de mal à Lille. J'étais régulièrement renvoyé de l'entraînement. Les joueurs qui veulent imposer leur propre style souffrent mais en fin de compte, ils émergent. J'en ai toujours été conscient. Je n'éprouve pas le besoin d'étaler ma technique, j'ai joué pas mal de matches sans effectuer un seul dribble. Mais si j'en ai l'occasion, pourquoi pas, pour autant que ce soit efficace ? L'entraîneur partage mon avis. Je ne veux pas me distinguer, c'est en moi. Je dois reconnaître que je ne me considère pas comme un simple joueur banal. J'aime bien soigner le spectacle. "par matthias stockmans"La L1, c'est la tactique italienne, le physique anglais et la technique espagnole.""Mon déplacement favori ? Le PSG au Parc des Princes. "