... et tous les deux, s'ils restent debout, risquent d'arriver sur ce ballon juste après l'adversaire. Donc, chacun se dit en pensant à l'autre : " Si je me jette et qu'il ne se jette pas, j'arrive avant lui "... Et tous les deux, soldats intrépides, jettent leur corps en avant, en rupture d'équilibre pour la conquête du ballon ! Axel Witsel arrive le premier parce qu'il s'est jeté jambe tendue, et touche le ballon ; puis, sa semelle offerte cogne l'adversaire dans l'élan, ça aurait pu faire très mal. Roland Juhasz arrive le second, mais il ne s'est jeté que genoux fléchis, peut-être aurait-il devancé Witsel et touché ce ballon le premier s'il avait lui aussi choisi l'option/jambe tendue ; toujours est-il que sa semelle offerte cogne ensuite le tibia adverse dans l'élan,... ça aurait pu faire tout aussi m...

... et tous les deux, s'ils restent debout, risquent d'arriver sur ce ballon juste après l'adversaire. Donc, chacun se dit en pensant à l'autre : " Si je me jette et qu'il ne se jette pas, j'arrive avant lui "... Et tous les deux, soldats intrépides, jettent leur corps en avant, en rupture d'équilibre pour la conquête du ballon ! Axel Witsel arrive le premier parce qu'il s'est jeté jambe tendue, et touche le ballon ; puis, sa semelle offerte cogne l'adversaire dans l'élan, ça aurait pu faire très mal. Roland Juhasz arrive le second, mais il ne s'est jeté que genoux fléchis, peut-être aurait-il devancé Witsel et touché ce ballon le premier s'il avait lui aussi choisi l'option/jambe tendue ; toujours est-il que sa semelle offerte cogne ensuite le tibia adverse dans l'élan,... ça aurait pu faire tout aussi mal ! Telle est la description des faits après replays à l'aise, Johan Verbist ne dispose pas de replay. Et savoir ce qu'eût été sa décision si les deux gars, ou si Witsel seul, étaient partis en civière, reste de l'ordre du mystère total. Qu'énoncent en 2010 les sacro-saintes Lois du Jeu ? Qu'on se le dise, les notions de pied en avant, jambe tendue, semelle ou pied décollé du sol n'y figurent pas. Elles ne sont lisibles que dans les directives aux arbitres de notre CCA nationale... qui n'est pas le Board. L' International Board édicte aux arbitres du monde, la CCA ne fait que guider les arbitres de Belgique dans leur interprétation des textes du Board. Ce dernier, en 1995, dans un souci clarificateur louable, coucha sur papier que c'était une faute de tackler un adversaire et toucher celui-ci avant qu'un contact avec le ballon n'ait eu lieu. Ce qui ne signifiait déjà pas qu'on pouvait se permettre tout type d'abordage dès le moment où l'on atteignait le ballon d'abord,... même si nous l'avons déduit dans nos papotages ! Mais aujourd'hui (et depuis 2008), le texte n'est même plus tel, bye, bye l'histoire du ballon touché avant ou après : il est fautif de tackler (tout court !) un adversaire avec imprudence, témérité ou excès d'engagement. Sic, officiellement. En précisant que les trois termes précités ne disent pas la même chose : l'imprudence est punie du seul coup franc direct, la témérité implique un carton jaune ; et l'excès d'engagement vaudra un carton rouge, car il signifie avoir fait un usage excessif de la force au risque de blesser son adversaire. Tel était l'arsenal strictement légal dont disposait Verbist pour décider en une fraction de seconde. Il l'a fait en son âme et conscience, et tous nos papotages sont permis quant à son âme et sa conscience : en quoi Witsel fut-il excessivement engagé plutôt que simplement imprudent ou téméraire ? Juhasz ne fût-il pas lui aussi imprudent ou téméraire au risque de blesser Witsel ? Allons-y Alonso, feu vert pour la polémique ! En la poussant à bout, on peut même proposer que Verbist ne siffle pas parce qu'il n'a rien vu d'imprudent, ou qu'il exclue les deux gars parce qu'il les a trouvés tous les deux engagés à l'excès (... ne me demandez pas au bénéfice de quel camp le jeu reprendrait) ! Tout peut faire farine au moulin de l'interprétation par l'arbitre, même le bon sens : utilisé ici, il aurait consisté à refiler une jaune à Witsel (jambe tendue, plus téméraire que celle de Juhasz) pour le calmer dans ses ruades, et à siffler coup franc dans le rond central, personne n'était sur civière, tout le monde s'en serait fichu au bout de deux minutes... En toute honnêteté, et courageux de s'être ensuite expliqué à la télé, Verbist a suivi les recommandations de ses instances nationales au lieu d'exploiter le laxisme des Lois suprêmes... C'est un sport mal foutu. On cause arbitrage au lieu de causer stratégies et habileté. Et même quand les 23 acteurs pénètrent sur le terrain avec l'évidente et exceptionnelle intention que tout se passe sans le moindre incident (ce qui fut ici à coup sûr le cas, étant donné les circonstances et le souvenir de l'aller),... même alors, un match de foot parvient à déraper ! Et faut bien reconnaître que le sort de ce sport mal foutu s'acharne en ce moment sur Witsel...par bernard jeunejean"Johan Verbist a suivi les recommandations de ses instances nationales au lieu d'exploiter le laxisme des Lois suprêmes..."