Marcellllo... Marcelllllo... Réplique immortelle de l'actrice AnitaEckberg dans le film LaDolce Vita. Le réalisateur FedericoFellini a immortalisé des cris du coeur mémorables. Avec l'autre Marcello, au charme moins évident à l'oeil, ce n'est ni la Dolce Vita ni la Vita e Bella mais plutôt la Fureur de vivre.
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Marcellllo... Marcelllllo... Réplique immortelle de l'actrice AnitaEckberg dans le film LaDolce Vita. Le réalisateur FedericoFellini a immortalisé des cris du coeur mémorables. Avec l'autre Marcello, au charme moins évident à l'oeil, ce n'est ni la Dolce Vita ni la Vita e Bella mais plutôt la Fureur de vivre. Vivre comme on le veut, quels que soient les diktats de la vie que l'on a choisie, ressemble pour beaucoup à de la fureur. Surtout dans un art qui, à travers le monde, fait plus d'entrées que le cinéma. Le foot n'est pas près de comprendre l'Enfant terrible qu'est MarceloBielsa. Terriblement attachant et respectable, ce fils de notable qui a choisi le short et la boue plutôt que le costard et les prétoires, comme sa naissance l'y destinait. Déjà un gage de crédibilité alors que, pour certains, il est l'expression de la débilité. Sa vie n'est-elle qu'un rôle de composition ? Mystère. Une inconnue qu'un inconnu ne résout pas mais qui apporte quelques prémices de réponse. FabriceOlszewski. Profession ? Traducteur intérimaire de Bielsa. Un mec à l'image de la source. Pas dans les critères du nouveau monde footballistique. Fabrice vient de dévoiler quelques bribes de sa bringue avec Marcelo. Ça commence fort. Le mec arrive bourré à la première conférence d'après-match de Bielsa. Il oublie d'écouter les réponses du Maître et donc répond ce qu'il pense avoir entendu dans le lourd silence de sa " bourritude ". L'OM ne sera jamais un club comme les autres. Bielsa ne regardait jamais les journalistes dans les yeux. Péché. Non pas d'orgueil ni de mépris mais la méprise est totale. Accentuée par son refus de donner des interviews, l'homme qui murmurait à l'oreille des micros subit, depuis son départ, des jaillies sarcastiques. Venant de ceux-là mêmes qui, les premiers mois de son règne, bandaient devant le foot proposé. Bielsa n'est pas fou. Il est différent. Il ne s'adapte pas. Pas l'envie, pas le temps. Comme une peur de se laisser polluer par l'esprit vicié du copinage de couloir de stade. Ce qui nous offrait un style de jeu un peu suicidaire mais tellement incendiaire et jouissif. Guide suprême de PepGuardiola et de tant d'autres à qui il n'a pas fait l'honneur de donner audience. Bielsa ne voulait pas d'avis. Guardiola, si. Pep avait aussi rencontré le Maître d'échec GarryKasparov. Histoire de découvrir dans les secrets du mouvement des pions la solution pour mettre mat ses adversaires. Curiosité de coach habité. ThomasTuchel, apôtre de Pep, est, lui, allé jusqu'à Londres pour rencontrer un génie des mathématiques. Pour chercher l'équation magique. Plus on est de fous, plus on... gagne. Bielsa, lui est seul. Et ne rit jamais. Ou presque. Nous, on rit de délectation devant tant de surréalisme. De celui qui élève. Du moins ceux qui veulent comprendre. Olszewski a bien essayé. Pas pour les mêmes raisons que nous. Un jour d'entraînement, Bielsa lui reproche de ne pas traduire assez vite. Réponse de Fabrice : " Vous abusez de votre pouvoir ". Bielsa devient fou. " Viens, on va régler ça ". Une fois seuls, ElLoco propose de régler ça avec les poings. Le premier round ne commencera jamais. Les excuses du Maître concluront le débat. Avec Bielsa, chaque fin de règne est une petite mort. Il y a beaucoup de souffrance, sauf peut-être pour les joueurs. Devenus, le temps d'un deuil, les veuves joyeuses qui se réjouissent de la mort de leur agonie physique. Mourir avec ses idées plutôt que de rendre son dernier souffle en partageant celles des autres. C'est le choix de Marcelo. Il assume le fait d'être un homme seul. TheLonesomeZorro comme dirait Arno, un compagnon de la " non-compromission ". Il ne portait pas de cape mais un éternel training. Signe le plus visible de son mépris des convenances de la société dans laquelle il est obligé de vivre. Il ne chevauchait pas un beau cheval blanc mais une glacière. Tout un symbole pour ce bouillant qui n'a jamais laissé personne froid. " Marseillo " est redevenu Marcelo. Reviens-nous vite Marcellllo... PAR FRÉDÉRIC WASEIGE