"A lexandre Teklak est le joueur le plus important de La Louvière ", certifie Jaroslaw Mazurkiewicz. Ce compliment doit faire plaisir au nouvel aspirateur de la ligne médiane des Loups mais l'homme qui lance ces fleurs n'ignore pas que Teklak n'est pas le plus fin des techniciens de l'élite. Ses atouts se situent plus au niveau de l'engagement, de la confiance et de l'expérience. C'est un dur à cuire qui n'a peur de personne et exerce son métier avec application.
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"A lexandre Teklak est le joueur le plus important de La Louvière ", certifie Jaroslaw Mazurkiewicz. Ce compliment doit faire plaisir au nouvel aspirateur de la ligne médiane des Loups mais l'homme qui lance ces fleurs n'ignore pas que Teklak n'est pas le plus fin des techniciens de l'élite. Ses atouts se situent plus au niveau de l'engagement, de la confiance et de l'expérience. C'est un dur à cuire qui n'a peur de personne et exerce son métier avec application. Mazurkiewicz : " Il faut examiner attentivement notre occupation du terrain afin de bien comprendre ce que je dis. Teklak colmate sans cesse les brèches au centre du terrain. Il facilite grandement le travail de tous les arrières. Quand on a un brise-lames devant soi, c'est quand même plus facile. Alexandre enraye sans cesse le jeu adverse. C'est un joueur auquel personne n'aime trop se frotter. Il ne lâche pas facilement son os. D'autre part, il aide bien l'autre médian défensif, Egutu Oliseh ou Trésor Luntala, et cela permet à Fadel Brahami de se réaliser pleinement dans son rôle d'homme libre. Personne ne contribue autant que lui à bien équilibrer l'équipe. Cela ne saute pas aux yeux, ce n'est pas le joueur le plus spectaculaire mais, sur le terrain, nous mesurons bien tout ce qu'il apporte au collectif de La Louvière ". Mazurkiewicz (26 ans, 1,78 m, 75 kg) a la réputation d'être un homme discret, presque taciturne. Ses premières phrases prouvent, au contraire, qu'il a un avis percutant. Il ressemble aux gars de son coin natal. Depuis que la Pologne a fêté son entrée dans l'Union Européenne, on découvre la force de travail de ces gens assoiffés de liberté, de reconnaissances, de succès. Cette réalité a donné naissance à la légende des plombiers polonais bon marché dont on craignait une déferlante après que l'Europe ait mis le cap à l'Est. Cet énorme pays de 312.683 km carrés, pour plus de 40 millions d'habitants, s'est libéré des chaînes communistes en 1990 avec la victoire de Lech Walesa aux élections présidentielles. Jaroslaw est originaire de la même région que l'ancien petit électricien des chantiers navals de Gdansk. A-t-on l'habitude là-bas de tenter le diable ? Est-il fait du même bois que ces sidérurgistes et mineurs qui n'hésitaient pas à se frotter à la police du triste général WojciechJaruzelski ? Bref, y a-t-il du Lech Walesa et du Solidarnosc dans son caractère ? " Il ne faut pas chercher trop loin ", dit-il. " L'histoire passe très vite. Je suis né en 1979 et j'étais un enfant de la Pologne actuelle, pas du régime précédent dont je ne garde guère de souvenirs. J'avais dix ans quand tout a basculé. Et je ne suis pas plus attaché que cela à la ville de mon enfance, Tczew, à 30 kilomètres de Gdansk. Wisla Tczew est un club amateur de D3. J'y retourne de temps en temps là-bas mais je préfère vivre à Varsovie. J'ai quitté Tczew à 14 ans. J'étais régulièrement repris dans toutes les sélections nationales de jeunes. J'avais envie de progresser et l'offre d'un club de D2, Zawisza Bydgoszcz (D2) tombait à pic pour moi. C'était loin de chez moi mais cela ne m'a pas posé de problèmes. J'y ai terminé ma formation avant de jouer deux ans en équipe Première ". Le pas suivant, c'est le transfert à Polonia Varsovie, un bon club de D1 qui, quand il le peut, taille des croupières au Legia Varsovie. Polonia s'est ainsi emparé du titre et de la Supercoupe en 1999-2000 et de la Coupe en 2000-2001. Ce sont des moments de joie intense que Mazurkiewicz n'oubliera jamais. Il joua pour Polonia Varsovie de 1998 à 2005 avec une parenthèse d'une saison à Ceramika Opoczno en 2000-2001. " Polonia est un excellent club. J'y ai joué avec les frères Zewlakow et un joueur nigérian, naturalisé polonais, Emmanuel Olisadebe, qui a fait un malheur en équipe nationale. Il a ensuite été transféré en Grèce, au Panathinaikos. Je rêvais aussi de tenter ma chance à l'étranger, de réussir comme mes anciens équipiers. La Pologne est un championnat de transition. Il y a de plus en plus de joueurs étrangers. S'ils adaptent, ils peuvent intéresser un agent ou un club d'Europe occidentale. Ce passage en Pologne, où le football est quand même assez physique, leur facilite ensuite la vie après. En juillet 2004, j'ai été repéré par un club suédois, Orgryte Göteborg. Mes tests furent très bons mais les deux clubs ne trouvèrent pas d'accord. Je me suis dit que c'était partie remise car le contrat me liant à Polonia Varsovie arrivait à terme fin 2004-2005. J'ai patienté un an de plus avant de trouver La Louvière ". La cote des joueurs polonais est excellente. Ils sont bien formés et se distinguent par leur sérieux et leur application au travail. Leurs clubs sont toujours en phase de transition car ils ne jouissent plus de la même assiette financière que du temps où ils étaient soutenus par l'Etat. Mais si la privatisation ne s'instaure pas du jour au lendemain et que les clubs marquent le pas sur la scène internationale, la Pologne s'est qualifiée pour la phase finale de la Coupe du Monde ! L'ère n'est plus aux vedettes du style WlodekLubanski et Grzegorz Lato, qui furent tellement brillantes autrefois à Lokeren. De tels joueurs seraient hors prix pour la trésorerie de nos clubs. Par contre, on peut y dénicher de très bons... plombiers des pelouses. Les Loups cherchaient un flanc gauche afin d'équilibrer leur équipe. Deux agents de joueurs, Eric Depireux et Michel Thiry, proposèrent à Chris Benoît d'observer le marché polonais et surtout le flanc gauche de Polonia Varsovie : Mazurkiewicz. Les performances de ce dernier sont intéressantes et La Louvière lui propose de rejoindre les Loups durant un mois. C'est un choix décisif. En général, les essais ont 90 minutes pour présenter leurs arguments. Mazurkiewicz peut s'installer et ne doit pas s'énerver après un dribble raté ou une passe de qualité moyenne. Emilio Ferrera est alors aux commandes de l'équipe. Après quatre semaines de travaux aux champs d'été, le solide Polonais signe un contrat d'un an. Il était temps car le FC Brussels l'avait à l'£il. " Cette deuxième piste constituait une possibilité intéressante mais je désirais rester au Tivoli où j'avais déjà trouvé mes marques ", explique-t-il. " Je me suis très vite senti à l'aise dans ce groupe pas compliqué sur le plan relationnel. Trésor Luntala m'a beaucoup aidé lors de mes premières semaines passées en Belgique ". La bonne nouvelle de son engagement sera vite ternie par la mise à feu ratée de la fusée verte. Médian gauche, Mazurkiewicz recule progressivement en défense. Il s'adapte avec des hauts et des bas, ne se plaint jamais, bosse, positivise sans cesse, est bien accepté par ses équipiers malgré les problèmes de la communication. " Je me suis installé dans un appartement en face du stade avec ma femme, Maja, et notre bébé, Olivia.. Pour nous, c'est parfait ". La saison de La Louvière ne ressemble pas à un fleuve tranquille. Ferrera ne tarda pas à céder le gouvernail à Gilbert Bodart. Ce ne sont jamais des moments très faciles à vivre quand on vient de débarquer dans un club. " La Louvière méritait mieux mais seuls les résultats comptent ", précise-t-il. " Malchanceuse malgré la qualité du travail accompli, le groupe s'est forcément crispé. Honnêtement, ce n'était pas évident. Ferrera s'occupait beaucoup de tactique, d'occupation de terrain, etc. C'était très théorique, assez froid et cela manquait de plaisir. A la longue, il s'intéressa plus aux points forts des adversaires qu'aux atouts de notre groupe. Ferrera connaît son métier mais, à mon avis, il manquait de chaleur pour un club familial comme La Louvière. A ce niveau, il faut être proche du groupe, le secouer ou lui communiquer son enthousiasme et sa confiance. C'est exactement ce que Bodart a fait. Il nous a requinqués, a tout de suite évoqué la qualité de nos armes. Cela a fait un bien fou à tout le monde. La Louvière entrait dans une autre phase. Il était toujours question des grandes lignes adverses mais La Louvière posa aussi des problèmes aux autres équipes en changeant d'occupation de terrain. Ainsi, nous sommes passés du 4-4-2 au 3-5-2 avec succès. Cette conception convient mieux au groupe. Le bloc est plus compact. Je joue généralement dans le trio défensif. C'est nouveau, je m'adapte et il m'arrive parfois, comme à Bruges, de retrouver le flanc gauche. Au centre de la défense, la Louvière peut désormais compter sur Martin Ekani, un défenseur français (1,87 m-78 kg). C'est de la concurrence en plus pour moi, pour tout le monde : je n'ai pas peur car, pour progresser, il faut toujours remettre son travail en question. La série de nos trois succès en championnat a déridé tous les joueurs. Mais on sait aussi que le chemin sera long. Tout passera par beaucoup de solidarité, solidarnosc en polonais ". PIERRE BILIC" LE BRUSSELS CONSTITUAIT UNE AUTRE PISTE MAIS JE VOULAIS RESTER AU TIVOLI "