R oger Federer (ATP 2) a enfin conquis le graal qu'il convoitait depuis quelques années déjà. En remportant Roland Garros, le Suisse a non seulement gagné le seul tournoi du Grand Chelem qui manquait à son palmarès mais il a aussi égalé le record de l'Américain Pete Sampras (14 victoires en Grand Chelem). Il est également devenu le deuxième joueur de l'histoire (après l'Américain Andre Agassi) à s'imposer au moins une fois dans les quatre levées du Grand Chelem depuis qu'elles se disputent sur quatre surfaces différentes.
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R oger Federer (ATP 2) a enfin conquis le graal qu'il convoitait depuis quelques années déjà. En remportant Roland Garros, le Suisse a non seulement gagné le seul tournoi du Grand Chelem qui manquait à son palmarès mais il a aussi égalé le record de l'Américain Pete Sampras (14 victoires en Grand Chelem). Il est également devenu le deuxième joueur de l'histoire (après l'Américain Andre Agassi) à s'imposer au moins une fois dans les quatre levées du Grand Chelem depuis qu'elles se disputent sur quatre surfaces différentes. Grâce à ce succès, le tableau masculin a été passionnant. Il a pris son réel envol lorsque l'impensable s'est produit en huitièmes de finale. Le roi de la terre et quadruple vainqueur de l'épreuve, Rafael Nadal (ATP 1) était terrassé en quatre sets par le Suédois Robin Soderling (ATP 24), qui n'a eu de cesse de lui mettre la pression. L'Ibère a donc connu pour la première fois la défaite sur la terre parisienne. Traumatisé, il a déclaré forfait pour le Queens et remis sa présence à Wimbledon en question. Une fois Nadal battu, tous les regards se sont tournés vers un Federer dominé par son ami Nadal lors des trois dernières finales. En l'absence de l'Espagnol, chacun faisait de lui le favori obligé. Au lendemain de l'élimination du numéro 1 mondial, il fut mené deux sets zéro par l'Allemand Tommy Haas (ATP 68). Il se montra plus expéditif en quarts face au Français Gaël Monfils (ATP 10) mais, en demi, il dut à nouveau se bagarrer comme un forcené pour venir à bout de l'Argentin Juan-Martin Del Potro (ATP 5) qui mena deux manches à une... Restait alors à vaincre le tombeur de Nadal. Contrairement à ce que l'on pouvait craindre, au lieu de s'écrouler au lendemain de son étincelant succès, le Suédois a poursuivi sa route, dégoûtant littéralement le Russe Nikolay Davydenko (ATP 11) et revenant du diable Vauvert en demi-finale face au Chilien Fernando Gonzalez (ATP 12), qui s'était pourtant échappé à 4-1 dans l'ultime set. Cette dernière tâche, Federer l'a menée avec le brio qui est le sien. Jamais, il n'a tremblé et c'est en trois petites manches qu'il a donc enfin dompté cette terre qui se refusait à lui depuis toujours et aux attaquants depuis... 1983 et Yannick Noah. L'Helvète est définitivement l'un des plus grands joueurs de l'histoire. Il est très difficile de se montrer aussi émerveillé par le tournoi féminin. Qui a probablement été l'un des plus mauvais de ces dernières années. Exception faite de l'Australienne Samantha Stosur (WTA 31), qui a réussi un tournoi de simple qu'elle ne rééditera sans doute jamais, aucune joueuse n'a affiché un niveau digne d'une lauréate du Grand Chelem. La finale a mis aux prises Dinara Safina (WTA 1) et Svetlana Kuznetsova (WTA 7) deux des joueuses les plus peureuses du circuit. Comme elles étaient opposées, il fallait bien que l'une des deux Russes s'impose. Ce fut Kuznetsova, la meilleure terrienne du moment mais régulièrement incapable de terminer ses matches. Vivement que Kim Clijsters revienne sur le circuit et que Maria Sharapova retrouve l'entièreté de ses sensations. Heureusement, Serena et Venus Williams (USA, WTA 2 et 3) devraient être moins poussives à Wimbledon... On s'en voudrait de ne pas terminer ce bilan des Internationaux français sans évoquer l'incroyable prestation de Dick Norman. À 38 ans, le Belge s'est hissé en finale du double, ce dont il n'avait jamais rêvé. Après avoir battu presque par chance la deuxième paire mondiale (les frères américains Bob et Mike Bryan), Dick et son partenaire sud-africain Wesley Moody, sont tombés en finale par la paire Leander Paes (IND) - Lukas Dlouhy (CZE) mais leur performance n'en est pas moins exceptionnelle. C'est une nouvelle carrière pour le Waregemois qui va désormais entrer directement dans tous les grands tournois. par patrick haumont- photo: reporters