Comment était votre enfance ? Vous avez quitté l'Est très tôt pour aller complètement à l'autre bout du pays, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie...

Jürgen Röber :On a déménagé en 56 (à ses trois ans, ndlr) dans un endroit assez pauvre. Mon père vivait clairement sous la terre, il travaillait dans les mines. Ça m'a appris à grandir plus vite. Si vous avez des rêves, c'est bien, mais il ne faut jamais oublier d'où vous venez...

Jürgen Röber :On a déménagé en 56 (à ses trois ans, ndlr) dans un endroit assez pauvre. Mon père vivait clairement sous la terre, il travaillait dans les mines. Ça m'a appris à grandir plus vite. Si vous avez des rêves, c'est bien, mais il ne faut jamais oublier d'où vous venez. Röber : Pas spécialement. J'étais trop jeune quand j'ai quitté l'Est. C'est bien que l'Allemagne ait changé. Mais avec ce qui vient de se passer dimanche dernier (le 24 septembre et les élections fédérales allemandes, ndlr), on sent à nouveau quelque chose de différent, une différence entre les deux parties du pays. Röber : Bien sûr. Je pense que c'est parce que l'Est n'a pas beaucoup d'argent qu'il y a tant de votes pour l'AfD (le parti d'extrême droite a obtenu 87 sièges au parlement allemand, nldr) de ce côté-là de l'Allemagne. Mais je comprends encore moins ce que Martin Schulz (président du parti social-démocrate qui nomme Merkel comme responsable du résultat de l'AfD et refuse de gouverner avec la chancelière, ndlr) est en train de faire. Vous êtes presque en train de gagner, vous pouvez vous associer avec Angela Merkel, surtout contre l'extrême droite, puis vous dites que vous allez constituer l'opposition. Pour moi, il réagit comme un enfant. Aujourd'hui, il y a des montées de l'extrême droite dans beaucoup trop de pays, comme en France. La priorité est de se battre contre ça avant tout.