Neuvième avec seulement trois victoires, Liverpool n'est pas à la fête en ce début de saison en Premier League. Et son bilan en Ligue des Champions n'arrange rien à l'ambiance morose qui règne à Anfield Road : vainqueurs sur le fil des modestes Bulgares de Ludogorets à domicile, les Reds se sont ensuite inclinés à Bâle et la double confrontation à venir face au Real Madrid n'incite pas à l'optimisme.
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Neuvième avec seulement trois victoires, Liverpool n'est pas à la fête en ce début de saison en Premier League. Et son bilan en Ligue des Champions n'arrange rien à l'ambiance morose qui règne à Anfield Road : vainqueurs sur le fil des modestes Bulgares de Ludogorets à domicile, les Reds se sont ensuite inclinés à Bâle et la double confrontation à venir face au Real Madrid n'incite pas à l'optimisme. Il y a quelques mois pourtant, la donne était tout autre : Simon Mignolet et ses coéquipiers trônaient à la première place du championnat à trois journées de la fin de la saison et de nombreux observateurs voyaient déjà Liverpool remporter son premier titre depuis 1990. Une défaite face à Chelsea suivie d'un nul 3-3 contre Crystal Palace, au terme d'un incroyable retournement de situation (trois buts encaissés en dix minutes) ont finalement anéanti les espoirs de titre. Arrivé de Swansea City en 2012, le manager nord-irlandais Brendan Rodgers avait néanmoins la cote jusqu'il y a peu. Les Swans étaient réputés pour leur jeu chatoyant et le technicien britannique était parvenu à transposer son système fait de possession sur les bords de la Mersey. Le triple S (Luis Suarez - Raheem Sterling - Daniel Sturridge) a affolé toutes les défenses anglaises au point de prendre à son compte 62 des 101 goals inscrits par Liverpool en championnat en 2013-2014, soit le plus grand nombre de buts inscrits en une saison par les Reds depuis 1896 et la troisième meilleure performance de l'histoire de la Premier League. Si le secteur offensif a régalé, la défense a néanmoins été fréquemment pointée du doigt : avec pas moins de 50 buts encaissés, le bilan était plus que mitigé. Meilleur buteur de la saison avec 31 réalisations, Suarez, l'enfant terrible uruguayen, est parti remplir son palmarès à Barcelone lors du mercato estival. Une affaire juteuse sur le plan financier pour les Anglais qui ont obtenu plus de 80 millions d'euros pour " El Pistolero " mais une lourde perte sur le plan sportif. Plutôt que de réinvestir une grosse partie de ce montant dans un vrai killer, les Scousers ont misé sur plusieurs chevaux. Anfield Road a ainsi vu débarquer pas moins de quatre avants durant l'entre-saison : Divock Origi (Lille, 12,5 millions), Rickie Lambert (Southampton, 5,5 millions), Lazar Markovic (Benfica, 25 millions) et Mario Balotelli (AC Milan, 20 millions). Un choix contestable : le Diable Rouge a été prêté dans la foulée dans son club d'origine et ne sera véritablement Red que la saison prochaine, Markovic fait plus figure d'ailier et Lambert a déjà 32 ans. Reste donc Super Mario. Annoncé comme le digne successeur de l'Uruguayen, l'enfant terrible du foot italien est à la hauteur de son prédécesseur concernant la réputation de bad boy mais les stats ne plaident pas en sa faveur. Si, en termes de talent pur, l'Italien n'a pas grand-chose à envier aux meilleurs attaquants mondiaux, son comportement sur et en dehors des terrains a souvent fait défaut et l'efficacité n'a pas toujours été au rendez-vous. Depuis ses débuts professionnels, Balotelli a toujours été capable du meilleur comme du pire et jamais il n'est parvenu à inscrire plus de 14 buts en championnat en une saison. Un défaut pointé dès son arrivée par Graeme Souness, ancien manager de Liverpool, pour qui le transfert de l'Italien relevait de " l'énorme pari ". Une déclaration qui fait office de prophétie à l'heure actuelle. Aligné à cinq reprises en Premier League jusqu'à présent, Super Mario n'est pas encore parvenu à faire trembler les filets. Il n'a scoré qu'à une reprise : en Ligue des Champions lors de la pénible victoire (2-1) contre les Bulgares de Ludogorets. Il a par contre déjà réussi à s'embrouiller avec le gardien espagnol Adrian lors de la défaite (3-1) face aux Hammers. Battu par Bâle lors de la seconde journée de Champions League, il a été invisible face aux Suisses : il n'a réussi que cinq passes sur onze tentées et n'a pas touché le moindre ballon dans le grand rectangle adverse, ce qui a fait dire à Jamie Carragher, l'ancienne légende de Liverpool, qu'il avait " joué tout seul ". Pour couronner le tout, il a été le seul joueur de l'équipe à filer droit au vestiaire sans saluer les fans venus jusqu'en Suisse, à l'issue des 90 minutes. Un comportement de starlette qui n'a évidemment pas plu aux fervents supporters des Reds dont une partie l'a déjà pris en grippe. A sa décharge, les circonstances ne jouent pas en sa faveur : le poids de l'attaque d'Anfield repose en grande partie sur ses seules épaules. Sturridge, inarrêtable la saison dernière, a dû déclarer forfait sur blessure lors des sept dernières rencontres et ni Lambert ni son compatriote Fabio Borini ne sont déjà parvenus à inscrire le moindre goal. Seuls Sterling et l'éternel Steven Gerrard ont marqué plus d'une fois depuis le début de la saison. Au niveau défensif, les choses ne vont pas mieux : transféré de Southampton pour 25 millions d'euros, le Croate Dejan Lovren n'est pas parvenu à apporter la solidité espérée tandis que les performances de Mignolet ont largement été remises en cause également. A tel point que l'engagement de l'ancien portier de Barcelone, Victor Valdès, a été envisagé par Rodgers. Un transfert qui a finalement capoté suite au refus de l'Espagnol de se soumettre à une période d'essai, la direction anglaise ayant des doutes sur l'état de son genou. Les prochaines semaines seront sans doute déjà décisives pour Liverpool et pour Balotelli qui a de nouveau fait parler de lui le week-end dernier : privé de son cochon " Super " dont il ne sépare jamais, en raison des strictes lois britanniques, l'attaquant va devoir se faire reconnaître comme éleveur porcin et obtenir un certificat d'un vétérinaire italien pour faire venir la bête à Liverpool. Reste à espérer pour lui que le retour de l'animal donne des ailes à Super Mario car les rumeurs faisant état de l'arrivée de Karim Benzema lors du prochain mercato fleurissent déjà dans les tabloïds anglais. PAR JULES MONNIER - PHOTO: BELGAIMAGE