Le coach - Franco Foda (ger)

Né le 22 avril 1966
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Né le 22 avril 1966 Au tournant du millénaire, l'Autriche entre dans la vie de Franco Foda après un transfert à Graz. Jusque-là, le natif de Mayence a passé l'essentiel de sa carrière au pays, soulevant notamment la Coupe d'Allemagne sous les couleurs de Kaiserslautern, puis de Leverkusen au début des nineties. Dans la foulée d'un crochet de six mois par Bâle, Foda s'épanouit à Sturm Graz, où il passera les quatre dernières années et demi de sa carrière avec cinq trophées à la clé. Le genre de souvenirs qui vous donne envie de rester de ce côté de la frontière. Le Rhénan s'installe donc dans le staff des Blackies, dont il prend les rênes de l'équipe fanion une première fois en 2003, deux ans après avoir raccroché les crampons. Sa deuxième aventure locale s'étale ensuite de 2006 à 2012, avec un titre de champion et une Coupe d'Autriche, avant un détour d'une saison par Kaiserslautern et un troisième mandat en Styrie entre 2014 et 2017. Franco Foda est tellement bien intégré au sein de sa patrie d'adoption qu'on en vient à lui proposer les rênes de la sélection en 2017. Un an après sa participation décevante à l'EURO français, la Wunderteam se cherche un nouvel élan, et le jeune quinqua relève le défi avec ambition. Il fait de l'Autriche une équipe qui encaisse généralement très peu (32 buts concédés en 33 matches), même si elle laisse à ses fans un goût amer en privilégiant les cadres expérimentés aux jeunes talents prometteurs de la nouvelle vague. Dans un pays qui ressemble de plus en plus à l'un des laboratoires du football de demain, avec un pressing étouffant et des joueurs extrêmement polyvalents, la sélection de Foda a parfois des allures anachroniques. Graz ne donne visiblement pas des ailes. "L'annonce de la sélection a fait pas mal de remous au pays. Beaucoup de gens s'interrogent sur la présence de certains joueurs, ou sur l'absence d'autres. Que Raphael Holzhauser n'y soit pas, après une saison à seize buts et seize passes décisives, c'est assez incroyable, par exemple. Je pense que si les résultats ne sont pas à la hauteur à l'EURO, ça va devenir compliqué pour le sélectionneur, parce qu'il y a vraiment de bons joueurs dans cette équipe, mais il travaille avec le groupe depuis quatre ans et ne fait pas vraiment de grands résultats. On disait toujours que l'Autriche n'était qu'un pays de skieurs, mais les structures s'améliorent. Au sein de la sélection, on a maintenant une bonne partie de la génération 96-98, qui était la première à se qualifier pour un EURO Espoirs. La réussite de Salzbourg a inspiré la plupart des autres clubs d'Autriche, qui travaillent maintenant avec beaucoup de jeunes. Avant, dès qu'un Autrichien était doué, il partait directement en Allemagne. Malgré tout, le jeu de la sélection ne suit pas. Ça joue surtout avec beaucoup de longs ballons. Au pays, les gens se voient un peu trop beaux et pensent qu'on peut aller très loin, mais je pense que passer les poules serait déjà une réussite." Longtemps suspendue aux buts d'un Marko Arnautovic trop irrégulier, l'Autriche s'est peut-être enfin trouvée un nouveau Bomber. Acquis par Stuttgart à l'Admira Wacker en 2019 contre un peu moins de deux millions d'euros, Sasa Kalajdzic ne passe pas longtemps inaperçu. Il faut dire que du haut de son double mètre, le Viennois d'origine serbe est du genre à malmener les défenses adverses grâce à sa puissance hors du commun. Retardée par une rupture des ligaments croisés pour sa première saison en Allemagne, l'éclosion du géant autrichien démarre véritablement au coup d'envoi de l'exercice 2020-2021. Au menu, six passes décisives, mais surtout seize buts, dont huit inscrits de la tête. Dans les cinq grands championnats européens, seul le Portugais André Silva (neuf) fait mieux. Avec un tel pedigree, la Premier League tend forcément les bras au grand target man de Vienne. En tête de la liste des courtisans, on retrouve un David Moyes qui cherche à augmenter encore plus la force aérienne de ses Hammers et verrait bien l'Autrichien tenir compagnie à Tomas Soucek et Michail Antonio dans les airs du stade olympique. En attendant, Kalajdzic devra composer avec la redoutable concurrence de l'éternel Arnautovic, toujours en pleine bourre dans le championnat chinois, lors du grand rendez-vous européen. À moins de convaincre le sélectionneur de passer à un système à deux attaquants? En deux participations, en tant que co-organisatrice en 2008 puis qualifiée sur le terrain huit ans plus tard, l'Autriche n'est jamais parvenue à remporter une seule rencontre lors d'un EURO. La Wunderteam n'a planté qu'à une reprise dans chaque tournoi, arrachant chaque fois un point, mais ne marquant jamais les esprits. Sur la pelouse du Stade de France, le 14 octobre 2009, David Alaba fait ses débuts internationaux alors qu'il n'a pas encore disputé le moindre match chez les professionnels. Une rareté qui fait alors de lui le plus jeune international de l'histoire de l'Autriche, à 17 ans, trois mois et vingt jours. Pour trouver la trace d'une équipe d'Autriche qui fait office de référence, il faut remonter jusqu'aux années 30: la Wunderteam du coach révolutionnaire Hugo Meisl termine quatrième du Mondial 1934 et décroche la médaille d'argent aux JO de Berlin, avec Matthias Sindelar, premier "faux 9" de l'histoire, en guise de star. Dans un 4-2-3-1 traditionnel et basé sur les inspirations individuelles, l'Autriche s'en remet à son secteur offensif pour créer le danger. Concurrencé par le jeune Kalajdzic, l'excentrique Arnautovic sert de référence à une attaque où Alaba anime le flanc gauche, alors que Sabitzer joue les chefs d'orchestre. À droite, le jeune et déroutant Baumgartner semble avoir pris le dessus sur Lazaro, à un poste que peut aussi occuper le polyvalent et talentueux Laimer, sortant d'une saison de blessures à Leipzig. Également brillant en Bundesliga, Schlager devrait compléter l'arsenal offensif. Derrière, le sélectionneur mise surtout sur l'expérience avec les vétérans Dragovic et Ulmer, épaulés par la valeur sûre Lainer et le puissant mais irrégulier Hinteregger, malgré l'émergence d'une nouvelle génération prometteuse.