La désignation de la ville organisatrice des Jeux Olympiques de 2012 a suscité énormément de réactions chez nos voisins français. A Singapour, les décideurs du CIO ont choisi Londres à la plus grande frustration de la France tout entière. La déception de nos voisins est proportionnelle au chauvinisme déployé dans les mois précédant la nomination des Anglais. Le dossier français était le meilleur et la plupart des autorités parisiennes ne doutaient pas un seul instant de la réussite de l'entreprise...
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La désignation de la ville organisatrice des Jeux Olympiques de 2012 a suscité énormément de réactions chez nos voisins français. A Singapour, les décideurs du CIO ont choisi Londres à la plus grande frustration de la France tout entière. La déception de nos voisins est proportionnelle au chauvinisme déployé dans les mois précédant la nomination des Anglais. Le dossier français était le meilleur et la plupart des autorités parisiennes ne doutaient pas un seul instant de la réussite de l'entreprise... J'ai eu la chance de parcourir la capitale française fin juin et je peux vous dire que les moyens déployés par Bertrand Delanoë étaient énormes. Drapeaux floqués de Paris 2012 sur chaque poteau d'éclairage de la Ville Lumière, banderoles avec les anneaux olympiques sur la Tour Eiffel et sur de nombreux monuments, tout Paris se voyait déjà capitale mondiale du sport dans sept ans. Quand on voit l'investissement des gens sur ce projet et le coût qu'il engendre, on peut comprendre que la déception soit énorme et que la pilule soit difficile à avaler. Mais ce que l'on ne peut admettre, c'est le manque de sportivité des Français vis-à-vis de la victoire britannique. Toutes les excuses sont bonnes pour tenter de trouver une explication à ce troisième échec consécutif de la région Ile-de-France dans la quête de retrouvailles avec les Jeux. On subodore un manque de fair-play des Anglais qui auraient pratiqué un véritable lobbying et auraient presque franchi les limites de la sportivité selon nos voisins du sud. Et évidemment, la presse d'outre-Quiévrain joue son rôle dans cette tentative d'explication à cette défaite. On remet en cause l'impartialité du CIO, qui aurait subi des pressions géopolitiques ou on tente de mettre sur le compte du non à l'Europe exprimé par le peuple français lors du referendum cette cuisante défaite. Jacques Chirac, vu son devoir de réserve, a dû sportivement féliciter le peuple britannique, mais l'ancien maire de Paris doit bien admettre que sa position est de plus en plus inconfortable. Déjà en chute libre dans les sondages en début d'année, le chef de l'Etat vient de perdre deux batailles coup sur coup qui fragilisent encore plus sa situation. La déception est d'autant plus grande en sport quand on se voit déjà vainqueur avant la compétition. Le jour de l'élection olympique, les suiveurs du Tour de France avaient revêtu un t-shirt avec les inscriptions Paris 2012 et Jean-Marie Leblanc avait déjà prévu un discours de victoire à l'issue de l'étape. Une semaine auparavant, le meeting Gaz de France avait complété son nom de Paris 2012. La moindre des choses est de reconnaître la victoire adverse et de faire preuve de sportivité sans chercher des excuses fallacieuses. Mais malheureusement, cela n'a pas été vraiment le cas. Enfin, la bonne nouvelle pour les Parisiens, c'est que normalement les infrastructures vont quand même être construites. C'est toujours ça de gagné.ÉTIENNE DELANGRELa déception est d'autant plus grande quand on se voit VAINQUEUR AVANT la compétition