Ses débuts furent tonitruants. Dès la première journée, François Sterchele inscrivit deux buts face à Mons. Tout le monde se disait que le Club Brugeois avait fait l'affaire du siècle en le transférant du Germinal Beerschot quelques jours plus tôt, pour un montant d'environ trois millions d'euros. Anderlecht et le Standard n'avaient pu engager le meilleur buteur du championnat 2006-2007 (21 buts) et, pour les supporters brugeois, cela constituait déjà une première victoire sur la route qui devait mener au titre.
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Ses débuts furent tonitruants. Dès la première journée, François Sterchele inscrivit deux buts face à Mons. Tout le monde se disait que le Club Brugeois avait fait l'affaire du siècle en le transférant du Germinal Beerschot quelques jours plus tôt, pour un montant d'environ trois millions d'euros. Anderlecht et le Standard n'avaient pu engager le meilleur buteur du championnat 2006-2007 (21 buts) et, pour les supporters brugeois, cela constituait déjà une première victoire sur la route qui devait mener au titre. La façon dont Sterchele avait inscrit ses deux premiers buts pour son nouveau club était exemplaire. Il s'était intelligemment infiltré, Ivan Leko et Dusan Djokic avaient parfaitement glissé le ballon dans sa foulée, il était resté calme et avait placé le ballon dans un trou de souris. En finesse : François n'est pas un attaquant puissant. Il allait cependant falloir attendre la 16e journée, soit l'avant-dernier match du premier tour, pour qu'il marque à nouveau à la suite d'une combinaison, un long dribble d' Elrio Van Heerden qui lui offrait le but de la victoire face à Anderlecht (1-0). Entre-temps, il avait encore secoué les filets lors de la 7e journée face à Charleroi sur penalty (1-1) après une faute de main et lors de la 13e journée contre le CS Bruges (1-2), lorsqu'il avait repris un coup franc de Leko repoussé par le gardien. Au deuxième tour, Sterchele inscrivit ses deux premiers buts lors de la 21e journée, face au FC Malinois (2-0) : sur le premier, il profita d'une intervention manquée de Jonas Ivens sur une passe de Leko. Sur le second, il intercepta une passe en retrait de Jorn Vermeulen. Au cours de la 23 journée, il inscrivit le seul but du match à Lokeren sur penalty après une faute sur Wesley Sonck. Contre Genk (28e journée), il réalisa son troisième doublé de la saison (2-6) : d'abord sur une balle déviée par Jeroen Simaeys puis sur un corner prolongé de la tête. Seuls ces deux buts n'ont pas rapporté de points au Club Brugeois. Car lors de la 30e journée, c'est à nouveau lui qui offrit la victoire au Club dans le derby brugeois, sur un coup franc de Leko (1-0). A trois journées de la fin, Sterchele avait inscrit onze buts, dont six avaient permis à son équipe de l'emporter. Sans ceux-ci, le Club Brugeois compterait 14 points de moins. C'est dans un système à deux attaquants de pointe que François Sterchele s'exprime le mieux. Il n'est pas du genre à se laisser enfermer dans un schéma, il doit se sentir libre. Si on le confine à une tâche bien précise, il perd son meilleur atout : la mobilité et le feeling. Car sa grande force, c'est de sentir le moment où il doit sortir de sa boîte, utiliser sa technique, sa pointe de vitesse et son endurance. Sterchele n'est pas venu à Bruges pour y jouer sur le flanc. S'il n'a pas signé à Anderlect, c'est parce que l'entretien qu'il avait eu avec Frankie Vercauteren ne l'avait pas rassuré. L'ex-entraîneur du Sporting lui avait clairement fait comprendre que son équipe évoluerait la plupart du temps en 4-3-3, que Nicolas Frutos jouerait en pointe et que lui-même devrait se contenter d'une place à gauche ou à droite. Jacky Mathijssen lui expliqua qu'il n'avait pas de souci à se faire sur ce plan. Pour l'entraîneur du Club, il n'était pas question de le faire venir à Bruges pour le faire jouer de temps en temps sur le flanc comme il avait parfois dû le faire à Charleroi. Mathijssen avait besoin de lui à la conclusion et Sterchele en déduit que le Club l'attendait à bras ouverts. C'était sans doute vrai mais les choses ne se passèrent pas toujours comme il l'avait imaginé. En 4-4-2, Bruges avait parfois du souci en perte de balle. Après l'élimination en Coupe UEFA des oeuvres de Brann Bergen, Mathijssen opta donc, pendant des mois, pour un 4-3-3. En s'infiltrant entre les lignes, les Norvégiens avaient mis le doigt sur la plaie et le 4-3-3 offrait davantage de sécurité. Un entrejeu composé de trois hommes dans l'axe était plus solide et obligeait les attaquants à remplir davantage leur mission défensive. Les ailiers devaient empêcher les arrières latéraux de monter tandis que le centre-avant devait surveiller les arrières centraux. Sterchele, qui n'était pas venu à Bruges pour jouer sur un flanc, s'y retrouvait donc... Mais même lorsque Bruges en revint au 4-4-2, ce ne fut pas toujours l'idéal pour lui. Sonck, l'autre attaquant de pointe, était son partenaire préféré mais il fut souvent blessé et ne retrouva jamais la toute grande forme. Derrière eux, la classe des blessés Koen Daerden et Elrio Van Heerden fit souvent défaut. Sterchele fit souvent remarquer qu'il y avait davantage de créativité au Germinal Beerschot, que les passes en profondeur de Daniel Cruz et Hernan Losada lui manquaient, que Bruges aurait bien besoin de joueurs comme eux. Le Standard est champion. L'été dernier, l'attaquant liégeois avait trouvé un terrain d'entente avec le club de sa ville. Les Rouches offraient 1,5 million d'euros plus Serhiy Kovalenko et Hakim Bouchouari au Germinal Beerschot. Ils ajoutèrent ensuite 250.000 euro et on parla de Siramana Dembele, Fred et Ali Lukunku. Mais les deux clubs n'arrivèrent jamais à se mettre d'accord. Aujourd'hui, il est prouvé que le Standard n'avait pas besoin de Sterchele, même si celui-ci voit les choses autrement : si son but dans le match crucial face aux Liégeois n'avait pas été annulé pour une faute qu'il estime imaginaire sur Andres Espinoza, c'est Bruges qui serait champion, et pas le Standard... par christian vandenabeele - photo: belga