Il arrive que l'on casse la baraque une saison durant. Si l'état de grâce se prolonge, cela peut durer deux ans. Et puis intervient l'éclipse. On ne parle pas ici de blessures, ni de fin de trajet sportif, ni des aléas qui font d'une carrière une succession de transferts foireux. Non, on parle de la lumière qui éclaire brusquement celui qui a la chance de planter but sur but. Et puis, le projecteur s'éteint. Parce que parfois il y a eu maldonne dès le départ : buteur, je n'étais point, buteur je ne serai pas. Parfois aussi, après des débuts tonitruants, le marquage des défenseurs se fait plus lourd. Le temps de s'habituer, on perd une année. Parfois deux. Il arrive aussi que le poids des ans oblige le buteur d'autrefois à reculer dans le jeu. Tout cela résume bien le parcours de trois éléments, connus pour leurs qualités de buteurs, mais qui, cette saison, se sont découverts des qualités de donneurs d'assists. Voici la saga de Stijn De Smet (Cercle Bruges), Tim Matthys (Zulte Waregem) et Paul Kpaka (Roulers).
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Il arrive que l'on casse la baraque une saison durant. Si l'état de grâce se prolonge, cela peut durer deux ans. Et puis intervient l'éclipse. On ne parle pas ici de blessures, ni de fin de trajet sportif, ni des aléas qui font d'une carrière une succession de transferts foireux. Non, on parle de la lumière qui éclaire brusquement celui qui a la chance de planter but sur but. Et puis, le projecteur s'éteint. Parce que parfois il y a eu maldonne dès le départ : buteur, je n'étais point, buteur je ne serai pas. Parfois aussi, après des débuts tonitruants, le marquage des défenseurs se fait plus lourd. Le temps de s'habituer, on perd une année. Parfois deux. Il arrive aussi que le poids des ans oblige le buteur d'autrefois à reculer dans le jeu. Tout cela résume bien le parcours de trois éléments, connus pour leurs qualités de buteurs, mais qui, cette saison, se sont découverts des qualités de donneurs d'assists. Voici la saga de Stijn De Smet (Cercle Bruges), Tim Matthys (Zulte Waregem) et Paul Kpaka (Roulers). Il a bien bourlingué. Plus aucun club n'avait envie de miser sur lui. Parce qu'il n'avait plus l'efficacité d'autrefois mais aussi en raison d'un salaire trop lourd. Après avoir été attiré au RWDM et avoir éclaté au Germinal Beerschot, il s'est perdu. Deux ans à Genk et six maigres petits buts. A peine plus au RBC. Et survint le retour sur nos terres en plein miracle économique de la FlandreOccidentale. Mais manque de pot, le SV Roulers ne fait pas le même chiffre d'affaires que les entreprises locales. Et Kpaka doit se battre pour récupérer sa réputation. Quatre petits buts la saison dernière. A quoi sert-il de se battre contre son fantôme ? Dirk Geeraerd l'a compris et l'a fait reculer dans le jeu. Et depuis lors, le Sierra Léonais ne marque toujours pas. Mais il donne des assists. " Son adaptation n'est pas si mauvaise ", explique Franky De Groote, qui suit Roulers pour Het Laatste Nieuws. " Mais ses prestations ne sont pas à la hauteur de ce que les dirigeants attendaient de lui. Il ne marque pas assez. Il a perdu de l'explosivité et il fait souvent des dribbles qui ne servent à rien. On s'est rendu compte que ce n'était plus un vrai attaquant de pointe. Désormais, il fait plus mal quand il vient de la deuxième ligne. C'est dans cette optique que Geeraerd l'aligne derrière les deux attaquants ( Mama Dissa et Izzet Akgül). Il n'est plus aussi véloce qu'avant mais sa vitesse lui est encore utile dans son rôle d'infiltreur ". Kpaka ne marque plus mais il sait se mettre au service de ses partenaires. " Il a eu une série de blessures à Genk et j'ai l'impression qu'il n'est jamais revenu à son niveau. Il ne faut plus s'attendre à retrouver une terreur des surfaces mais un joueur qui peut rendre quelques précieux services. Du moins s'il pense collectif ", continue De Groote. La route est encore longue. Peuplée de fantômes. Le Sierra-Léonais, aujourd'hui âgé de seulement 27 ans, n'est pas au bout de ses peines. " Ces derniers temps, il est davantage sur le banc que sur le terrain. Même contre Gand, lorsque Dissa était suspendu, il n'était pas titulaire. Il dispose d'un gros salaire et arrive en fin de contrat en juin. Je ne suis pas sûr qu'il aura l'occasion de prolonger ". La saison dernière avait été marquée du sceau de Tim Matthys. Pour sa deuxième saison au plus haut niveau, celui qui avait transité par Zottegem et Gand avant d'aboutir à Zulte Waregem, réussissait à décoller : huit buts en championnat et cinq réalisations en Coupe de l'UEFA. La campagne 2007-2008 devait servir de confirmation. Ce ne fut pas le cas. Pourtant, Matthys s'est découvert d'autres qualités : il a donné cinq assists (là où il n'en avait que trois à son actif pour l'ensemble de la saison passée). Matthys, c'est le chouchou des supporters. Alors peu importe qu'il marque. Après tout, le foot est un sport collectif, non ? " Ce n'est pas le Matthys de la saison dernière. C'est clair ", explique le journaliste spécialiste de Zulte Waregem Hans Fruyt. " Lors du premier tour, cela allait mais il ne fait pas assez preuve de régularité. Il ne marche pas comme il veut. Récemment, il m'a avoué que depuis ses débuts professionnels, tout avait toujours bien fonctionné pour lui et que c'était la première fois qu'il connaissait un coup d'arrêt dans sa carrière. On ne peut pas parler de concurrence car Francky Dury utilise toujours le même système. Une pointe (souvent Nikica Jelavic), Mbaye Leye à gauche et Matthys parfois à droite. C'est le type de joueur qui marche à la confiance. Il marque s'il est en confiance et il est en confiance s'il marque. C'est un cercle vicieux ". De plus, Matthys a connu une saison émaillée de petits bobos. En attendant de retrouver le chemin du but, celui qui travaille dans un magasin de chaussures de sport sert donc le collectif. Et puis, il y a les fausses réputations. Lorsque Stijn De Smet a débuté en D1, un soir de 2003, on a cru que le Cercle Bruges tenait son buteur. Pourtant, en début de saison, il n'avait inscrit que 15 buts en 87 rencontres. La bonne saison du Cercle aidant, il a amélioré ses statistiques pour marquer (huit fois) mais c'est surtout dans la dernière passe (en tête du classement des assists avec neuf caviars...). " Qui a dit qu'il était un buteur ? Il faut se méfier des étiquettes ", explique Jean-François de Sart, qui, comme coach des Espoirs et Olympiques, a pu mesurer l'évolution de l'attaquant brugeois. " Il a un potentiel offensif indéniable mais il regorge de qualités. C'est quelqu'un qu'on peut placer à gauche ou à droite. Mais tout le poids de l'attaque ne peut reposer sur ses épaules. Il lui faut un buteur à ses côtés. Cette saison, on voit qu'il a pris confiance, qu'il a mûri dans son jeu même s'il doit se montrer plus constant ". De Smet, par ses qualités techniques, a déjà tapé dans l'£il des recruteurs anderlechtois. A Bruges, certains n'hésitent pas à dire de lui que c'est le compère d'attaque idéal de Tom De Sutter et que c'est lui qui bonifie le jeu de l'ancien attaquant de Torhout. par stéphane vande velde - photos: reporters