"Quand tu le vois jouer, tu as l'impression que le diable le poursuit tellement il court. "En une phrase lâchée à SoFoot,Kiko, légende des Colchoneros, a résumé le phénomène DiegoCosta. Un possédé. Un bouledogue sans foi ni loi qui n'a de brésilien que le blaze et le passeport. Sans oublier le sens du but. Celui-là même qui lui permet d'être le seul à pouvoir toiser Lionel Messi au classement des buteurs de la Liga, avec 10 buts en huit rencontres.
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"Quand tu le vois jouer, tu as l'impression que le diable le poursuit tellement il court. "En une phrase lâchée à SoFoot,Kiko, légende des Colchoneros, a résumé le phénomène DiegoCosta. Un possédé. Un bouledogue sans foi ni loi qui n'a de brésilien que le blaze et le passeport. Sans oublier le sens du but. Celui-là même qui lui permet d'être le seul à pouvoir toiser Lionel Messi au classement des buteurs de la Liga, avec 10 buts en huit rencontres. Excepté ce fauteuil de pichichi, Diego ne partage rien avec la Pulga. À l'âge où l'Argentin fait ses premières apparitions sous la tunique blaugrana, le Carioca rejoint son premier club. Les seize années précédentes, Costa les a passées dans la rue. Les parties de street brutal dans les favelas de Lagarto, où les coups de coude surplombent les coups de génie, égayent les journées d'un ado qui fait dans la contrebande de fringues à la frontière paraguayenne. Cette enfance de chien errant, Diego en porte les stigmates sur un visage qui trahit son passé de petite frappe. Passé plus ou moins laissé aux oubliettes grâce à la chance qui se présente devant lui sous la forme d'un recruteur de Braga, qui le repère en 2006 lors d'une rencontre qu'il n'aurait pas dû jouer. La faute à une suspension, évidemment. Direction l'Europe donc, pour apprendre le football. Et la vie. De 2006 à 2010, le CV de Diego ressemble cruellement à un casier judiciaire. Quelques buts pour attirer le regard de l'Atlético, mais surtout 64 cartes jaunes et 4 rouges au détour de prêts à répétition dans la péninsule Ibérique. Pas étonnant pour ce truand du rectangle vert éduqué aux joutes musclées des quartiers miséreux de favelas où les têtes brûlées font la loi. Une grave blessure au genou plus tard, le Brésilien part en prêt pour le Rayo Vallecano voisin. Pour la dernière fois. Il claque quatre buts pour ses 270 premières minutes. Assez pour piquer la curiosité d'El Cholo Simeone, tout juste débarqué à l'ombre du Vicente Calderón et qui s'étonne de voir ses joueurs suivre de près les perfs de Costa en banlieue. El Cholo rapatrie donc le Brésilien chez les Colchoneros à l'été 2012. Costa joue des coudes, et se fait une place dans le onze aux côtés de Falcao. Grâce à lui, Simeone peut jouer avec deux attaquants. " Quelque chose que presque aucune équipe en Europe ne peut faire. " Diego court à en perdre haleine et rend fou les défenseurs à coups de pressing et de provoc'. En fait, Falcao n'avait plus " qu'à " finir le travail. Simeone a changé Costa. Depuis un coup de boule bien senti entre les deux yeux d'un joueur de Plzen au coeur de l'hiver, Diego a laissé les cartons derrière lui. Maintenant, ce sont les autres qui les prennent à sa place. Quinze jaunes et quatre rouges provoquées en six mois, excusez du peu. Le Brésilien fait rarement dans la dentelle. Kondogbia, qui l'a accusé de " cris de singe "après avoir vu rouge en demi-finale de Copa del Rey, est là pour en témoigner. Costa hurle aux oreilles, insulte les défenseurs et toute leur famille, et les toise avec un regard qui pue le défi permanent. Un attaquant avec des méthodes d'arrière central. " Falcao joue avec respect et ne cherche jamais la merde. Tout le contraire de Costa ", affirme d'ailleurs Sergio Ramos après un énième derby madrilène marqué par ses empoignades avec le Brésilien. Diego use les défenses en flirtant avec les limites. " On disait la même chose de moi ", objecte un Simeone qui tient en son attaquant l'incarnation parfaite de son Atlético dont l'intensité et l'agressivité font des ravages. Cette saison, l'Atléti est privé de son Tigre, mais les Colchoneros ont gardé leur chien fou. Un bâtard sorti de la rue qui squatte le haut de l'affiche, et une place de choix dans les coeurs de fans rojiblancos qui savent reconnaitre un bon attaquant quand ils en voient un. Trop altruiste pour être un neuf, trop instable pour être un neuf et demi, Diego Costa est juste un attaquant qui court partout. Qui joue chaque minute comme si sa vie en dépendait. Un style détonant qui pourrait bien mener le buteur underground jusqu'à une place dans une sélection espagnole qui lui fait les yeux doux depuis le début de saison. Déjà aligné en amical avec les auriverde, Costa n'a toujours pas fait son choix. Reste à voir si la terreur des quartiers pourrait se faire une place dans une Roja qui empeste la franche camaraderie et les bons sentiments. Del Bosque osera-t-il faire entrer Rihanna dans son couvent ? PAR GUILLAUME GAUTIER- PHOTO: IMAGEGLOBEDel Bosque osera-t-il faire entrer Rihanna dans son couvent ?