Petit effort d'imagination. Ou gros, c'est selon : Barça-Standard en 1/8e retour de Champions League, les Rouches l'ont emporté 2-1 à l'aller, quoique copieusement dominés. Et maintenant au Camp Nou, ils sont bousculés plus encore : c'est simple, ils n'arrachent le ballon que pour le reperdre et le ré-arracher ! N'empêche que sur leur second corner (qui sera le dernier), Sergio Busquets leur fait le plaisir d'un auto-but égalisateur : tant et si bien que peu avant l'heure de jeu, les Liégeois sont toujours valeureux. C'est le moment que choisit le ref pour refiler un deuxième carton à Mémé Tchitéseul en pointe, jugé hors-jeu de justesse pour une fois qu'il avait le ballon, mais qui a quand même tiré au but après le coup de sifflet !
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Petit effort d'imagination. Ou gros, c'est selon : Barça-Standard en 1/8e retour de Champions League, les Rouches l'ont emporté 2-1 à l'aller, quoique copieusement dominés. Et maintenant au Camp Nou, ils sont bousculés plus encore : c'est simple, ils n'arrachent le ballon que pour le reperdre et le ré-arracher ! N'empêche que sur leur second corner (qui sera le dernier), Sergio Busquets leur fait le plaisir d'un auto-but égalisateur : tant et si bien que peu avant l'heure de jeu, les Liégeois sont toujours valeureux. C'est le moment que choisit le ref pour refiler un deuxième carton à Mémé Tchitéseul en pointe, jugé hors-jeu de justesse pour une fois qu'il avait le ballon, mais qui a quand même tiré au but après le coup de sifflet ! Reste une grosse demi-heure pour dix assiégés crevés face à onze assiégeants virtuoses, autant dire que c'est foutu, le petit espoir réel s'est mué en utopie ridicule. Nou Camp et Camp Nou, c'est chou vert et vert chou, les vieux supporters rouches se sentent couillonnés comme sur le but validé de Quini en 1982. Pour des décennies, l'arbitre se retrouve honni par la Wallonie entière, et par certains Flamands aussi. Retour vers le réel. Mercredi dernier, ce n'était pas le Standard, ce n'était qu'Arsenal : face à ce Barça déjà de légende, qu'il est impossible de ne pas apprécier dans l'absolu ! Du coup, les avis des neutres divergent quant à l'exclusion de Robin van Persie. Soit cet idiot n'a que ce qu'il mérite, et Arsène Wenger doit juste la fermer vu que son équipe fut archi-surclassée. Soit Massimo Busacca a orienté le résultat final, le foot n'étant pas un sport où le dominant finit toujours par planter des buts au dominé. Je suis du second camp : désolé pour Busacca qui, quoiqu'à ranger dans la catégorie des grandes gueules siffleuses, était parvenu à m'être sympathique, m'ayant fait par deux fois sourire en 2009. D'abord en brandissant un doigt d'honneur aux supporters des Young Boys Berne : ça m'avait rassuré sur sa corporation, ouf, les arbitres étaient donc bien comme nous des êtres humains, faits de chair et de sang ! Et même de pipi : car ensuite, Busacca m'avait conforté dans cette opinion... en urinant sur le terrain durant un match arbitré au Qatar, si, si, voir ci-dessous (*) ! ! Avec son look janséniste, Wenger peut m'irriter. Mais ici, dès ce carton rouge brandi par Busacca, je me suis pris d'une irrépressible empathie pour l'Arsène : si tu donnes tout pour ton équipe et que tu subis un truc comme ça, impossible après le match, même si t'étais Jésus, de ne pas au moins ouvrir ta gueule en côtoyant, dans le couloir vers les vestiaires, le gars qui t'a fait subir le truc. Busacca est comme nous, il aime le foot, il raffole du jeu du Barça : ça peut l'amener intuitivement, et il n'est évidemment pas le seul, à protéger la beauté... c'est-à-dire à sur-sanctionner l'opposant qui empêche la beauté de s'exprimer ! Avant l'exclusion de van Persie, Arsenal menait 4-0 dans les cartons jaunes, et c'était tout à fait injuste, tant la virilité imbécile avait été équivalente : Laurent Koscielny ne matraquait pas plus que Xavier Mascherano, Daniel Alves avait failli couper une jambe de Samir Nasri avant de ramasser une baffe de van Persie, lequel s'était auparavant fait serrer la gorge par la main d' Eric Abidal... Que van Persie ait ou pas ouï le sifflet, Busacca ne lui a pas laissé le bénéfice du doute, les grandes gueules n'aiment pas les grandes gueules. Busacca s'est précipité (comme un supporter) sur le texte de loi imposant l'avertissement lorsqu'un joueur retarde la reprise du jeu en bottant le ballon au loin après le coup de sifflet. Mais n'en concluez pas que la loi est la loi dès qu'on applique la lettre : car même si van Persie a entendu le sifflet, Busacca pouvait (comme des tas d'autres arbitres pas fautifs pour autant) s'abstenir de jaune en choisissant d'estimer que le jeu n'avait guère été retardé par le botté... Ce qui était d'ailleurs le cas ! Dommage. van Persie n'est pas sympa mais c'est un beau footballeur ayant déjà payé un lourd tribut aux brutes qui, elles, bottent dans chevilles et tibias : remember entre autres l'agression par le charmant Giorgio Chiellini lors d'un match amical ! Et dommage pour Wenger, qui n'a que le tort d'essayer de jouer comme le Barça sans avoir les trois stars du Barça. (*) http://www.youtube.com/watch?v=JC1kwHmMl1c WEB Vos réactions sur http://sportmagazine.rnews.be/fr/sport/PAR BERNARD JEUNEJEANL'arbitre suisse fait des doigts d'honneur et pisse sur le terrain !