Burnley, le promu, bat Liverpool par 2-0 avec une possession de balle de...19 %. Euphorie pour les uns, gueule de bois pour les autres. Dont nous. On se doutait que l'Euro laisserait des traces. Un Euro où la possession est passée de solution à malédiction. Où l'obsession du ballon a fait place à son abandon. Devenu l'objet du désir à ne pas détenir.
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Burnley, le promu, bat Liverpool par 2-0 avec une possession de balle de...19 %. Euphorie pour les uns, gueule de bois pour les autres. Dont nous. On se doutait que l'Euro laisserait des traces. Un Euro où la possession est passée de solution à malédiction. Où l'obsession du ballon a fait place à son abandon. Devenu l'objet du désir à ne pas détenir. Je te le laisse, ce pestiféré. Prends-le, garde-le, caresse-le. Danse avec lui toute la soirée mais, à la fin, c'est moi qui en ferai l'objet de mon désir. C'est moi qui prendrai mon pied avec lui. Et tu sais quoi, ça se fera chez toi ! Dans ton salon. Dans ton rectangle. A cet Euro, on a beaucoup vu d'attaque-défense. La moitié des matchs ont vu des possessions à 60%-40 %. Les " p'tits " laissaient jouer les grands et, à la fin, ils étaient gagnants. La crainte, c'était que beaucoup d'entraîneurs encore frileux d'appliquer le renon de l'audace sortent comme argument de... défense : " Vous avez vu comment le Portugal est devenu champion d'Europe ! Pourquoi ne pourrais-je pas en faire de même ? " Ben oui, finalement, on fait avec ce que l'on a. Et dans 90 % des cas avec, alibi recevable, des joueurs moins forts que les autres. Moins de talent et renon du ballon. Donc, il y a autre chose. Le Portugal l'a démontré. La vérité, c'est que l'aspect psychologique peut être plus important que l'aspect technique et tactique. Absolument ! Surtout sur une période de trois semaines. Surtout au mois de juin. Sur la longueur d'un championnat de club, c'est moins sûr. Là, ce sont aussi et surtout les joueurs qui font la différence. Mourinho est un maître dans l'art de pousser ses joueurs à donner, chaque semaine, le quasimaximum de leur potentiel. La saison dernière, à Chelsea, il n'était plus qu'un homme banal, sans arguments, insignifiant. Cette saison, nouveau challenge et de nouveau sa griffe. Son Manchester United joue déjà comme il le veut. Et ça, avec très peu d'entraînements communs dans les jambes et dans les têtes. Le plus drôle, c'est que son ManU joue exactement comme celui de VanGaal. Des premières mi-temps à faire tourner le ballon, à faire tourner les têtes d'ennui. A attendre une erreur adverse. Dès qu'elles sont là, le talent s'exprime. Les joueurs qui font d'une occasion deux buts se délectent alors de leur génie. Les grands joueurs font la différence. Ibra déjà. Zlatan est de ces joueurs qui font des adversaires des obligations réglementaires. Faut bien jouer contre quelqu'un. Mais, pour lui, ils ne comptent pas. Quel que soit le pays, il les domine. Ce mec est aussi bon qu'il le dit. Et surtout, il est aussi garant de résultats. Sur ces 15 dernières saisons, il a été 13 fois champion. Il est allé chez les Mancuniens rouges parce que Mourinho était là. Il y est allé parce qu'il a besoin, aussi, d'être dirigé. D'avoir une exigence au-dessus de lui pour laquelle il est prêt à tout donner. Si si, Ibra est prêt à cela mais il faut avoir les arguments. Mourinho les a. Il a bien fait de SamuelEto'o un défenseur pour éliminer le grand Barça de Guardiola. Celui qui avait tout le temps le ballon. Celui dont tous les entraîneurs passaient des nuits blanches à essayer de trouver la solution pour le lui reprendre. En 2010 avec l'Inter, José a décidé de le leur laisser pour mieux les exaspérer et les éliminer. Pour cela, il faut l'aura et le palmarès pour convaincre les " divas ", que le temps d'un match, elles rangent le smoking pour la salopette. Marouane la porte bien mais depuis le début de saison, il y a ajouté un beau noeud pap. " Tu récupères le ballon et moins de deux secondes plus tard, tu le donnes à Pogba ou Rooney ". Fellaini le fait, il est titulaire et exemplaire. La simplicité peut être aussi très classe. N'en déplaise à ce fournisseur de bonheur qu'est JürgenKlopp, on voit plus les Red " Devils" que les Red ... " Angels " devenir champions. A toujours vouloir être beau, on finit par prendre des coups de vieux. La flamboyance n'est pas la solution. Pas sur 38 matchs... PAR FRÉDÉRIC WASEIGE