Quelques heures à peine après avoir limogé Bruno Labbadia, le VfB Stuttgart lui a déjà trouvé un successeur. Il s'agit de Thomas Schneider (40), qui a porté le maillot de l'équipe première pendant 11 ans et s'occupait depuis deux ans des U17. Il obtient ainsi la chance de s'exprimer au plus haut niveau et, selon le manager, Fredi Bobic, les clubs feraient bien de d'abord chercher des solutions en interne. Personne ne doute d'ailleurs des qualités de Schneider, qui avait terminé deuxième de sa promotion aux cours d'entraîneur.
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Quelques heures à peine après avoir limogé Bruno Labbadia, le VfB Stuttgart lui a déjà trouvé un successeur. Il s'agit de Thomas Schneider (40), qui a porté le maillot de l'équipe première pendant 11 ans et s'occupait depuis deux ans des U17. Il obtient ainsi la chance de s'exprimer au plus haut niveau et, selon le manager, Fredi Bobic, les clubs feraient bien de d'abord chercher des solutions en interne. Personne ne doute d'ailleurs des qualités de Schneider, qui avait terminé deuxième de sa promotion aux cours d'entraîneur. En Bundesliga, il est de plus en plus fréquent que des clubs aillent chercher leur entraîneur dans les équipes d'âge. L'époque où les mêmes noms revenaient sans cesse est révolue et une nouvelle génération de coachs pointe le bout du nez. Six des dix-huit clubs de l'élite sont ainsi dirigés par d'anciens entraîneurs de jeunes : Schalke 04 (Jens Keller), Fribourg (Christian Streich), Mayence (Thomas Tuchel), Hoffenheim (Marius Gisdol), Braunschweig (Thomas Lieberknecht) et, désormais, Stuttgart. De grands noms comme Felix Magath ont dû faire place à ces inconnus dont le manque d'expérience ne semble déranger personne. Les clubs recherchent davantage la compétence, la conception du jeu, la conviction et la clarté en matière de communication. Le fait que cette tendance soit amorcée en Allemagne n'est pas non plus le fruit du hasard. Après la Coupe du Monde 2006, la fédération allemande a donné certaines directives. Une partie des gains engendrés par l'événement a été partagée entre les clubs, à charge pour ceux-ci de professionnaliser la formation des jeunes. Les entraîneurs d'équipes d'âge ne devaient plus seulement être en possession d'un diplôme, ils devaient également être disponibles à temps plein. Cela a rehaussé le niveau, d'autant que les coachs déjà en place ont eu l'occasion de se recycler. Et cela a amené des innovations dans le travail au quotidien. Avant même le Mondial 2006, Mayence avait fait office de pionnier dans ce domaine. Il était allé rechercher Jürgen Klopp dans ses équipes d'âge et lui avait donné l'occasion de faire ses preuves en équipe première, tout en suivant une formation en sciences du sport à l'université de Francfort. L'expérience fut couronnée de succès puisque Klopp ramena Mayence en Bundesliga. Et en 2008, après sept ans, il quitta Mayence pour Dortmund, où il est aujourd'hui immortel. L'an dernier, Jupp Heynckes (68 ans) fut élu meilleur entraîneur de Bundesliga après avoir tout gagné avec le Bayern. Mais les entraîneurs de son âge sont désormais sur une voie de garage. Seuls deux des dix-huit coachs de Bundesliga ont plus de 50 ans : le Suisse Lucien Favre (Borussia Mönchengladbach, 58 ans) et Armin Veh (Eintracht Francfort). L'âge de la retraite sonne de plus en plus tôt, l'exemple le plus frappant étant celui de Peter Neururer (58), qui a connu seize clubs en vingt-huit ans de carrière et a souvent été appelé à la rescousse lorsque tout allait mal : pendant trois ans et demi, il est resté chez lui à se ronger les ongles jusqu'à ce que la saison dernière, à six journées de la fin, Bochum vienne le rechercher parce qu'il risquait d'effectuer la culbute en troisième division. Il mena sa mission à bien et assura le maintien. PAR JACQUES SYS