1. Les nombreuses similitudes entre Anderlecht-Betis et Anderlecht-Liverpool

Cette deuxième affiche de la Ligue des Champions a fortement ressemblé au film du premier choc face au Betis Séville. Pour se mesurer au tenant du titre, Anderlecht a opté pour le même dispositif tactique et a aligné d'entrée de jeu les joueurs qui entamèrent le match contre les Espagnols. Et, Liverpool s'est fixé les mêmes caps que lors de son voyage à Séville. Son occupation de terrain fut la même à Bruxelles qu'en Andalousie : 4-2-3-1. Les Anglais se sont forgé beaucoup d'occasions de but avant la mi-temps et cela fit immanquablement penser aux 45 premières minutes que le Betis réalisa au Stade Constant Vanden Stock en y étant très dangereux face à Silvio Proto. A la fin de la rencontre, Rafa Benitez, le coach des Reds, m'a affirmé que ce gaspillage l'avait énervé : " Je râlais ferme au repos. A mes yeux, le match aurait dû être plié après 45 minutes. Or, ce n'était pas fini... "
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Cette deuxième affiche de la Ligue des Champions a fortement ressemblé au film du premier choc face au Betis Séville. Pour se mesurer au tenant du titre, Anderlecht a opté pour le même dispositif tactique et a aligné d'entrée de jeu les joueurs qui entamèrent le match contre les Espagnols. Et, Liverpool s'est fixé les mêmes caps que lors de son voyage à Séville. Son occupation de terrain fut la même à Bruxelles qu'en Andalousie : 4-2-3-1. Les Anglais se sont forgé beaucoup d'occasions de but avant la mi-temps et cela fit immanquablement penser aux 45 premières minutes que le Betis réalisa au Stade Constant Vanden Stock en y étant très dangereux face à Silvio Proto. A la fin de la rencontre, Rafa Benitez, le coach des Reds, m'a affirmé que ce gaspillage l'avait énervé : " Je râlais ferme au repos. A mes yeux, le match aurait dû être plié après 45 minutes. Or, ce n'était pas fini... " Anderlecht avait disposé son équipe en 4-4-2 avec, comme contre le Betis Séville, un losange dans la ligne médiane. Yves Vanderhaeghe était une fois de plus le seul médian purement défensif devant le bastion. Or, à ce niveau, je ne crois pas que les clubs belges puissent se passer d'une formule avec deux essuie-glaces. Anderlecht s'est montré une fois de plus très fébrile sur les phases arrêtées. On se souviendra que ce fut le cas tout au long d'Anderlecht-Betis. Il y a eu un réveil mauve en cours de deuxième mi-temps contre Liverpool et ce sursaut rappela aussi le match précédent. Le score est aussi identique : 0-1. Liverpool n'a exercé aucune pression sur les deux arrières centraux d'Anderlecht. C'était voulu afin que ces deux joueurs insistent dans leur intention de procéder par de longs ballons. Liverpool était préparé afin de bien résoudre cette situation de jeu. Nenad Jestrovic et MboMpenza n'ont jamais pu tirer un grand profit de ces longues balles venues de leur arrière-garde. Il a été question de la supériorité de Liverpool dans le trafic aérien. Ce n'était en tout cas pas dû à des joueurs de tailles plus élevées. Liverpool compte l'une ou l'autre belles plantes mais ce n'est pas du tout une règle générale. Une équipe peut surprendre avec un système de jeu. A Vienne, Bruges a opté pour une formule proche de celle qui était chère à Trond Sollied. Mais, au-delà de l'occupation du terrain, il y a la tactique qui permet de poser ses jalons ou d'annihiler les pièges adverses. Sur le contre qui entraîna le but de Bosko Balaban, les Autrichiens n'ont pas été à la hauteur sur le plan tactique. Ils ont permis que cette phase se développe tranquillement. Il fallait couper cet effort, empêcher que cette balle arrive dans les pieds de Grégory Dufer. Il y a eu des stations intermédiaires avant qu'on entre dans les moments décisifs. Tactiquement, le Rapid Vienne n'a pas été capable de les enrayer, de réagir collectivement, d'avoir des joueurs qui pensent la même chose au même moment. Tout cela se déroule dans un système de jeu qui avait été bien défini. Suite à cette insuffisance tactique, Dufer a pu s'évader sur l'aile avant d'adresser un bon centre devant le gardien de but du Rapid Vienne. A cet instant, les Autrichiens ont commis une nouvelle erreur tactique. Des arrières ont accompagné Gert Verheyen dans la première zone du petit rectangle. Et, de plus, le gardien de but a d'abord suivi ses défenseurs dans leur mouvement avant de se rétracter et de revenir vers la deuxième zone mais il était trop tard. S'il avait été attentif, le portier autrichien aurait pu prendre, même calmement, ce ballon avec ses dents. Tout au long de cette phase de jeu - que ce soit à son début, lors de son élaboration et surtout à la conclusion - les joueurs du Rapid n'ont jamais été sur la même longueur d'onde. Le gardien de but autrichien a manqué de coordination avec ses défenseurs : tactiquement, c'était mal joué. L'entraîneur de Bruges abat un travail considérable et je suis d'accord avec Aad de Mos quand il déclare qu'on devine un projet d'avenir. En octobre 2004, Bruges alignait une équipe totalement différente en Coupe de l'UEFA. Le noyau a été modifié de fond en comble. A Vienne, un an plus tard, en Ligue des Champions cette fois, Bruges a aligné cinq nouveaux joueurs : Günther Vanaudenarede, Sven Vermant, Ivan Leko, Grégory Dufer, Javier Portillo. Trois autres n'étaient pas des titulaires à part entière la saison passée pour diverses raisons : Marek Spilar, Birger Maertens et Jonathan Blondel. Sa tâche a été compliquée par une cascade de blessures. C'est probablement pour cette raison que Blondel s'est retrouvé au back gauche à Vienne. D'autres jeunes ont aussi montré le bout du nez. Jan Ceulemans a malgré tout décidé de donner des accents très différents à son équipe par rapport à ceux de Sollied. Quand on joue avec Vermant, Leko ou Dufer, il ne faut pas faire de dessin : c'est totalement différent. Il faut le faire quand tout est nouveau. Sollied a récolté les plus beaux fruits de son travail après trois ou quatre ans. Ceulemans n'est à pied d'£uvre que depuis quatre petits mois. Or, malgré les critiques, survenues trop rapidement, il a déjà fameusement avancé vers un football différent de celui du Norvégien. Il y a beaucoup de patience et de pondération dans sa façon de travailler. Ceulemans construit du neuf et, même si Bruges toussera encore, il est sur le bon chemin. Il y aura encore des hauts et des bas, mais Jan y arrivera. Le Club Bruges va réussir car tout le monde est engagé dans ce combat. Michel D'Hooghe avait envie de tourner la page, d'avoir un autre Club. Il a offert le poste de directeur sportif à Marc Degryse. C'est un choix important. Degryse a sa vision du football, plus technique que celle de Sollied, et cela s'est ressenti dans le recrutement des nouveaux joueurs. Degryse s'est engagé à fond dans ce projet. Comme Michel D'Hooghe, il ne pense qu'à réussir. C'est le cas aussi de Ceulemans. Et quand toutes les composantes d'un club sont animées par le même désir, cela facilite grandement les choses. l PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC