Qu'avez-vous retenu du match de Bruges à Debrecen ?

Que l'essentiel a été acquis. A savoir, la qualification. Sans plus. Je me suis longtemps demandé si les Hongrois n'avaient pas l'envie ou pas les moyens de se qualifier. Jamais ils n'ont exercé le moindre pressing. Pour autant, je n'affirmerais pas que Bruges a réalisé le match qu'il fallait à Debrecen. Car, selon moi, un penalty a été oublié par l'arbitre à la dernière minute. D'une certaine manière, les Flandriens s'en sortent donc bien. Mais bon : c'est un match qui ne restera pas gravé dans les annales et que l'on oubliera bien vite.
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Que l'essentiel a été acquis. A savoir, la qualification. Sans plus. Je me suis longtemps demandé si les Hongrois n'avaient pas l'envie ou pas les moyens de se qualifier. Jamais ils n'ont exercé le moindre pressing. Pour autant, je n'affirmerais pas que Bruges a réalisé le match qu'il fallait à Debrecen. Car, selon moi, un penalty a été oublié par l'arbitre à la dernière minute. D'une certaine manière, les Flandriens s'en sortent donc bien. Mais bon : c'est un match qui ne restera pas gravé dans les annales et que l'on oubliera bien vite. Compte tenu de tous les gros bras qui restaient en course, Bruges n'a en tout cas aucune raison de se plaindre. Bordeaux est un club fort irrégulier, capable du meilleur comme du pire, mais surtout du pire cette saison. Il a été champion de France il y a quelques années, mais ce titre est relégué au rang des souvenirs. Les derniers mois ont été agités : l'entraîneur Elie Baup a été limogé et remplacé par Michel Pavon. Pauleta a été vendu au PSG et le rendement de la ligne offensive s'en ressent. Darcheville, le meilleur buteur des Girondins cette saison, n'a inscrit que sept buts. Pour moi, le principal danger viendra de la ligne médiane bordelaise, où évolue Albert Celades, un ancien du Real Madrid. Mais un bon Bruges ne doit pas craindre ce Bordeaux-là. J'oserais même affirmer que les Flandriens partent favoris. L'équipe de France impressionne, mais elle n'est pas représentative de la Ligue 1. Le championnat de France est parfois surestimé, ou plutôt, c'est le championnat de Belgique qui est sous-estimé. Il faut regarder les chiffres. Aucun club belge n'a franchi le cap des poules en Ligue des Champions ? Combien de clubs français ont-ils réussi l'exploit ? Un seul, Lyon, et de manière miraculeuse. Et les années précédentes, ce n'était pas plus brillant. Anderlecht a battu Lyon cette saison et avait éliminé Bordeaux la saison dernière. Toutefois, effectuer des comparaisons à ce niveau-là est hasardeux : Anderlecht n'est pas Bruges, et ce n'était pas la même équipe de Bordeaux l'an passé. Il est trop tôt pour le dire. Les adversaires qui étaient proposés aux clubs espagnols n'étaient pas en mesure de leur poser de réels problèmes. En huitièmes de finale, les opposants seront déjà d'un autre niveau. Barcelone, c'est clair, se trouve en phase ascendante depuis la reprise. Davantage que l'arrivée d'Edgar Davids, le détonateur de cette série de succès a été la titularisation de Javier Saviola. Aujourd'hui encore, je ne comprends pas comment Frank Rijkaard avait pu se passer d'un talent pareil lors du premier tour. Villarreal, le petit Poucet ? Affirmer cela, c'est mal connaître les moyens dont dispose ce club, dirigé par Fernando Roig (le frère de l'ancien président de Valence Paco Roig), un grand industriel de la céramique. Villarreal est un peu connu sur la scène européenne parce que son ascension est récente et qu'il ne possède pas un palmarès comparable à celui des grands traditionnels, mais lorsqu'on peut se payer un joueur comme Juan Roman Riquelme, on ne peut pas être qualifié de " petit ". Plusieurs joueurs bien connus en Belgique évoluent dans ce club : Filip Daems, Josip Skoko et Souleymane Youla. Georges Heylens et Walter Meeuws ont également été entraîneur, là-bas, à Ankara. Gençlerbirligi semble avoir un £il sur le championnat de Belgique, et jusqu'à présent, cela lui réussit. Mais, comme dans le cas des clubs espagnols, il est trop tôt pour parler de révélation. Je n'attribue ce qualificatif qu'aux clubs qui atteignent les quarts de finale. Parler d'un renouveau du football turc me semble aussi pour le moins prématuré : Besiktas et Galatasaray ont été éliminés. Alors, attendons avant de tirer des conclusions. C'est maintenant que la Coupe de l'UEFA va devenir intéressante, avec trois chocs entre d'anciens vainqueurs de la C1 : Inter-Benfica, Celtic-Barcelone et Liverpool-Marseille. Là, on va voir ce que les prétendus ténors ont réellement dans le ventre. Propos recueillis par Daniel Devos