Encore six matches à tirer. Six longs matches pour Bruges, qui n'est vraiment plus nulle part. Et pour la dernière journée, il y aura un Club - Gand qui pourrait être décisif pour la deuxième place. Quand on se rappelle l'ambiance qui a entouré leur dernier affrontement, au tout début de ces play-offs, il vaudrait mieux que ce ne soit pas décisif. Parce que l'atmosphère pourrait être encore plus pourrie, il pourrait y avoir encore plus de mauvaise tension qu'il y a quelques semaines.
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Encore six matches à tirer. Six longs matches pour Bruges, qui n'est vraiment plus nulle part. Et pour la dernière journée, il y aura un Club - Gand qui pourrait être décisif pour la deuxième place. Quand on se rappelle l'ambiance qui a entouré leur dernier affrontement, au tout début de ces play-offs, il vaudrait mieux que ce ne soit pas décisif. Parce que l'atmosphère pourrait être encore plus pourrie, il pourrait y avoir encore plus de mauvaise tension qu'il y a quelques semaines. A Bruges, la frustration est maintenant à tous les étages. Elle ne se limite plus à Michel Preud'homme. Les gestes de mauvaise humeur de Ruud Vormer et son exclusion, dimanche à Anderlecht, c'est révélateur de l'état d'esprit là-bas. C'est tout un club qui se sent mal, et ça a commencé plus ou moins après les résultats du Soulier d'Or. Lors de cette soirée, le Club avait presque tout raflé, mais qu'en reste-t-il ? Vormer, qui avait fini à la troisième place, ne va pas bien. Hans Vanaken, quatrième, n'est plus dans le coup non plus. Et il y a d'autres joueurs qui n'ont plus la tête à leur football. Je pense par exemple à Björn Engels. Il a des grands rêves de Premier League mais il rame dans le championnat de Belgique. Le Club ne reconduira pas son titre. S'il y parvenait in extremis, ce ne serait de toute façon pas mérité. Il a déjà perdu neuf fois en déplacement, ce ne sont pas les chiffres d'un champion. Les Bleu et Noir avancent plus ou moins régulièrement l'excuse des blessés. Mais tous les clubs ont eu des joueurs indisponibles. Maintenant, Michel Preud'homme parle de la mentalité, insuffisante. Là, il a raison. Ils n'ont pas assez faim cette saison. Ça ne date pas de ce week-end. Le manque de grinta observé dans le match à Anderlecht, on le sentait venir depuis quelques semaines. Les absences de joueurs clés, les résultats décevants, le trop peu d'engagement, tout cela a conduit au manque de confiance que l'on voit aujourd'hui. Ce qu'on a vu dans cet Anderlecht - Bruges, quelque part, ce n'est pas normal. Pas explicable sur un plan physiologique ! On avait une équipe de Bruges qui avait pu se préparer pendant une semaine complète pour ce qui risquait d'être un tournant de la saison. Et en face, une équipe d'Anderlecht qui s'était farci un déplacement compliqué à Manchester. Là-bas, les Mauves ont joué pendant deux heures et ils ont tout donné. C'était le jeudi soir. Logiquement, ils devaient encore traîner, le dimanche, les traces de leur débauche d'efforts. Mais, dès la première minute, ils ont roulé sur les Brugeois. Leur élimination en Europa League aurait pu leur donner un coup au moral. Au contraire, elle les a boostés encore un peu plus sur la route du titre. J'y vois une conséquence du travail mental de René Weiler. Ils auraient pu aller là-bas avec la queue entre les jambes, tellement Manchester s'était montré supérieur, sur une autre planète, au match aller. Mais non, les Mauves sont partis en Angleterre avec l'envie de montrer qu'ils pouvaient faire autre chose. Subitement, le respect pour l'adversaire, pour son histoire, avait disparu. Des joueurs comme Leander Dendoncker et YouriTielemans étaient attendus, c'est dans des matches pareils qu'ils doivent démontrer qu'ils ont le niveau pour jouer plus haut. On a vu à Old Trafford que des attentes aussi grandes ne suffisaient pas à les paralyser. Puis ils ont à nouveau épaté contre Bruges, comme si c'était simplement logique dans leur esprit. Et pour expliquer la très bonne passe actuelle d'Anderlecht, il y a aussi le cas Sofiane Hanni. Ce qu'il réussit depuis quelques semaines, revenir au top pour les matches décisifs après avoir connu un gros creux, c'est joli. PIERRE DANVOYEAnderlecht qui roule sur Bruges, sur un plan physiologique, ça n'a rien de logique !