Pour peu que le RSCA ait franchi sans dommage l'écueil de Beveren hier soir, l'histoire pourrait fort bien, ma foi, repasser les plats pour lui. A la même époque, il y a un an tout juste, le club bruxellois avait également livré un match crucial contre le Club Brugeois, l'adversaire qui lui rendra justement visite au Parc Astrid vendredi prochain. Avec six points de retard sur une équipe qui avait réussi l'incroyable gageure de gagner, au préalable, quatorze matches d'affilée, le Sporting n'avait guère le choix: il lui fallait à tout prix prendre la mesure de son rival s'il voulait garder une chance de remporter le championnat. Cette fois-là, grâce à son succès (2 à 0), le RSCA avait relancé complètement la compétition: revenu à trois unités avant la trêve, il s'était même permis de prendre le large, au début du deuxième tour, les Flandriens alignant cinq matches nuls de rang. A présent, c'est avec huit longueurs d'avance que les footballeurs Bleu et Noir se présenteront au stade Constant Vanden Stock. Où, à l'image de Walter Baseggio, certains croient dur comme fer qu'une victoire du Sporting est susceptible, à nouveau, de tout relancer.
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Pour peu que le RSCA ait franchi sans dommage l'écueil de Beveren hier soir, l'histoire pourrait fort bien, ma foi, repasser les plats pour lui. A la même époque, il y a un an tout juste, le club bruxellois avait également livré un match crucial contre le Club Brugeois, l'adversaire qui lui rendra justement visite au Parc Astrid vendredi prochain. Avec six points de retard sur une équipe qui avait réussi l'incroyable gageure de gagner, au préalable, quatorze matches d'affilée, le Sporting n'avait guère le choix: il lui fallait à tout prix prendre la mesure de son rival s'il voulait garder une chance de remporter le championnat. Cette fois-là, grâce à son succès (2 à 0), le RSCA avait relancé complètement la compétition: revenu à trois unités avant la trêve, il s'était même permis de prendre le large, au début du deuxième tour, les Flandriens alignant cinq matches nuls de rang. A présent, c'est avec huit longueurs d'avance que les footballeurs Bleu et Noir se présenteront au stade Constant Vanden Stock. Où, à l'image de Walter Baseggio, certains croient dur comme fer qu'une victoire du Sporting est susceptible, à nouveau, de tout relancer. "Voici quelques semaines, j'aurais été beaucoup plus sceptique", avoue le médian anderlechtois. "Car les joueurs brugeois m'avaient vraiment sidéré à l'occasion de leur match aller de la Coupe de l'UEFA contre Lyon. Franchement, il y avait longtemps que je n'avais plus vu pareil niveau de la part d'un club belge. La démonstration des gars de Trond Sollied était comparable à ce que nous avions fait de mieux, la saison passée, contre des formations du calibre de Manchester United, la Lazio Rome ou le Real Madrid. Dans la foulée, je m'étais fait la réflexion qu'il serait très difficile de venir à bout de ce Bruges-là. La bande à Gert Verheyen a toutefois perdu un peu de sa superbe depuis lors, comme l'attestent sa défaite face au Standard et son éviction européenne de la part du même Olympique Lyonnais. Qui plus est, le constat que le Club a perdu, jusqu'ici, tous ses points sur le plan national face à des adversaires directs comme Genk, La Gantoise et le Standard, me conforte dans l'idée que Bruges n'est pas intouchable. Aussi, un succès est bel et bien capable de tout remettre en question. Le hic, pour nous, c'est que par rapport à l'année dernière, nous ne devons pas seulement résorber notre retard sur un seul club. Ils sont quatre à nous devancer: outre Bruges, il y a La Gantoise, Genk et le Standard. On dit que notre mission ne s'en trouvera pas facilitée, mais ce n'est pas mon avis. Car si tous ces teams tiennent réellement la distance, des unités précieuses vont inévitablement se perdre dans les matches qui les opposeront. Et ce sera peut-être tout profit pour nous". "Il ne faut pas broyer du noir"Une chose est sûre: si Anderlecht désire réaliser la passe de trois, en 2001-2002, il ne pourra plus gaspiller les points précieux comme il l'a fait tout au long du premier tour. Walter Baseggio se fait fort de prétendre, cependant, que ce gaspillage n'aura plus cours. "Nous avons payé à la fois un lourd tribut aux départs et aux blessures, qui ont singulièrement décimé l'effectif depuis l'entame de la saison", dit-il. "Si les revalidations se déroulent conformément aux prévisions, tout le monde devrait être pleinement opérationnel à la reprise. A ce moment-là, on verra ce que le Sporting a vraiment dans le ventre car je suis convaincu qu'un Nenad Jestrovic, pour ne citer que lui, nous aura quand même manqué durant le premier volet de la compétition. En réalité, il est heureux que nous ayons su limiter l'écart, par rapport à ceux qui nous précèdent au classement, en redressant la barre de manière spectaculaire ces derniers temps. On a beau dire que l'équipe ne vaut pas tripette, ou qu'elle déploie un jeu indigne de son rang, je n'en remarque pas moins que nous avons pris des points là où le soi-disant grand Sporting s'était cassé les dents l'année passée: à St-Trond et Westerlo. Nous y avons pris la totalité de l'enjeu alors que nous avions dû nous contenter de deux nuls. C'est pourquoi, je dis et je maintiens que si tout n'a pas été parfait, loin s'en faut jusqu'ici, il ne faut pas broyer du noir non plus. S'il y a des regrets à nourrir, c'est pour le très maigre deux sur neuf que nous avions obtenu, en début d'exercice, face au GBA, le Racing Genk et le Lierse. A Anvers, Kristof Snelders nous avait crucifiés en dernière minute et contre les Limbourgeois, un penalty nous avait privés in extremis de la victoire. Quant à ce match à la chaussée du Lisp, c'était le jour-sans dans toute sa splendeur. C'était quand même incroyable de perdre contre une équipe qui lutte aujourd'hui pour sa survie et dont le buteur, Geir Frigard, ne s'est signalé que contre nous. Avec six ou sept points de plus, on n'aurait pas fait la moue en regard de nos prestations. A présent, tout le monde en a pris pour son grade chez nous". "Nous cherchons toujours nos marques"La défense, c'est vrai, a été plus d'une fois décriée, car sans Filip De Wilde, étincelant depuis le mois d'août, elle aurait sûrement accusé un passif beaucoup plus lourd qu'aujourd'hui. De même, l'attaque a été montrée très régulièrement du doigt, elle aussi, dans la mesure où ses composantes n'ont guère su effacer de la mémoire collective le souvenir du duo Tomasz Radzinski- Jan Koller. En vérité, seul l'entrejeu a échappé aux critiques les plus acerbes. Pourtant, on ne peut pas dire que ce secteur ait été à l'abri de tout reproche. "C'est vrai que nous cherchons toujours nos marques", observe Walter Baseggio. "Je pense qu'il y a des circonstances atténuantes à faire valoir: Alin Stoica et moi avons été longuement blessés et Yves Vanderhaeghe, après une saison fracassante, a eu du mal, lui aussi, à retrouver ses sensations dans ce contexte. Tout était évidemment neuf, à ce moment-là, dans la mesure où, à gauche, il avait fallu pourvoir aussi au remplacement de Bart Goor qui était le complément idéal de Didier Dheedene, lui aussi parti en Allemagne. Longtemps, chacun a dû chercher sa place sur l'échiquier. Car le 4-3-1-2 de la saison passée, quasi immuable d'un bout à l'autre de la compétition, a fait place à des occupations de terrain différentes. Ces dernières semaines, le 5-2-3 fut même à l'honneur, à charge pour Yves Vanderhaeghe et moi d'officier comme réels pare-chocs devant la défense. On était loin, à ce moment, de la position que, de concert, nous occupions l'année passée, quinze mètres plus haut. Mais je comprends que l'entraîneur, vu les résultats en dents de scie, ait voulu privilégier la sécurité. Pour l'heure, la conception idéale est de commencer la partie en 5-3-2 ou 5-2-3, question d'assurer nos arrières. Toutefois, à partir du moment où nous avons défloré la marque, je trouve qu'un retour à une formule plus classique s'impose: le 4-4-2 ou le 4-3-1-2, si Alin Stoica répond présent du moins". "Je n'ai pas perdu mon temps"Sacré Jeune Professionnel de l'Année par ses pairs, il y a quelques mois à peine, le petit prodige roumain a, depuis lors, singulièrement dégringolé dans la hiérarchie des Mauves. Il ne fait plus figure du tout d'incontournable, plutôt d'indésirable (voir cadre). Sans être tombé de la même façon de son piédestal, Walter Baseggio, lui aussi, n'aura pas été, durant le premier tour de la compétition, le footballeur fringant de l'année passée, que ses collègues avaient d'ailleurs désigné Professionnel de l'Année. A l'époque, le citoyen de Clabecq avait préféré jurer fidélité au Sporting plutôt que de répondre favorablement à l'appel de clubs comme la Fiorentina, la Lazio Rome et même Tottenham Hotspurs. "Vu notre parcours laborieux, on pourrait peut-être penser que je regrette de ne pas avoir imité l'exemple de ceux qui sont partis à l'intersaison passée", observe Walter Baseggio. "Mais ce n'est pas le cas. A 23 ans, soit cinq de moins qu'un Bart Goor ou un Jan Koller, je ne m'estimais tout simplement pas prêt à effectuer le grand saut. J'étais d'avis qu'une campagne supplémentaire ne constituait pas un luxe superflu. Et même si les événements laissent un peu à désirer, je n'ai nullement l'impression d'avoir perdu mon temps. C'est souvent dans les périodes difficiles qu'un joueur apprend beaucoup. Dans cet ordre d'idées, j'aurai été servi depuis le début de la saison. Je sens cependant le vent tourner petit à petit. Au moment où j'ai repris le collier, face à l'AS Roma, je n'étais franchement nulle part. J'avais toutes les peines du monde à tenir la distance durant tout un match et mes services étaient approximatifs. Depuis quelques semaines, je me surprends à risquer davantage de choses sur le terrain. C'est le signe que la bonne forme revient. D'autres sont exactement dans le même cas: Gilles De Bilde et Nenad Jestrovic. C'est pourquoi je reste persuadé que les autres devront encore composer avec nous". "J'ai souvent joué de malchance chez les Diables"Et, en particulier, avec Walter Baseggio qui, par le biais de ses prestations avec Anderlecht, souhaite absolument se rappeler au bon souvenir du sélectionneur fédéral, Robert Waseige. Aussi bizarre qu'il n'y paraisse, le meilleur joueur belge de la saison 2000-2001 n'a pas été partie prenante dans les test-matches contre la Tchéquie. "Face à la Croatie, j'ai conscience de ne pas avoir été transcendant", dit-il. "Mais qui le fut réellement ce jour-là? Personnellement, j'ai été gêné par les incursions incessantes de StjepanTomas sur le flanc gauche. Dans la mesure où l'adversaire s'assurait constamment la supériorité numérique au milieu du terrain, et qu'il en allait le plus souvent de cet homme-là, j'ai été amené à le suivre fréquemment à la trace sur l'aile droite, quittant par-là même mon poste dans l'axe central. Ce n'était évidemment pas l'idéal. Reste qu'entre l'équipe nationale et moi, il y a une sorte de relation d'amour-haine. Je ne sais pas pourquoi, j'ai plus d'une fois joué de malchance à ce niveau. Soit en raison d'une blessure, soit pour des motifs d'ordre tactique. Mais je me console en me disant que j'ai connu, à cet échelon, quelques moments grisants: contre l'Ecosse à Hampden Park ou encore chez nous, contre St-Marin. J'avais chaque fois été crédité d'un tout bon match. Mon souhait est d'en arriver à une constante dans mes prestations chez les Diables Rouges. Si j'ai le bonheur de livrer deux ou trois bonnes rencontres d'affilée, je suis convaincu que je serai définitivement en selle". Dia 1Bruno Govers ,ISO SPORT/DE WAELE