"De tous temps, les Néerlandais ont prospéré au Club ", juge Dennis van Wijk. " Beaucoup y sont même restés au terme de leur carrière, comme moi. Bruges et les Hollandais, c'est un mariage réussi.
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"De tous temps, les Néerlandais ont prospéré au Club ", juge Dennis van Wijk. " Beaucoup y sont même restés au terme de leur carrière, comme moi. Bruges et les Hollandais, c'est un mariage réussi. Pour plusieurs raisons. La langue, identique, comme le mode de vie. Les femmes s'intègrent facilement et trouvent même du travail. Nous sommes plus expressifs, aussi, et nous nous intégrons plus vite car nous cherchons nous-mêmes notre place. Les Néerlandais s'adaptent aisément, surtout à Bruges, où tout est bien réglé. Mais gare aux problèmes si les promesses ne sont pas tenues ! Partout dans le monde, les Néerlandais poursuivent un double objectif : prester et gagner de l'argent. Si le Club en a quatre, c'est aussi parce que la différence de salaire est moins importante : avant, les Ajacides auraient été inaccessibles. Ils sont bien formés et agissent avec professionnalisme, dans leur gestion de la presse, des supporters, des sponsors, de la pression, surtout quand ils viennent de grands clubs. Les quatre Néerlandais du Club sont des battants. Stefano Denswil et Ricardo van Rhijn ont été formés par l'Ajax, qui veut qu'on donne le meilleur de soi-même tous les jours. Ruud Vormer et Lex Immers ont travaillé dur via l'AZ, Roda et ADO pour arriver à Feyenoord. Ils apportent au Club leur rage de vaincre, leur bravoure, leur grinta. C'est d'ailleurs nécessaire car Michel Preud'homme met ses joueurs sous pression pour qu'ils progressent, gagnent en volume, jouent dans un certain schéma et gagnent chaque match. Le Club cherche donc des joueurs qui ont du caractère, qui peuvent gérer cette rage de vaincre. Comme les Néerlandais ". " Vormer, le premier, a été une réussite. Qui l'aurait cru ? Il était peut-être le lien manquant, avec sa volonté, son engagement effréné. Aux Pays-Bas, il occupait d'autres positions, plus en retrait mais Michel l'utilise comme une dynamo, quelqu'un qui peut toujours rallier l'avant, depuis l'entrejeu. Un coup magistral. Immers est comparable. Je ne partage pas le négativisme des analystes. Je voudrais toujours un Immers dans mon équipe car il est tout feu, tout flamme. Des joueurs comme ça ne vous déçoivent jamais. Son dynamisme est un régal. Jan Mulder ne partage pas mon avis car il veut voir des joueurs raffinés mais moi, j'aime les gars robustes qui ne baissent jamais les bras, qui ont un énorme abattage et surgissent régulièrement dans le rectangle. Ses pieds sont moins bons mais il est très fort mentalement et physiquement. Ils conviennent bien au football belge et à ses duels. Ils reprennent bien le second ballon, anticipent, opèrent une transition rapide, sentent quand ils doivent se présenter dans le rectangle. Immers est plus robuste et meilleur de la tête que Vormer. Il joue en principe au même poste. Il sera précieux une fois qu'il aura assimilé la tactique de Michel. Les supporters vont rapidement l'apprécier. Il convient à ce club populaire. En plus, il y a des liens entre les supporters du Club et d'ADO La Haye, qui vénérait Immers. Je crois qu'il sera encouragé même quand il jouera mal. Regardez comme les fans raffolent de Vormer, qui est aussi un garçon dénué de prétention, qui mouille son maillot et ne débloque pas après un match. Vormer et Immers sont des guerriers. Le Club préfère des joueurs comme ça à des Français hautains ". " L'Ajax est synonyme de finesse. Denswil et Van Rhijn ont plus de style et de flair mais sont plus nonchalants. Ils ajoutent leur bagage footballistique à la défense et c'est nécessaire : le Club joue à partir de l'arrière, à partir de trajectoires, avec beaucoup de mouvements. Pour ça, il faut de bons footballeurs. Ces deux talents ont stagné et ont fait douter d'eux, peut-être à cause de la pression qui pèse sur l'Ajax. Denswil et Van Rhijn se sentent mieux à Bruges, qui les traite avec beaucoup de respect alors qu'ils viennent d'un monde très dur. À Amsterdam, c'est chacun pour soi : un mauvais match et vous êtes descendu. Sans pitié. Quand on n'est pas dans l'équipe, on a l'impression d'avoir échoué, sans peut-être avoir de seconde chance. Ici, même le 18e homme est important. On n'est pas un numéro. Les supporters font preuve de respect aussi. Ils se retournent rarement contre leur équipe alors qu'aux Pays-Bas, l'ambiance est hostile. Un Ajacide n'a pas intérêt à aller boire un verre à Rotterdam. L'ambiance des grandes villes est très rude. Quand j'entraînais aux Pays-Bas et que je visionnais des matches au Kuip, j'assistais à des scènes incroyables, à la limite de la violence physique. Denswil a bien progressé au Club. Il peut occuper tous les postes en défense et il est sur le point de répondre aux attentes placées en lui. On parle d'un transfert en Angleterre mais je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure option pour lui. Je le verrais mieux en Allemagne ou en Espagne. Van Rhijn vient de débarquer. Sa dernière passe manque encore de soin. Il se fait parfois piéger en défense, comme beaucoup de Néerlandais car on attend d'eux qu'ils construisent le jeu, centrent et marquent. Heureusement pour lui, il est dans un grand club, ce qui lui évite de trop devoir défendre. Il doit toutefois être plus régulier, se défaire de sa nonchalance. Vormer et Immers ont toujours dû se battre alors que pour lui, grâce à son talent, tout a coulé de source. Quand il est confronté à des problèmes, il a du mal à se battre. À le voir parfois dégager dans la tribune, malgré sa technique de frappe, je m'interroge parfois. Il regorge de qualités mais il doit à tout prix se défaire de son flegme, soigner son passing, arriver à temps sur le ballon. Il doit prendre exemple sur Denswil. Celui-ci est parfois trop enthousiaste mais il commet peu de fautes. C'est la preuve que Bruges est un bon terreau pour les Néerlandais. " PAR CHRISTIAN VANDENABEELE - PHOTOS BELGAIMAGE" Partout dans le monde, les Néerlandais ont un objectif : prester et gagner de l'argent. " - DENNIS VAN WIJK