La victoire de l'Antwerp, en match en retard contre Mouscron, relance-t-elle la lutte pour le maintien ?

Georges Heylens : On ne retirera de toute façon les marrons du feu que quand ils seront bien cuits, c'est-à-dire à la mi-mai. D'ici là, beaucoup de choses peuvent encore se passer. L'Antwerp a peut-être coupé le cordon ombilical avec la défaite. Et pour Mouscron, c'est une fameuse gifle.

Toute la lutte pour le maintien risque d'être relancée si Heusden-Zolder battait Charleroi, ce week-end.

Heusden-Zolder, je n'y crois plus trop. Les managers ont déjà entamé leur travail de démolition dans ce club. Dimitri de Condé est annoncé à Genk : comment voulez-vous qu'il soit encore totalement concentré sur son sujet ? D'autres joueurs sont cités à gauche et à droite. Tout cela fausse la fin du championnat.

Robert Waseige a-t-il intérêt à partir en Algérie ?

Je suis sceptique. Je l'imagine plus terminer sa carrière dans un club comme Charleroi que dans un pays aussi instable que l'Algérie. Stéphane Pauwels m'a appelé en décembre pour savoir si je serais éventuellement intéressé par le poste : j'ai décliné car j'estime que ce n'est pas pour moi. J'y vois plus un aventurier comme Walter Meeuws. Demandez à Georges Leekens : il sait à quel point il est difficile de travailler en Algérie.

Puisque vous parlez de Leekens : peut-on être sûr qu'il sera toujours à Mouscron la saison prochaine ?

Non. Leekens aime bien se sentir responsable de tout dans son club. Il veut tout avoir et tout savoir. Je comprends qu'il s'inquiète suite à la nomination de Roland Louf comme manager. Même si Jean-Pierre Detremmerie a bien fait remarquer que toute la responsabilité sportive resterait entre les mains de Leekens. Une chose est sûre, en tout cas : les parties intéressées par le transfert de Louf auraient pu régler cela beaucoup plus discrètement. Et je comprends la déception de Filippo Gaone. Quant à Leekens, il sait aussi qu'il vaut mieux quitter un club à temps que trop tard. Il l'a suffisamment prouvé dans le passé.

Un mot sur Walter Baseggio, qui a finalement prolongé à Anderlecht ?

Cela va peut-être lui permettre de retrouver toutes ses sensations, d'exploser définitivement et de devenir enfin un patron incontesté dans le vestiaire. Il est toujours à la recherche de cette reconnaissance. On peut devenir patron à n'importe quel âge, mais il faut le vouloir. Une fois qu'on a acquis ce statut, c'est pour longtemps. Je pense à un Paul Van Himst, qui pouvait se permettre de mauvais matches tout en restant parfaitement respecté par ses coéquipiers et tous les gens du club. Idem pour Pär Zetterberg aujourd'hui. Baseggio n'a pas encore ce privilège.

Que pensez-vous de la sélection d'Aimé Anthuenis pour Allemagne-Belgique ?

Il reste fidèle à sa philosophie en appelant des jeunes qui font des étincelles dans leur club. Aujourd'hui, il prend Filip Daems et Grégory Dufer. C'est bien. Mais insuffisant. Je reste persuadé que le coach fédéral a commis une erreur, durant la campagne de qualification pour l'EURO 2004, en ne faisant pas le maximum pour convaincre des piliers qui avaient annoncé leur retraite internationale. Les jeunes loups ne peuvent rien faire s'ils n'ont pas des commandants de bord pour les guider et donner un coup de trique de temps en temps. Ce phénomène est frappant aujourd'hui à Anderlecht : Vincent Kompany et Anthony Vanden Borre sont doués, mais il leur arrive de passer à côté d'un match parce qu'ils ne sont pas entourés de vieux briscards.

Cela nous amène à l'élimination d'Anderlecht par Beveren en Coupe de Belgique...

J'apprécie la qualification de Beveren mais je reste perturbé par la composition presque 100 % africaine de cette équipe. Une base de sept Africains entourés de quatre joueurs de la région me plairait. Mais dix ou onze étrangers : non. Enfin bon, Anderlecht n'a que ce qu'il mérite. C'est plus le Sporting qui a perdu cette demi-finale que Beveren qui l'a gagnée. Anderlecht n'a jamais donné l'impression de vouloir tuer le match.

L'élimination de Mouscron était plus prévisible !

Oui, surtout après la contre-performance de la mi-semaine à l'Antwerp. Je suis persuadé que cette défaite a été fort préjudiciable aux hommes de Leekens. Comme si elle avait tué leur esprit de corps et d'entreprise. Bruges n'a pour ainsi dire jamais été en danger dans ce match. J'ai vu un tout petit Mouscron. Il faut dire que les circonstances étaient idéales pour un Club qui sait s'y prendre quand il peut laisser venir. Finalement, c'est en Cadillac qu'il a foncé vers la finale. Je retiens aussi toute la fraîcheur qu'a apportée Jonathan Blondel à une équipe qui en avait bien besoin.

Peut-on parler d'une belle finale ?

On sait que j'adore les exploits des petites équipes et, vu comme ça, j'aurais beaucoup apprécié une apothéose Mouscron-Beveren. Mais, une finale, ça se mérite. Mouscron ne l'a pas méritée et va maintenant devoir cravacher pour être européen via le championnat. Ce ne sera pas de la tarte.

Pierre Danvoye

Georges Heylens : On ne retirera de toute façon les marrons du feu que quand ils seront bien cuits, c'est-à-dire à la mi-mai. D'ici là, beaucoup de choses peuvent encore se passer. L'Antwerp a peut-être coupé le cordon ombilical avec la défaite. Et pour Mouscron, c'est une fameuse gifle. Heusden-Zolder, je n'y crois plus trop. Les managers ont déjà entamé leur travail de démolition dans ce club. Dimitri de Condé est annoncé à Genk : comment voulez-vous qu'il soit encore totalement concentré sur son sujet ? D'autres joueurs sont cités à gauche et à droite. Tout cela fausse la fin du championnat. Je suis sceptique. Je l'imagine plus terminer sa carrière dans un club comme Charleroi que dans un pays aussi instable que l'Algérie. Stéphane Pauwels m'a appelé en décembre pour savoir si je serais éventuellement intéressé par le poste : j'ai décliné car j'estime que ce n'est pas pour moi. J'y vois plus un aventurier comme Walter Meeuws. Demandez à Georges Leekens : il sait à quel point il est difficile de travailler en Algérie. Non. Leekens aime bien se sentir responsable de tout dans son club. Il veut tout avoir et tout savoir. Je comprends qu'il s'inquiète suite à la nomination de Roland Louf comme manager. Même si Jean-Pierre Detremmerie a bien fait remarquer que toute la responsabilité sportive resterait entre les mains de Leekens. Une chose est sûre, en tout cas : les parties intéressées par le transfert de Louf auraient pu régler cela beaucoup plus discrètement. Et je comprends la déception de Filippo Gaone. Quant à Leekens, il sait aussi qu'il vaut mieux quitter un club à temps que trop tard. Il l'a suffisamment prouvé dans le passé. Cela va peut-être lui permettre de retrouver toutes ses sensations, d'exploser définitivement et de devenir enfin un patron incontesté dans le vestiaire. Il est toujours à la recherche de cette reconnaissance. On peut devenir patron à n'importe quel âge, mais il faut le vouloir. Une fois qu'on a acquis ce statut, c'est pour longtemps. Je pense à un Paul Van Himst, qui pouvait se permettre de mauvais matches tout en restant parfaitement respecté par ses coéquipiers et tous les gens du club. Idem pour Pär Zetterberg aujourd'hui. Baseggio n'a pas encore ce privilège. Il reste fidèle à sa philosophie en appelant des jeunes qui font des étincelles dans leur club. Aujourd'hui, il prend Filip Daems et Grégory Dufer. C'est bien. Mais insuffisant. Je reste persuadé que le coach fédéral a commis une erreur, durant la campagne de qualification pour l'EURO 2004, en ne faisant pas le maximum pour convaincre des piliers qui avaient annoncé leur retraite internationale. Les jeunes loups ne peuvent rien faire s'ils n'ont pas des commandants de bord pour les guider et donner un coup de trique de temps en temps. Ce phénomène est frappant aujourd'hui à Anderlecht : Vincent Kompany et Anthony Vanden Borre sont doués, mais il leur arrive de passer à côté d'un match parce qu'ils ne sont pas entourés de vieux briscards. J'apprécie la qualification de Beveren mais je reste perturbé par la composition presque 100 % africaine de cette équipe. Une base de sept Africains entourés de quatre joueurs de la région me plairait. Mais dix ou onze étrangers : non. Enfin bon, Anderlecht n'a que ce qu'il mérite. C'est plus le Sporting qui a perdu cette demi-finale que Beveren qui l'a gagnée. Anderlecht n'a jamais donné l'impression de vouloir tuer le match. Oui, surtout après la contre-performance de la mi-semaine à l'Antwerp. Je suis persuadé que cette défaite a été fort préjudiciable aux hommes de Leekens. Comme si elle avait tué leur esprit de corps et d'entreprise. Bruges n'a pour ainsi dire jamais été en danger dans ce match. J'ai vu un tout petit Mouscron. Il faut dire que les circonstances étaient idéales pour un Club qui sait s'y prendre quand il peut laisser venir. Finalement, c'est en Cadillac qu'il a foncé vers la finale. Je retiens aussi toute la fraîcheur qu'a apportée Jonathan Blondel à une équipe qui en avait bien besoin. On sait que j'adore les exploits des petites équipes et, vu comme ça, j'aurais beaucoup apprécié une apothéose Mouscron-Beveren. Mais, une finale, ça se mérite. Mouscron ne l'a pas méritée et va maintenant devoir cravacher pour être européen via le championnat. Ce ne sera pas de la tarte. Pierre Danvoye