Andrés Mendoza nous reçoit chez lui, à quelques pas du Stade Jan Breydel. Andrés Desailly, son premier fils, nous accueille à bras ouverts. Il a un petit frère: Patrick. En référence à un défenseur français et à un avant néerlandais? Mendoza rit: "Non, je trouve que Desailly sonne bien et la señora a choisi le prénom du cadet". Pour discuter en paix, il propose alors de rejoindre le Club Brugeois.
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Andrés Mendoza nous reçoit chez lui, à quelques pas du Stade Jan Breydel. Andrés Desailly, son premier fils, nous accueille à bras ouverts. Il a un petit frère: Patrick. En référence à un défenseur français et à un avant néerlandais? Mendoza rit: "Non, je trouve que Desailly sonne bien et la señora a choisi le prénom du cadet". Pour discuter en paix, il propose alors de rejoindre le Club Brugeois. Andrés Mendoza: On gagne et on perd tous ensemble, en football. On ne galvaude pas un titre en quelques semaines. Nous avons perdu des plumes durant toute la saison. Je ne me sens pas plus coupable que mes coéquipiers. Si j'avais marqué chaque fois, j'aurais dépassé Sonck! Je fais de mon mieux. Tous les attaquants reçoivent plus d'occasions qu'ils ne marquent de buts.Un avant doit être constamment en mouvement, chercher des brèches. Sinon, il n'a pas d'occasions. C'est une loi du football.Non. On me cherche souvent car Lange et Verheyen sont marqués plus strictement par les défenseurs. Mais les trois attaquants peuvent plonger dans les espaces."Sourire fait partie de mon jeu"Je marquais sans arrêt jusqu'à 17 ou 18 ans. Il n'était pas rare que j'inscrive trois ou quatre buts par match. Je travaillais beaucoup la finition. Après chaque entraînement, je m'attardais une demi-heure sur le terrain avec quelques partenaires. Nous mitraillions le gardien.Si, nous consacrons aussi du temps à la finition. Je ne sais vraiment pas pourquoi je réussis une fois et pas l'autre. Parfois, le gardien est bien placé, d'autres fois, le montant est sur la trajectoire de mon tir.Je ris jaune quand je rate une occasion toute faite. Il s'agit plutôt d'une grimace de déception: comment ai-je pu rater ça? El fútbol es para divertirse, on joue au football pour le plaisir. On ne tire pas la tête quand on aime ce qu'on fait. Mais je ne rigole pas quand je quitte le terrain sur une défaite ou un match nul. Mon sourire fait partie intégrante de mon style de jeu. C'est une habitude. Ça ne veut toutefois pas dire que je ne me livre pas à fond. Je me donne toujours à 100%. Comment jouer si vous n'êtes pas sûr de vous? J'ai assez de confiance en moi pour ne pas être nerveux pendant un match. J'ai déjà affronté des équipes comme l'Argentine et le Brésil, avec le Pérou. Là, j'étais impressionné.Après le match contre le RWDM, un copain m'a conseillé de les jeter. Elles semblaient fichues. L'essentiel, c'est de se sentir bien dans ses chaussures. La dernière fois que j'ai changé, en conservant un modèle identique, j'ai marqué. Mais ce n'est pas de la superstition (il rit)... Nous avons produit un bon football, mais quand nous menons, nous continuons à presser. Nous devrions faire circuler le ballon et conserver le résultat. En Belgique, on a tendance à foncer aveuglément au but alors que les Espagnols, par exemple, font circuler la balle. Ici, les supporters sifflent si on le fait trop. Je comprends qu'ils en veuillent pour leur argent et qu'ils demandent à voir beaucoup de buts, mais gagner reste l'essentiel. Tant mieux si c'est sur un score-fleuve, mais une victoire 1-0 rapporte autant de points.L'entraîneur le prône et les joueurs doivent respecter ce choix.Le sélectionneur du Pérou évolue comme ça. Je me sens mieux au centre-avant que sur le flanc.Je peux exploiter ma vitesse en pointe de l'attaque aussi. Au Pérou, j'étais soutenu par un véritable numéro 10, qui savait me lancer en course, en surplombant la défense ou en la prenant à contre-pied.Je veux jouer, en tout cas (il rit). Non, c'est le boulot de l'entraîneur. Je ne m'en mêle pas. "Pas d'amigos à l'entraînement"Les divergences de vues sont inévitables. Je n'ai pas d'amis quand nous jouons un petit match à six contre six. Je m'exerce pour progresser. Après, tous les joueurs sont mes amigos. Je ne sais pas qui a colporté ça car il n'y avait pas de journalistes! Nous avons eu un échange assez vif, sans nous battre. Mais je préfère ne pas en parler.Comment le dire... Pour être champion, il faut être soudés. Les joueurs doivent discuter de ce qui a foiré après une défaite. Ce ne fut pas le cas. Le lendemain, quand l'entraîneur revient sur le match et demande si quelqu'un souhaite prendre la parole, on entendrait voler une mouche.Le football est un sport d'équipe. Je ne supporte pas d'entendre un collègue s'exclamer, après un mauvais résultat: -Je n'ai pas mal joué! Ça ne va pas: c'est l'équipe qui joue bien ou mal. Une prestation personnelle ne constitue pas un critère. "Sollied est bon, non?"Certains exercices sont plus amusants que d'autres mais je ne trouve pas nos entraînements ennuyeux. Si Trond Sollied est au Club, c'est qu'il est bon, non? Je trouve en tout cas qu'il fait du bon boulot. En général, ce sont les footballeurs laissés sur la touche qui critiquent l'entraîneur. Sollied est un homme honnête. Il récompense ceux qui travaillent dur et se manifestent à l'entraînement.Je fais ce qu'il faut pour être prêt physiquement mais je n'accorde pas un intérêt fanatique à mon corps. Je n'ai aucune envie de passer des heures chaque jour dans une salle de musculation pour acquérir de la masse. Disons que je tiens une bonne partie de ma musculature du côté maternel. Comme la couleur de ma peau, d'ailleurs (il rit)! Je suis ambitieux. Si je reçois une proposition d'un grand club d'Espagne, d'Angleterre ou d'Italie, j'y réfléchirai sérieusement. Le championnat espagnol me tente particulièrement. C'est là qu'on pratique le football le plus léché. Toutefois, je ne suis pas obnubilé par un transfert. Je suis lié à Bruges pour deux saisons encore.Peut-être ne faut-il rien changer du tout. Il suffirait de conserver le même noyau. C'est en jouant longtemps ensemble qu'on se forge des automatismes. Alors, il n'est plus nécessaire de réfléchir à l'endroit où vous allez céder le ballon, ni même de regarder, car vous le savez.Le football de Manchester United est un véritable régal. Ses joueurs se trouvent les yeux fermés. Oui, me produire là-bas me plairait beaucoup. Christian Vandenabeele et Roel Van den Broeck,"Si j'avais concrétisé toutes mes occasions, j'aurais dépassé Sonck"