Mayday, mayday, mayday : quand un navire de la D1 est en détresse, cela fait du bruit. Gand et le Cercle de Bruges ont remplacé leur capitaine au milieu de leur océan de problèmes mais cela n'a pas eu le même impact que le changement de cap du Standard ou du Club Bruges. Il y a quelques semaines, Sport/Foot Magazine avait indiqué du doigt ce qui clochait au c£ur du club de la Venise du Nord : un coach aux recettes d'une autre époque, des relations catastrophiques entre ce T1 de 63 ans, Georges Leekens, qui croit tout savoir, et un Directeur général, Vincent Mannaert, 38 ans, imbu de son désir d'imposer des idées plus modernes, un vestiaire divisé en tribus ne partageant plus le même totem...
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Mayday, mayday, mayday : quand un navire de la D1 est en détresse, cela fait du bruit. Gand et le Cercle de Bruges ont remplacé leur capitaine au milieu de leur océan de problèmes mais cela n'a pas eu le même impact que le changement de cap du Standard ou du Club Bruges. Il y a quelques semaines, Sport/Foot Magazine avait indiqué du doigt ce qui clochait au c£ur du club de la Venise du Nord : un coach aux recettes d'une autre époque, des relations catastrophiques entre ce T1 de 63 ans, Georges Leekens, qui croit tout savoir, et un Directeur général, Vincent Mannaert, 38 ans, imbu de son désir d'imposer des idées plus modernes, un vestiaire divisé en tribus ne partageant plus le même totem... L'analyse de Jan Hauspie était aussi précise que celle des météorologues qui avaient prévu la férocité avec laquelle l'ouragan Sandy allait dévaster la côte est des Etats-Unis. A la suite de nos révélations, le quotidien Het Laatste Nieuws, proche de Leekens, a exploré la piste des saboteurs ( Jesper Jorgensen, Ryan Donk, Jordi Figueras ?) avant la quatrième défaite d'affilée de Bruges contre Zulte Waregem (0-1, but de Thorgan Hazard). Il était question aussi d'un membre félon du staff technique. Vous imaginez les ruines dans lesquelles s'est enfoncée une équipe sans jeu mais qui occupa pourtant la tête de la D1, paravent derrière lequel Bruges cacha ses misères avant le match fatal de Mac the Knife ? Avec le recul, on peut se dire que Mannaert a manqué de jugeote à la belle saison, en débauchant Leekens alors en charge de l'équipe nationale. Bien mal acquis ne profite jamais. Ce n'est qu'un proverbe qui prouve quand même que Mannaert n'a pas pris le recul nécessaire avant d'engager un has been que personne ne regrette à l'ombre du stade RoiBaudouin. Brillant avec des sans grade mais incapable de gérer un groupe de vedettes, Mystère Leekens était en route vers la désolation avec les Diables Rouges. Bruges se remettra tôt ou tard du passage de Long Couteau, ce qui n'aurait pas été le cas pour la Maison de verre si son règne s'était prolongé à la tête de nos internationaux. La qualification pour le Brésil en 2014 est vitale pour le football belge et cette mission n'était plus dans les cordes de Leekens. Bruges a donc rendu service à l'Union Belge en se comportant comme un nouveau riche. Mannaert et son président, Bart Verhaeghe, trop pressés sur le chemin de la gloire et du renouveau, ont même offert un parachute doré (2,5 millions d'euros en cas de limogeage) à leur idole. Leekens ne tardera pas à rendre visite à la banque qui sponsorise ses imprudents anciens patrons. Pour le moment, si on peut parler de Bruges-la-Morte, les Rouches sont-ils sortis de la crise, eux qui viennent d'engranger neuf points en trois matches depuis la mise à l'écart de Ron Jans ? Liège est-elle redevenue la Cité ardente du football ? Les progrès du Standard sautent aux yeux mais il reste du chemin à parcourir. Après une première mi-temps intéressante, le Standard a peiné tout au long de la deuxième partie du match contre OHL. Moins saignants qu'à Genk, les Liégeois ont eu le mérite de travailler, de ne pas encaisser de but contre l'attaque la plus généreuse de D1, grâce entre autres à un tout bon Kanu. Ils ont également mieux géré le jeu qu'avant, sous la direction de William Vainqueur. Lucide, Mircea Rednic a souligné l'importance des trois points, le bon esprit et la nécessité de bien bosser. Cette équipe a compris qu'il est important de ne pas encaisser de but, de soigner la récupération, mais l'attaque est un peu rikiki. Comme Rednic l'a souligné à juste titre, Imoh Ezekiel est fatigué (a-t-il trop joué à son âge ?) et Michy Batshuayi aura besoin de soutien dans ce 4-4-2 : pour Dudu Biton et Marvin Ogunjimi, c'est le moment de sortir du bois. Bruges et le Standard partent en voyage lors de la prochaine journée de championnat, à Anderlecht et à Lokeren : pas évident comme programme. PIERRE BILICLeekens est un has been que personne ne regrette dans le giron des Diables.