" A l'échelon de la direction, ma voix compte ", dit Hugo Broos. " Et c'est une grande différence par rapport à la Belgique. Après quelques semaines, je m'étais aperçu qu'il y avait une vipère dans le vestiaire : le Chilien Jose Luis Jerez. J'ai dit au président que s'il voulait éviter des problèmes, il devait se séparer de lui. L'homme m'a précisé qu'il allait lui en coûter 180.000 euros mais que si c'était dans l'intérêt général, il accéderait à ma demande. Et il s'est exécuté. "
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" A l'échelon de la direction, ma voix compte ", dit Hugo Broos. " Et c'est une grande différence par rapport à la Belgique. Après quelques semaines, je m'étais aperçu qu'il y avait une vipère dans le vestiaire : le Chilien Jose Luis Jerez. J'ai dit au président que s'il voulait éviter des problèmes, il devait se séparer de lui. L'homme m'a précisé qu'il allait lui en coûter 180.000 euros mais que si c'était dans l'intérêt général, il accéderait à ma demande. Et il s'est exécuté. " " Ici, on sent pertinemment bien qui est le maître ", continue Broos. " Les dirigeants décident et les joueurs doivent se plier aux directives. Chez nous, c'est exactement le contraire. Les responsables des clubs rampent ni plus ni moins devant les joueurs et je puis aisément en fournir quelques exemples. A Genk, Momo Dahmane était un jour absent sans motif à l'entraînement. Ayant travaillé autrefois chez un huissier de justice, j'ai demandé au directeur technique du club, Willy Reynders, de faire constater son absence. Il n'a rien voulu savoir sous prétexte qu'il ne fallait pas en faire un foin. Il y a eu, par la suite, une deuxième absence du même joueur, toujours injustifiée. Une fois encore, j'ai invité le club à prendre les devants, sans succès. Et que s'est-il passé plus tard ? Le jour où le joueur a été invité à s'entraîner en solitaire, il a fait en sorte que la scène soit filmée et constatée et a intenté un procès au Racing... Qui doit s'en mordre les doigts aujourd'hui ? Et il n'y a pas qu'au Limbourg qu'on est trop coulant. Une anecdote anderlechtoise à présent. Un jour, Frankie Vercauteren et moi sommes conviés auprès du secrétaire-général, Philippe Collin, qui venait de visiter le nouveau complexe d'entraînement d'Arsenal. Il nous dit : - Savez-vous qu'avant de pénétrer dans le bâtiment, les joueurs doivent enlever leurs chaussures, même Thierry Henry ? Je lui ai répondu : - Et alors, n'est-ce pas un joueur comme un autre ? Sa réplique fusa tout de go : - Voyez-vous déjà nos vedettes faire ça ici ? Je crois que tout est dit quand on entend ça. C'est à se demander qui dirige qui ? Les joueurs mènent les dirigeants par le bout du nez mais comment pourrait-il en aller autrement, dans la mesure où le mauvais exemple vient d'en haut ? Durant mon époque comme coach au RSCA, j'ai demandé à ce qu'on sévisse envers Walter Baseggio et ses problèmes de poids. Mais il n'était pas question de toucher à Walt, l'enfant-chéri de la maison. Et ce qui vaut pour l'un vaut pour l'autre. J'ai cru comprendre que Nicolas Frutos avait été mis à l'amende pour ses propos incendiaires envers le staff médical mais que la sanction tomberait si le Sporting est champion. A présent, 30e titre ou non, l'attaquant argentin ne devra de toute façon pas s'en acquitter car il est blessé. Mais c'est quoi tout ça ? Et dans quelle pièce joue-t-on finalement ? Faut-il constamment ménager les joueurs sous prétexte qu'ils représentent une valeur sportive ou financière ? Dans ce cas, on n'est pas sortis de l'auberge. "