Anderlecht-Standard : quelle affaire !

Georges Heylens : Pour moi, ce n'est même pas une affaire... Cette victoire du Standard est 100 fois méritée. A la mi-temps, le score aurait pu être de 2-3 ou de 3-3, mais dans les trois derniers quarts d'heure, les Liégeois ont donné une vraie leçon de football aux Anderlechtois, avec un Moreira extraordinaire.
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Georges Heylens : Pour moi, ce n'est même pas une affaire... Cette victoire du Standard est 100 fois méritée. A la mi-temps, le score aurait pu être de 2-3 ou de 3-3, mais dans les trois derniers quarts d'heure, les Liégeois ont donné une vraie leçon de football aux Anderlechtois, avec un Moreira extraordinaire. Je dis toujours que le banc d'Anderlecht est superbe. Encore faut-il l'utiliser... Y laisser Hannu Tihinen, Yves Vanderhaeghe et Pär Zetterberg alors qu'on sort d'une correction en Ligue des Champions, ça m'échappe complètement. Un coach peut ne pas apprécier certains joueurs, mais l'intérêt du club doit toujours primer. Besnik Hasi mérite-t-il sa place dans cette équipe ? Je me pose des questions. Une chose sautait aux yeux contre le Standard : il manquait des généraux dans le 11 anderlechtois. Zetterberg en est un : il sait dialoguer et être positif. Mais on ne lui a pas fait confiance. Pas plus que quelques jours plus tôt contre le Celtic. J'admire Baseggio, mais il a besoin d'hommes forts près de lui pour être un jour ce qu'il espère devenir ! Et tout le milieu de terrain d'Anderlecht a été dépassé par les événements. Le public a bien compris que cette victoire liégeoise n'était pas volée : il n'a même pas sifflé en fin de match. C'est peut-être cela, le plus grave. Ça sent la résignation, et ça, ce n'est pas Anderlecht. Olivier De-schacht a avoué, après le match, qu'il avait attendu impatiemment le coup de sifflet final : où va-t-on ? Où est l'esprit conquérant qui a toujours caractérisé ce club ? Je m'inquiète aussi quand je vois la passivité du staff technique. Que ce soit à Glasgow ou contre le Standard, je ne l'ai pas vu donner d'ordres. On accepte la défaite, purement et simplement. Il faut savoir fustiger ses joueurs dans la douleur, mais ce n'est pas le cas. Je n'ai jamais considéré qu'il était déjà joué. C'est maintenant que tout va se compliquer à Anderlecht parce que les mécontents vont montrer les dents. Et la direction va se manifester, faire remarquer au coach que des joueurs qu'elle a fait venir pendant l'été ne jouent pas et que c'est anormal. Je ne vois pas Bruges revenir dans le parcours, c'est clair. Pour ce qui est du Standard, j'espère qu'il ne va pas recommencer à transférer en décembre. Cette équipe vient quand même de démontrer qu'elle avait assez de répondant. Vous avez vu Bisconti, pour ne citer que lui ? A Anderlecht, il était le patron de l'entrejeu. Je retiens la belle victoire de La Louvière. La manière y était, le résultat aussi. Encore une fois : bravo Ariel Jacobs. On dit qu'il ne sourit jamais. Et alors ? Il n'a pas besoin de sourire pour conduire son équipe à de bonnes choses. Il savoure intérieurement et est assez intelligent pour savoir qu'une défaite peut succéder à une belle victoire. Cette courte défaite est intéressante... pour le moral. Quand j'analyse les forces des équipes du bas du classement, je me dis que Charleroi ne doit pas trop s'en faire. Je crains surtout pour Mons, par exemple. On dit que Sergio Brio a apporté de la rigueur défensive. Cette rigueur, je voudrais bien la voir... Il veut imposer une espèce de catenaccio : a-t-il pris le temps de comprendre qu'il n'avait pas les joueurs pour le faire ? En tout cas, je ne le vois plus faire ses révérences devant le public. J'apprécie tout ce qui rappelle l'Italie, mais il ne faut quand même pas exagérer. Il faut savoir rester humble. Notre ami Brio l'a oublié. Quand je le vois partir saluer les supporters, je me dis qu'il ne lui manque que l'épée et le chapeau pour jouer le parfait d'Artagnan. Pas trop de clowneries, SVP. Je n'aime pas ça. Et j'imagine mal Robert Waseige ou Aimé Anthuenis faire les mêmes excès (il rit). On n'est pas au théâtre, quand même ! Je ne suis pas étonné. Cet homme n'avait jamais été que numéro 2 ou numéro 3 dans ses clubs précédents. Ce n'est pas évident d'être subitement bombardé numéro 1. Quand on n'a plus personne pour conclure ses actions, on s'expose aux problèmes. Propos recueillis par Pierre Danvoye