Hormis une troisième place conjointe au classement avant leur affrontement, samedi dernier, à la chaussée du Lisp, un autre élément encore rapprochait le Lierse et Genk : le remodelage complet de leur division offensive par rapport à la défunte compétition. Chez les Jaune et Noir, l'entraîneur Emilio Ferrera doit composer depuis plusieurs semaines sans ses duettistes Stein Huysegems-Arouna Koné, partis tenter leur chance sous les cieux néerlandais. Au Racing, Sef Vergoossen a été confronté au même cas de figure suite aux passages de Wesley Sonck à l'Ajax et de Moumou Dagano à Guingamp. Sans parler du départ de Josip Skoko en Turquie.
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Hormis une troisième place conjointe au classement avant leur affrontement, samedi dernier, à la chaussée du Lisp, un autre élément encore rapprochait le Lierse et Genk : le remodelage complet de leur division offensive par rapport à la défunte compétition. Chez les Jaune et Noir, l'entraîneur Emilio Ferrera doit composer depuis plusieurs semaines sans ses duettistes Stein Huysegems-Arouna Koné, partis tenter leur chance sous les cieux néerlandais. Au Racing, Sef Vergoossen a été confronté au même cas de figure suite aux passages de Wesley Sonck à l'Ajax et de Moumou Dagano à Guingamp. Sans parler du départ de Josip Skoko en Turquie. Vu la position flatteuse occupée par les deux clubs au faîte de la hiérarchie, la transition ne s'est manifestement guère révélée trop abrupte pour eux. Tout le monde ne peut pas en dire autant parmi notre élite. A Lokeren, par exemple, le coach Paul Put cherche toujours la parade aux remplacements de Sambegou Bangoura et Papy Kimoto. Son alter ego montois, Marc Grosjean, éprouve bon nombre de difficultés, lui aussi, avec le lourd héritage de Cédric Roussel. Quant au Standard de Dominique D'Onofrio, il a déjà soufflé le chaud et le froid depuis qu'il est privé du concours d' Ole-Martin Aarst et de Michaël Goossens. Pourquoi certains mentors réussissent-ils là où d'autres ont bien du mal à solutionner leurs problèmes ? Nous avons demandé à Emilio Ferrera et Sef Vergoossen qu'ils soulèvent un coin du voile. " Il y a deux manières de pourvoir au remplacement d'un joueur ", remarque Emilio Ferrera. " Ou bien on privilégie l'acquisition d'un élément aux qualités semblables, ou bien on se tourne vers un profil différent, quitte à modifier l'animation de son système. Personnellement, c'est la voie que j'ai choisie. Dès le mois de janvier passé, j'avais insisté auprès de la direction en faveur de l'embrigadement d'un footballeur technique, capable de conférer un plus à l'équipe dans ce registre. Car quel était notre problème l'année passée ? La difficulté à déjouer l'organisation adverse quand nous étions appelés à faire le jeu. Quand nous laissions l'initiative à l'opposant et que nous pouvions procéder par contres, nos deux flèches, Stein Huysegems et Arouna Koné étaient chaque fois aisément mises sur orbite. Leur vitesse et leur habileté suffisaient le plus souvent à faire la différence dans ces circonstances. Mais dès que ces garçons étaient confrontés à des espaces plus réduits, la force de percussion de l'ensemble s'en ressentait. C'est pourquoi, si le Lierse voulait progresser, il fallait lui conférer une touche de créativité supplémentaire afin de bien négocier les vingt derniers mètres qui nous séparaient du but d'en face. Cet apport, le Lierse en bénéficie aujourd'hui grâce à la présence de Gilles De Bilde en ses rangs . Et dès que Bernard Tchoutang sera qualifié, la note artistique sera encore plus prononcée, c'est sûr. Au départ de la saison, le modus operandi était encore le même que la saison passée. Normal, dans la mesure où Stein Huysegems était toujours des nôtres à ce moment. Pour l'épauler, après le départ d'Arouna Koné, j'ai fait appel dans un premier temps à Geir Frigaard. Ensuite, après que le néo-international nous eut quittés à son tour, un autre revenant a eu sa chance : Archie Thompson, auteur de toutes bonnes prestations en Réserve. Avant d'affronter Genk, l'Australien avait été titularisé deux fois en pointe, avec Kristof Imschoot derrière lui. C'était un pas très important car c'est sur base de ce schéma-là que nous allons £uvrer au cours des semaines à venir ". " Pour moi, Gilles De Bilde a été le déclencheur du choix de ce nouveau concept ", poursuit le coach lierrois. " L'année passée, dans ce rôle d'électron libre, personne n'avait délivré autant de passes décisives que lui, en dépit d'un temps de jeu limité à Anderlecht. Aussi est-ce dans cette attribution que je compte l'utiliser chez nous. Mais son introduction, ou celle de Bernard Tchoutang, qui possède une même facilité dans le geste, ne peut se faire qu'au détriment d'un homme de pointe. Car avec deux joueurs axiaux devant, plus un élément en soutien, je déséquilibre l'entrejeu, qui repose sur quatre éléments, et j'expose à un plus grand danger la défense, qui constitue quand même l'un des points forts de l'équipe, même si elle a connu un jour sans contre le Racing. Par contre, avec un avant en léger décrochage, capable à la fois de servir à bon escient le target man et ceux qui sont appelés à appuyer la man£uvre, soit en venant de l'entrejeu, soit des flancs, le Lierse devrait logiquement être plus complet et incisif que l'année passée. Pour le moment, nous sommes déjà dans le bon par moments. Ce fut le cas face aux Limbourgeois durant plus d'une heure avant que nous ne perdions subitement le fil de notre football suite à la sortie de Marc Schaessens et aux changements opérés par l'adversaire. La manière et le résultat devraient être plus probants quand tout le monde sera au même niveau. Aussi bien Gilles De Bilde que Bernard Tchoutang avaient un retard conditionnel à leur arrivée chez nous. Et tant qu'un joueur n'est pas au point physiquement, les autres composantes de son jeu en subissent les conséquences. Une chose est sûre : suite à la nouvelle donne, le Lierse devrait théoriquement accroître sa production offensive. Rarement, par le passé, l'équipe a gagné par plus de deux buts d'écart sous mes ordres. Non pas parce qu'elle n'en avait pas l'intention mais tout bonnement parce qu'il manquait un élément apte à approvisionner correctement les hommes de pointe. Cette lacune est palliée à présent mais ce n'est pas une raison pour attendre une kermesse aux buts chaque semaine. En vérité, un entraîneur n'influe guère à ce niveau. S'il peut contribuer à mettre quelques schémas en place, la production offensive est avant tout question d'instinct. Bien malin qui peut dire à un joueur où il doit se positionner, dans les 16 mètres, pour être à la réception du ballon. Les attaquants, il faut les placer dans un bon état d'esprit, c'est tout. Le reste est affaire de feeling et de métier. En revanche, tous les mouvements individuels et collectifs peuvent être travaillés sur le plan défensif. C'est ce qui me pousse à dire que ma part de mérite sera toujours nulle que l'équipe réalise un carton ou non. Je ne serai jamais responsable au premier degré de sa contribution offensive. Mais si elle encaisse des buts, il faudra bien que je plaide coupable. Car mon travail au quotidien n'aura pas été suffisamment concluant dans ces conditions ". " Depuis pas mal d'années, je suis fidèle au même systèmede jeu : le 4-4-2 ", explique Sef Vergoossen. " Dès que je suis appelé à devoir changer l'un ou l'autre de ses rouages, je m'efforce toujours de trouver une copie pour ainsi dire conforme, afin de ne pas tout bouleverser d'une saison à l'autre. Très tôt, cette année, j'ai mesuré que les chemins du Racing Genk et de Wesley Sonck allaient se séparer. Aussi, dès le mois de janvier me suis-je mis en quête d'un élément apte à le suppléer. Plusieurs pistes ont été retenues à partir de ce moment. L'une d'entre elles recueillait tout particulièrement mon adhésion : Paul Kpaka. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'à l'image de Wesley Sonck, ce garçon a l'instinct du but et qu'il se révèle un poison pour son garde-chiourme en raison d'une mobilité de tous les instants. Sa grave blessure au genou, encourue en fin de saison, n'a jamais constitué un facteur dissuasif. Je savais que le Sierra Léonais serait disponible à l'automne et, jusque-là, je n'étais pas réfractaire du tout à l'idée d'associer à la pointe de l'attaque le jeune Kevin Vandenbergh à Moumou Dagano. Il y a quelques mois, lorsque Wesley Sonck avait traversé une moindre passe, je m'étais d'ailleurs prononcé en faveur de ce tandem. Non sans succès, au demeurant. Cette option est cependant devenue tout à fait caduque quand le Burkinabé a manifesté lui aussi l'envie de partir. Du coup, il me fallait une solution de rechange pour lui, car il ne présentait évidemment pas du tout le même profil que les trois autres. J'avoue avoir bénéficié alors d'un généreux coup de pouce du destin sous la forme du conflit qui opposait toujours Cédric Roussel à Wolverhampton. Le Montois, vu ses qualités intrinsèques, constituait la solution de rechange idéale au puncheur africain. Même si, à l'analyse, ils ne sont pas 100 % semblables non plus. Moumou aimait, par exemple, être lancé dans la ruelle alors que Cédric préfère être servi dans les pieds. Une même différence est d'ailleurs perceptible chez Paul Kpaka qui, par rapport à Wesley Sonck, décroche nettement moins dans le jeu. Mais grosso modo, j'ai quand même réussi à obtenir des clones de ceux qui ont fait le bonheur du Racing ces deux dernières années ". " En l'absence de Kpaka, qui sera pleinement opérationnel dès le mois prochain, la paire formée de Roussel et Vandenbergh coulait de source ", poursuit Sef Vergoossen. " Même si, au tout début de la saison, j'ai fait appel à un moment donné à MirsadBeslija et à un Espoir, Moustapha Kalkan, pour meubler le secteur offensif. Dès le deuxième journée, contre Charleroi, je me suis cependant prononcé en faveur de la paire Roussel-Vandenbergh sans plus y déroger. J'ai le sentiment aujourd'hui, après quelques semaines de travail, d'être revenu deux ans en arrière. A l'époque aussi, deux autres footballeurs û Mike Okoth et Alex Di Gregorio û avaient été lancés dans le grand bain à l'entame de la saison avant de devoir céder leur place à Sonck et Dagano. Je me souviens qu'après un match de piètre facture à l'Antwerp, à la mi-septembre, certains journalistes s'étaient posé des questions sur le bien-fondé d'une association entre ces deux hommes. A l'analyse, c'est vrai qu'on pouvait nourrir des doutes sur leur fonctionnement, en ce temps-là. Car tous deux se cherchaient manifestement, à l'instar de Roussel et de Vandenbergh lors de leurs premiers pas ensemble, cette saison. Toutefois, pour avoir vécu de près les deux cas, j'ai la nette impression que ce duo est plus avancé que son devancier au même stade de la saison. Wesley et Moumou avaient eu la chance de vivre leur préparation ensemble, puisqu'ils avaient entamé les entraînements simultanément le 26 juin. A présent, c'est différent puisque Cédric est arrivé chez nous au moment où ses nouveaux partenaires avaient déjà cinq semaines de préparation dans les jambes. Il n'y a qu'un bon mois, en définitive, que tout le monde travaille ensemble. Compte tenu des résultats enregistrés jusqu'ici, je ne suis pas mécontent du tout de la tournure des événements. Même si le meilleur est encore à venir. Il ne faut pas oublier que l'équipe a subi une profonde métamorphose par rapport à l'année passée : avec d'autres partants, comme Josip Skoko et Kevin Van Beuren, par exemple, ou avec des éléments qui ont changé de place sur le terrain, comme Soley Seyfo notamment. Tout cela requiert une adaptation ". " Chaque semaine qui passe, les automatismes sont rodés un peu plus aux avant-postes ", observe l'entraîneur du Racing. " A Mons, Roussel surgissait le plus souvent au deuxième poteau. Ici, nous veillons à varier le concept, de manière à ce que le jeu ne soit pas trop prévisible. Le Hennuyer a eu quelques problèmes, au départ, avec cette nouvelle donne. Chaque fois qu'il se précipitait au premier piquet, il était en avance sur le ballon et permettait de la sorte à son défenseur de faire écran. A présent, en matière de timing, il est déjà plus performant. Par rapport à Moumou, il est meilleur dans le trafic aérien, déjà. Ce qu'il nous reste à travailler, c'est la finition aux pieds. Dans ce domaine, il ne rivalise pas encore avec le Burkinabé. Mais ce n'est qu'une question de temps. Dans un mois, il mesurera beaucoup mieux les circuits utilisés par ses partenaires. Et à ce moment-là, je ne doute pas que son sens du but sera aussi pointu des deux pieds que de la tête ". " L'année passée, nous avions des difficultés dans les 20 derniers mètres " (Emilio Ferrera) " Surgir au bon moment au premier piquet, c'était le problème de Roussel à son arrivée " (Sef Vergoossen)