COACH Tite (BRA)

Qu'avez-vous changé depuis que vous avez succédé à Dunga en 2016 ?
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Qu'avez-vous changé depuis que vous avez succédé à Dunga en 2016 ? TITE : Je respecte énormément le travail de Dunga. Il a commencé à procéder en 4-1-4-1, il a donné une place au médian Renato Augusto malgré son départ en Chine et a fait débuter Alisson Becker (AS Rome) dans le but. J'ai modifié certaines positions mais personne n'a le droit de gommer le travail de mon prédécesseur. Il a certainement sa place dans l'histoire, comme Luiz Felipe Scolari. À quel point l'équipe dépend-elle de Neymar ? TITE : Un joueur qui émarge à l'élite mondiale rend son équipe plus forte et c'est le cas de Neymar. Il faut rester réaliste, ce qui n'est pas toujours le cas. Nous devons surtout attendre beaucoup de l'équipe, des joueurs et du staff, sans nous fixer sur un seul footballeur. Je ne pense pas qu'une équipe puisse dépendre d'une seule personne. Notre force doit résider dans la sélection, composée de joueurs au niveau assez similaire. Dans quelle mesure la vitesse de Gabriel Jesus influence-t-elle votre style de jeu ? TITE : Quand j'entraînais les Corinthians, nous avons été battus par Palmeiras, où Gabriel atteignait un niveau incroyable. Il joue vite et verticalement, il combine bien, est très compétitif et il place toujours l'intérêt de l'équipe au premier plan. C'est un footballeur impressionnant qui donne le meilleur de lui-même en toutes circonstances, y compris à l'entraînement. Un point négatif : les arrières latéraux laissent beaucoup d'espaces dans leur dos. Comment allez-vous résoudre ce problème ? TITE : Collectivement. Quand quelqu'un perd le ballon, les autres doivent venir à sa rescousse. Même Neymar, Coutinho et Gabriel ont des tâches défensives. Notre deuxième but en qualifications contre la Colombie en est un bel exemple : regardez-le et vous verrez que l'attaque a été lancée grâce à une récupération de Neymar. L'Angleterre et la Russie vous ont opposé cinq défenseurs. Vous êtes suffisamment armés pour démanteler ce genre de forteresses ? TITE : C'étaient de bons tests en prévision du Mondial. Nous avons joué contre l'Autriche, qui a aligné cinq arrières, avec l'intention d'analyser cette composition car je suppose que beaucoup d'équipes y auront recours contre nous. L'humiliation 7-1 que vous a infligée l'Allemagne au précédent Mondial est-elle toujours dans vos têtes ? TITE : Ce 7-1 restera à tout jamais dans notre histoire. Nous devons faire avec. Le Brésil figure à nouveau parmi les favoris. C'est une motivation ou un piège ? TITE : Il y a plusieurs favoris : nous, l'Espagne, la France, l'Allemagne, l'Argentine, la Belgique. Peu importe que ce soit motivant ou dangereux. Nous sommes suffisamment forts mentalement pour gérer la situation. Vainqueur du Mondial 1970 et surnommé le Pelé blanc. Il est désormais analyste " Le Brésil est un mélange de talent individuel et collectif et a l'esprit d'équipe. Il est un des favoris. Alisson n'a pas le prestige de certains autres gardiens mais il se distingue à l'AS Rome et est bon en équipe nationale aussi. Nous avons trois excellents défenseurs centraux pour deux places et Marcelo est un des arrières latéraux les plus créatifs du monde. L'entrejeu est fort, même s'il faudrait un homme capable de passer en profondeur à Neymar aux côtés de Casemiro ou Fernandinho. Neymar va prendre beaucoup de coups et devra conserver son calme. Nous avons aussi Coutinho. Gabriel Jesus est un bon finisseur, capable de marquer de la tête et des deux pieds. Pour devenir un vrai grand avant, il doit améliorer son dribble et son démarquage dans les espaces restreints, des qualités que possède Firmino. Um time moderno, organizado, compacto, c'est ainsi que je vois l'équipe nationale, qui défend et attaque en bloc et est avide de retrouver le prestige méchamment écorné par sa défaite 7-1 contre l'Allemagne il y a quatre ans. J'apprécie beaucoup Tite, qui a bien saisi l'essence du football des années '60. Romantique, séduisant, il crée du rêve sans oublier que nous sommes en 2018. " Gabriel JesusSa mère l'appelle baby car il est son petit dernier. Le petit Neymar ou plutôt le petit Ronaldo, car c'est en regardant le Mondial 2002, à l'âge de cinq ans, qu'il s'est trouvé une vocation d'attaquant. Il a grandi au nord de Sao Paulo, dans la rue plus qu'à la maison, car le père a abandonné sa famille quand il était tout petit. Cette rude existence a affûté sa vitesse et sa technique. À quinze ans, il avait déjà un manager, qui lui a arrangé un test à Palmeiras. Il l'a réussi. À seize ans, il a rejoint l'équipe première et quand son manager a estimé qu'il bénéficiait de trop peu de temps de jeu, il a fait circuler une pétition parmi les supporters. Avec succès aussi. Il a effectué ses véritables débuts à Palmeiras en 2015 et un an plus tard, Manchester City le contactait. Il a émigré en Angleterre en janvier 2017. Il y porte le numéro 33 à cause de son nom de famille, dit-on. Neymar - qui d'autre - a été la vedette des qualifications. Il a inscrit six buts et délivré neuf assists. Il a effectué 18 dribbles par match et en a réussi les deux tiers. Paulinho, auteur de six buts, est un autre joueur déterminant de l'équipe. Voici peut-être des chiffres intéressants pour les adversaires du Brésil : les statisticiens ont remarqué, pendant les qualifications, que de tous les pays de son continent, c'était le Brésil qui perdait le plus de ballons dans son camp. En moyenne 17 par match. Dani Alves, blessé, est le grand absent de la sélection, alors qu'il a été un pilier de la défense ces deux dernières années. C'est aussi le nombre moyen de duels aériens que gagne le Brésil par match. C'est moins de la moitié (47%) des duels. Donc, il est également prenable sur les hauts ballons.