Mon espagnol

Brendan Hines-Ike (23) : " J'ai grandi à Littleton, à 25 minutes de Denver, en compagnie de mes parents, de mon frère aîné et de ma soeur cadette. Dans mon cercle d'amis, j'étais le seul blanc, le seul guerro comme mes amis mexicains m'appelaient. Je me sentais comme chez moi avec eux. Enfant, je parlais même couramment espagnol. Ces Mexicains étaient des immigrants illégaux. Il y en a beaucoup au Colorado et sur la côte ouest des USA. Pour avoir la même chose que les Américains, ils devaient travailler beaucoup plus dur. J'ai vu des gamins de dix ans aller bosser après l'école pour aider leurs parents. Les miens aimaient bien que je fréquente ces enfants, histoire de voir combien la vie pouvait être dure. "

© Getty Images/iStockphoto

Mon conseil touristique

" Littleton est au pied des Montagnes Rocheuses. Nous habitions tout près du Red Rocks Amphitheatre, une scène à ciel ouvert entre les roches rouges. Le public s'installe sur une colline. Chaque groupe rêve d'y donner un concert, tant le décor est beau et l'acoustique est celle d'un studio. Coldplay y a déjà joué. "

Mon voyage

" A quinze ans, j'ai quitté le Colorado pour aller étudier et jouer au football à l'IMG Academy en Floride, à 25 heures de route de Littleton. On m'y avait offert une bourse d'une valeur de cinquante à soixante mille euros. Mon père m'a accompagné. Pendant un an, nous avons vécu ensemble mais je suis tombé avec des gosses de riches, des gamins de 16 ans qui roulaient en Ferrari, ce n'était pas mon monde.

À 16 ans, j'ai traversé tous les États-Unis pour m'établir sur la côte ouest et jouer à Chivas USA, le club de mon frère. Mon père est alors retourné habiter avec ma soeur et ma mère est venue vivre avec mon frère et moi à Los Angeles. A Chivas, j'étais bien dans ma peau. J'y ai terminé mes études secondaires mais je n'ai pas signé de contrat pro car Chivas était au bord de la faillite.

Je suis alors parti à Creighton Bluejays à Omaha, dans le Nebraska, au centre du pays. J'y ai fréquenté l'université pendant trois ans tout en jouant au football. Jusqu'au moment où j'ai à tout prix voulu faire des stages de foot en Europe. Je voyais qu'aux Etats-Unis, la carrière de mes amis en MLS s'engluait et je voulais explorer une autre voie. Mon entraîneur n'était pas favorable à ces stages, alors j'ai fait ma dernière année d'université en Floride et j'ai joué à South Florida tout en continuant à m'entraîner en Norvège, au Danemark et en Suède. Là, un déclic s'est produit et j'ai signé un contrat à Örebro, où Courtrai est venu me chercher. "

Notre héros

" Si vous me demandez qui est le meilleur joueur américain de tous les temps, je cherche parmi ceux qui ont choisi la voie la plus difficile : tenter de s'imposer en Europe. Et je ne suis pas sûr de trouver quelqu'un. "

Notre président

" Aux États-Unis, il y a des gens très intelligents mais aussi de vrais imbéciles. Donald Trump a trouvé le moyen de se faire valoir auprès des Américains qui ne savent pas trop que penser ou pour qui voter. Il a réussi à leur donner le sentiment d'être importants. Mais de nombreuses personnes qui l'ont élu disent aujourd'hui qu'ils le regrettent. Son pourcentage d'électeurs a fortement chuté. L'élection de Trump a été terrible mais ses conséquences ont rassemblé les Américains. Les médias en parlent peu mais, selon moi, ce groupe est plus important que la meute des gens qui sont pour ou contre Trump et qui continuent à s'affronter. "

Ce qu'il trouve bizarre en Europe

" Tout est si petit en Europe. Il n'y a que trois bandes sur l'autoroute alors qu'à Los Angeles, il y en a huit. C'est d'ailleurs là que j'ai appris à conduire. Le trafic y est chaotique. Les gens passent chaque jour de nombreuses heures dans la voiture. A Los Angeles, les gens investissent plus dans leur voiture que dans leur maison car ils y passent plus de temps. "

Ses racines

États-Unis

- Les migrants illégaux du Mexique travaillent dur

- Coldplay a joué entre les roches

- Les électeurs de Trump se demandent ce qu'ils ont fait

- Les autoroutes comptent huit bandes

Brendan Hines-Ike (23) : " J'ai grandi à Littleton, à 25 minutes de Denver, en compagnie de mes parents, de mon frère aîné et de ma soeur cadette. Dans mon cercle d'amis, j'étais le seul blanc, le seul guerro comme mes amis mexicains m'appelaient. Je me sentais comme chez moi avec eux. Enfant, je parlais même couramment espagnol. Ces Mexicains étaient des immigrants illégaux. Il y en a beaucoup au Colorado et sur la côte ouest des USA. Pour avoir la même chose que les Américains, ils devaient travailler beaucoup plus dur. J'ai vu des gamins de dix ans aller bosser après l'école pour aider leurs parents. Les miens aimaient bien que je fréquente ces enfants, histoire de voir combien la vie pouvait être dure. " " Littleton est au pied des Montagnes Rocheuses. Nous habitions tout près du Red Rocks Amphitheatre, une scène à ciel ouvert entre les roches rouges. Le public s'installe sur une colline. Chaque groupe rêve d'y donner un concert, tant le décor est beau et l'acoustique est celle d'un studio. Coldplay y a déjà joué. " " A quinze ans, j'ai quitté le Colorado pour aller étudier et jouer au football à l'IMG Academy en Floride, à 25 heures de route de Littleton. On m'y avait offert une bourse d'une valeur de cinquante à soixante mille euros. Mon père m'a accompagné. Pendant un an, nous avons vécu ensemble mais je suis tombé avec des gosses de riches, des gamins de 16 ans qui roulaient en Ferrari, ce n'était pas mon monde. À 16 ans, j'ai traversé tous les États-Unis pour m'établir sur la côte ouest et jouer à Chivas USA, le club de mon frère. Mon père est alors retourné habiter avec ma soeur et ma mère est venue vivre avec mon frère et moi à Los Angeles. A Chivas, j'étais bien dans ma peau. J'y ai terminé mes études secondaires mais je n'ai pas signé de contrat pro car Chivas était au bord de la faillite. Je suis alors parti à Creighton Bluejays à Omaha, dans le Nebraska, au centre du pays. J'y ai fréquenté l'université pendant trois ans tout en jouant au football. Jusqu'au moment où j'ai à tout prix voulu faire des stages de foot en Europe. Je voyais qu'aux Etats-Unis, la carrière de mes amis en MLS s'engluait et je voulais explorer une autre voie. Mon entraîneur n'était pas favorable à ces stages, alors j'ai fait ma dernière année d'université en Floride et j'ai joué à South Florida tout en continuant à m'entraîner en Norvège, au Danemark et en Suède. Là, un déclic s'est produit et j'ai signé un contrat à Örebro, où Courtrai est venu me chercher. " " Si vous me demandez qui est le meilleur joueur américain de tous les temps, je cherche parmi ceux qui ont choisi la voie la plus difficile : tenter de s'imposer en Europe. Et je ne suis pas sûr de trouver quelqu'un. " " Aux États-Unis, il y a des gens très intelligents mais aussi de vrais imbéciles. Donald Trump a trouvé le moyen de se faire valoir auprès des Américains qui ne savent pas trop que penser ou pour qui voter. Il a réussi à leur donner le sentiment d'être importants. Mais de nombreuses personnes qui l'ont élu disent aujourd'hui qu'ils le regrettent. Son pourcentage d'électeurs a fortement chuté. L'élection de Trump a été terrible mais ses conséquences ont rassemblé les Américains. Les médias en parlent peu mais, selon moi, ce groupe est plus important que la meute des gens qui sont pour ou contre Trump et qui continuent à s'affronter. " " Tout est si petit en Europe. Il n'y a que trois bandes sur l'autoroute alors qu'à Los Angeles, il y en a huit. C'est d'ailleurs là que j'ai appris à conduire. Le trafic y est chaotique. Les gens passent chaque jour de nombreuses heures dans la voiture. A Los Angeles, les gens investissent plus dans leur voiture que dans leur maison car ils y passent plus de temps. "