A la fin des années 70, le pistier australien Gary Wiggins et sa femme Linda - qu'il a connue à Londres, ont emménagé à Gand, qui était alors la Mecque du cyclisme sur piste. En 1980, leur fils Bradley est né de cet amour bref. Gary, alcoolique, batailleur et coureur de jupons, a quitté femme et enfant pour une autre en 1982. Il a complètement perdu pied tandis que Linda retournait en Angleterre avec son gamin.
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A la fin des années 70, le pistier australien Gary Wiggins et sa femme Linda - qu'il a connue à Londres, ont emménagé à Gand, qui était alors la Mecque du cyclisme sur piste. En 1980, leur fils Bradley est né de cet amour bref. Gary, alcoolique, batailleur et coureur de jupons, a quitté femme et enfant pour une autre en 1982. Il a complètement perdu pied tandis que Linda retournait en Angleterre avec son gamin. En 1986, Bradley voit à la télévision son père aux Six-Jours de Gand. Il affirme que c'est son premier souvenir cycliste. Il n'a de ses nouvelles qu'en 1997, par téléphone, d'Australie. Gary affirme avoir changé et veut rétablir le contact. Deux ans plus tard, père et fils se retrouvent pour la première fois depuis 1982, à Gand. Bradley, alors champion du monde junior en poursuite, court ses premiers Six-Jours. Les retrouvailles se passent mal : Gary s'installe dans le stade avec un casier de bière, entraîne son rejeton dans les bistrots. Les Six-Jours ne se passent pas bien non plus : Bradley, âgé de 19 ans et associé à Robert Hayles, est dernier à 35 tours des vainqueurs, McGrory-Madsen. Trois ans plus tard, en 2002, Wiggins revient à Gand, plus costaud. Il court avec Matthew Gilmore et loupe de trois points la victoire, remportée par le duo suisse Risi-Betschart. L'année suivante, Gilmore et Wiggins, qui a été sacré champion du monde de poursuite en pros, prennent leur revanche. Ils s'imposent devant les Néerlandais Stam-Slippens. C'est le premier succès de Wiggins dans un Six-Jours et toujours le seul, treize ans après. Après 2003, il se concentre sur la poursuite et sur la route. Il ne revient à Gand qu'en 2007, aux côtés du nouveau talent du sprint, Mark Cavendish, qui a gagné le GP de l'Escaut quelques mois plus tôt. Les Six-Jours ne sont qu'un échauffement avant les manches de Coupe du Monde de Sydney et de Pékin, où ils espèrent se qualifier pour la course par équipes des Jeux olympiques 2008. De fait, de retour de Thaïlande, où il a passé ses vacances, Cavendish accuse six kilos de trop et a déjà dix tours dans la vue après la première nuit, bien que Wiggins soit en forme. Cavendish se ressaisit quelque peu et le duo limite les dégâts. Le week-end, il gagne même en derny. Les Britanniques sont finalement dixièmes, à 39 tours des lauréats, Keisse-Bartko. " Je n'ai rien à dire sur Wiggins. Il a rempli son contrat. Pas Cavendish ", grommelle Patrick Sercu, l'organisateur. Neuf ans plus tard, le duo est de retour à Gand. Même s'il a encore quelques doutes, Wiggins achève sa carrière là où sa vie a commencé. Peut-être avec une issue plus favorable que durant ses premières années de vie et de course. JONAS CRETEUR