Venu à Liège sans faire de bruit, le Limbourgeois Karel Geraerts s'est installé petit à petit dans la ligne médiane du Standard. Durant des semaines, les accents de l'actualité eurent d'autres noms liés aux départs et aux arrivées.

Cette tête blonde de 22 ans céda la priorité médiatique aux Emile Mpenza, Roberto Bisconti, Eric Deflandre, Vedran Runje, Ogushi Onyewu, Philippe Léonard, Juan Ramon Curbelo, Sergio Conceiçao, Wamberto, etc. Cela ne l'empêcha pas de bien travailler afin d'être prêt quand le coach fit appel à lui. Ce fut d'abord quelques minutes de jeu puis une mi-temps, enfin tout un match et les joies de la défense de son blason en Coupe d'Europe. Et, que ce soit dans l'axe ou sur la droite de la ligne médiane, le Limbourgeois posa patiemment ses jalons.

Il le fit en jouant juste et simplement, aidant Juan Curbelo, couvrant Eric Defandre, mettant parfois le nez le nez à la fenêtre comme ce fut le cas face à Westerlo quand il fabriqua un assist et força un penalty. Si la défense du Standard a trouvé sa voie, la ligne médiane n'a pas encore atteint la même qualité.

Il est vrai qu'elle a eu à déplorer les blessures de Wamberto (fracture du péroné) et de Sergio Conceiçao (ablation d'une partie du ménisque externe) sans oublier les pépins physiques et le coup de blues de Jonathan Walasiak. Mais ce secteur est en progrès et l'infatigable Geraerts n'y est pas pour rien.

Quels souvenirs garderez-vous du voyage européen à Bucarest ?

Karel Geraerts : J'ai été étonné par l'ambiance qui régnait dans la capitale roumaine. Toute la ville vibrait pour cet événement. La veille du match, notre autobus mit près d'une heure afin de se rendre au stade où nous devions nous entraîner. Il y avait une circulation folle. Le lendemain, ce fut la même chose et le chauffeur dut carrément rouler à contresens en étant précédé par un véhicule de la police. L'ambiance était très chaude dans le stade. Plus fiévreuse qu'à Bochum. En Allemagne, comme dans les autres grands pays européens, les affiches se succèdent. Bochum joue quasiment un match de Ligue des Champions en... Bundesliga à chaque fois. Le public sait qu'il vivra d'autres beaux moments, même après une défaite. Ce n'est pas le cas à Bucarest : le Steaua devait gagner pour plaire à ses supporters. Nous avons bien géré cette pression. Malgré notre exploit de Bochum, le Standard était, quelque part, considéré par tous comme le petit de ce groupe. Dominique D'Onofrio nous a demandé de penser à Bochum, d'être solidaires et engagés comme nous l'avons été en Allemagne. Et ce fut le cas. Le Steaua n'a jamais été à l'aise face à notre organisation.

Nous aurions pu revenir à la maison avec un nul ou carrément les trois points. Le but marqué contre notre camp par Ivica Dragutinovic compliqua la donne, certes, car le stade explosa mais nous aurions aussi pu battre le gardien roumain avant cette phase. Le Standard a manqué de conviction et de détermination dans le dernier geste. Par rapport au match à Bochum, je retiens aussi l'absence de Conceiçao. En Allemagne, le Portugais avait tout de suite montré ce dont il était capable : facilité technique, rage et bon placement. Chaque fois qu'il avait la balle, toute la défense de Bochum reculait, avait peur. Conceiçao nous a manqué en Roumanie. Avec lui, le Standard aurait eu dans son jeu, et à la finition, ce petit plus qui fait la différence. Cette défaite n'a cependant rien hypothéqué que ce soit pour la qualification ou notre progression collective.

" Quasi deux ans de banc européen à Bruges... "

Aviez-vous déjà joué en Coupe d'Europe avec Bruges ?

Durant deux ans, j'ai pris place sur le banc de Bruges lors de ses campagnes en Ligue des Champions. Je ne suis jamais monté au jeu. Par contre, j'ai joué une demi-heure en Coupe de l'UEFA face à Stuttgart. Cette fois, c'est totalement différent. Bochum et Bucarest ont eu un goût très différent. A Bruges, je ne comptais pas alors que j'ai pu apprécier, au Standard, la confiance du coach et de mes équipiers. J'ai bien fait de ne pas retourner à Bruges après avoir passé six mois à Lokeren. Ce passage à Daknam m'a fait du bien. Ce fut un moment décisif dans ma carrière. J'y ai retrouvé de l'ambition, la joie de jouer, la certitude que le travail paye. A Bruges, je n'avais pas tous ces points de repère. Mon horizon y était bouché car je n'existais quasiment pas aux yeux de Trond Sollied. A Lokeren, ce ne fut pourtant pas facile. Le club était engagé dans la lutte pour sa survie en D1. C'était stressant mais intéressant. Je jouis généralement en tant que deuxième demi défensif, près de Runar Kristinsson. Mais il m'est arrivé aussi de glisser un peu plus sur l'aile ou de jouer au back droit. Dans le bas du classement, le réalisme est important. Mais Franky Vander Elst ne bridait pas ses hommes. Il faut être malin et ne pas rêver du 2-0 quand on mène en fin de match. Au Standard, je peux, en quelque sorte, continuer sur ma lancée.

N'avez-vous pas eu peur de la concurrence ?

Je ne le crains pas, je la respecte. A partir du moment où tout le monde a sa chance, la concurrence est source de progrès. Roberto Bisconti était encore Standardman quand je suis arrivé. Almani Moreira aussi. Juan Ramon Curbelo débarqua plus tard. Jonathan Walasiak, Miljenko Mumlek, Gonzague Vandooren, Conceiçao ou Wamberto jouent aussi dans ce secteur. Je ne me suis pas du tout inquiété de ces présences. C'est au coach de trancher et à moi d'être prêt. J'ai travaillé en sachant que mon tour viendrait. J'ai la chance de m'adapter facilement aux circonstances. Le Standard joue le plus souvent en 4-4-2. J'aide alors Juan Ramon à la récupération dans l'axe. C'est la place que je ne préfère mais je revendique rien. Je n'ai qu'une ambition : jouer. Un peu plus à droite, je me sens tout aussi à l'aise. Il y a plusieurs formules, j'ai joué avec Jonathan Walasiak ou Conceiçao à droite. Et toujours avec beaucoup de joie. C'est bien d'avoir des tas de solutions.

" Conceiçao m'incite sans cesse à être présent dans les duels "

Pourquoi la ligne médiane ne tourne- t-elle pas encore aussi bien que la défense ?

Ce n'est qu'une affaire de temps. Je suis persuadé que Juan Ramon Curbelo peut être considéré comme un meneur de jeu. L'Argentin n'est certainement pas qu'un pare-chocs. La saison passée, il était plus en contact avec l'attaque. Ce sera aussi le cas quand tout sera au point. Juan Ramon sait surgir de la deuxième ligne et marquer des buts. Nous marquerons plus facilement quand Wamberto et Conceiçao tourneront à nouveau à plein régime. L'essentiel était d'obtenir un bloc. J'ai bénéficié des conseils de tous. Ainsi, Conceiçao m'incite sans cesse à être présent dans les duels, de ne rien lâcher à la récupération. Nous parlons français ensemble. C'est un leader mais il y en a d'autres dans le groupe.

Mais ils jouent tous en défense : Runje, Deflandre, Drago, Léonard. Comme si une année tout était OK à l'attaque mais pas en défense et l'année suivante le contraire. Toute l'expérience n'est-elle pas massée en défense alors que le métier est quasiment absent à la pointe de l'attaque ?

Il est évident que la défense a trouvé ses marques. Elle a tout : taille, présence, talent, réalisme, expérience. C'est en tenant plusieurs fois le zéro au marquoir que le Standard a entamé sa remontée au classement général. Mais la ligne médiane participe aussi au travail du bloc défensif. Tout se tient. Quand Eric Deflandre et Philippe Léonard s'évadent sur les ailes, les médians compensent, contrôlent les secteurs désertés. L'expérience est importante mais elle n'explique pas tout. La vie d'une équipe passe aussi par l'envie, l'ambition et le travail. Je trouve cela dans tous les secteurs. Si on ne jure que par le vécu, on ne lance jamais de jeunes. Ceux-ci peuvent commettre des erreurs mais cela arrive à tout le monde, jeunes ou expérimentés. Y croire, c'est primordial. Tout passe par là. A Bruges, la situation ne me permettait pas d'y croire : mes ambitions ne pouvaient que s'étioler là-bas.

J'en reviens à l'attaque : c'est léger et on ne peut pas s'imposer qu'avec des qualités défensives...

A Bucarest, nous avons tout fait pour gagner puis pour égaliser. Cela a tenu à presque rien, à un peu de chance ou de conviction. Bochum a finalement plié devant nos désirs offensifs. N'est-ce pas une référence ? Et le Steaua a tremblé. Notre capital offensif sera très vite en boni avec Conceiçao et Wamberto.

" Trond Sollied nous laissait beaucoup dans l'expectative "

Le Standard reçoit Bruges vendredi : aurez-vous personnellement le couteau entre les dents ?

Je jouerai pour la gagne, pour le groupe, pas pour prendre une revanche par rapport à Sollied. J'étais certain de pouvoir réussir à Bruges. Mais on ne m'a pas permis de le faire. J'en ai tiré mes conclusions et mon avenir passe par le Standard. Ici, je compte alors que ce n'était pas le cas à Bruges. Sollied et D'Onofrio sont des coaches totalement différents l'un de l'autre. Le Norvégien ne jure que par son 4-3-3. C'est sacré. A la longue, cette option a montré ses limites sur la scène européenne. En Belgique, les adversaires de Bruges ne trouvent pas facilement la parade. Mais Bruges a vécu des moments difficiles à Lyon, à Shakhtar Donetsk, à Dnipropetrovsk. A nous d'y trouver la clef de notre prochain match. Sollied n'est pas un bavard mais il voit tout.

A Liège, l'ambiance est plus chaleureuse, plus latine, plus expressive. Je m'y sens bien. Quand D'Onofrio a quelque chose sur le c£ur, il ne faut pas le deviner, cela se voit, cela s'entend et il le dit. Il partage beaucoup plus la vie et les émotions de son groupe. Je préfère car, à Bruges, je me suis souvent demandé si j'étais dans le bon ou pas. Cette incertitude mine. Les jeunes préfèrent savoir à quoi s'en tenir à propos de leur football. Sollied nous laissait dans l'expectative. Tactiquement, D'Onofrio varie plus ses coups. C'est un constat, pas une critique : tout le monde a le droit de jouer comme il l'entend et de ne quasiment jamais rien changer comme le Norvégien.

Pour nous, ce sera un test important. Le Standard a amorcé son retour vers le haut du tableau. Il serait intéressant de le confirmer face à Bruges. Ce ne sera pas facile car quand la machine brugeoise se met à tourner, elle est redoutable avec son jeu aérien, sa vitesse, sa présence sur les ailes, ses triangles et Bosko Balaban. Cette formation est quasiment la même depuis trois ans. Elle n'a pas de soucis d'automatismes. A nous d'être intelligents, unis, forts dans nos têtes. Nous avons assez d'arguments. Une fois de plus, je citerai notre aventure à Bochum.

Après le 0-0 du match aller, personne n'aurait osé miser gros sur nos chances de qualification pour les poules de la Coupe de l'UEFA. Or, le groupe y est parvenu. Il faudra que l'équipe soit animée par cette mentalité face à Bruges. C'est, je crois, la vraie mentalité Standard. Nous abordons une période cruciale.

Après Bruges, le prochain visiteur à Sclessin ne sera autre qu'Anderlecht...

Tout à fait mais il ne faudrait surtout pas oublier le déplacement à Mons avant de recevoir Anderlecht. Mons lutte dans le bas du classement et il n'est jamais facile de s'imposer dans de telles conditions. En un mois, nous aurons beaucoup de rendez-vous importants : Bruges, Mons, Anderlecht. Le 25 novembre, nous recevrons Parme en Coupe de l'UEFA. C'est emballant...

Autrement emballant en tout cas que le banc brugeois...

Oui, mon choix a été le bon. Ma vie est plus simple aussi. A 15 ans, j'ai dû me fixer loin de chez moi. Pas évident. Maintenant, en une bonne demi-heure, je suis chez moi, à Maasmechelen. Je me sens bien.

Pierre Bilic

" Quand Dominique D'Onofrio a quelque chose sur le c£ur, IL NE FAUT PAS LE DEVINER """ ICI, JE COMPTE alors que ce n'était pas le cas à Bruges "

Venu à Liège sans faire de bruit, le Limbourgeois Karel Geraerts s'est installé petit à petit dans la ligne médiane du Standard. Durant des semaines, les accents de l'actualité eurent d'autres noms liés aux départs et aux arrivées. Cette tête blonde de 22 ans céda la priorité médiatique aux Emile Mpenza, Roberto Bisconti, Eric Deflandre, Vedran Runje, Ogushi Onyewu, Philippe Léonard, Juan Ramon Curbelo, Sergio Conceiçao, Wamberto, etc. Cela ne l'empêcha pas de bien travailler afin d'être prêt quand le coach fit appel à lui. Ce fut d'abord quelques minutes de jeu puis une mi-temps, enfin tout un match et les joies de la défense de son blason en Coupe d'Europe. Et, que ce soit dans l'axe ou sur la droite de la ligne médiane, le Limbourgeois posa patiemment ses jalons. Il le fit en jouant juste et simplement, aidant Juan Curbelo, couvrant Eric Defandre, mettant parfois le nez le nez à la fenêtre comme ce fut le cas face à Westerlo quand il fabriqua un assist et força un penalty. Si la défense du Standard a trouvé sa voie, la ligne médiane n'a pas encore atteint la même qualité. Il est vrai qu'elle a eu à déplorer les blessures de Wamberto (fracture du péroné) et de Sergio Conceiçao (ablation d'une partie du ménisque externe) sans oublier les pépins physiques et le coup de blues de Jonathan Walasiak. Mais ce secteur est en progrès et l'infatigable Geraerts n'y est pas pour rien. Karel Geraerts : J'ai été étonné par l'ambiance qui régnait dans la capitale roumaine. Toute la ville vibrait pour cet événement. La veille du match, notre autobus mit près d'une heure afin de se rendre au stade où nous devions nous entraîner. Il y avait une circulation folle. Le lendemain, ce fut la même chose et le chauffeur dut carrément rouler à contresens en étant précédé par un véhicule de la police. L'ambiance était très chaude dans le stade. Plus fiévreuse qu'à Bochum. En Allemagne, comme dans les autres grands pays européens, les affiches se succèdent. Bochum joue quasiment un match de Ligue des Champions en... Bundesliga à chaque fois. Le public sait qu'il vivra d'autres beaux moments, même après une défaite. Ce n'est pas le cas à Bucarest : le Steaua devait gagner pour plaire à ses supporters. Nous avons bien géré cette pression. Malgré notre exploit de Bochum, le Standard était, quelque part, considéré par tous comme le petit de ce groupe. Dominique D'Onofrio nous a demandé de penser à Bochum, d'être solidaires et engagés comme nous l'avons été en Allemagne. Et ce fut le cas. Le Steaua n'a jamais été à l'aise face à notre organisation. Nous aurions pu revenir à la maison avec un nul ou carrément les trois points. Le but marqué contre notre camp par Ivica Dragutinovic compliqua la donne, certes, car le stade explosa mais nous aurions aussi pu battre le gardien roumain avant cette phase. Le Standard a manqué de conviction et de détermination dans le dernier geste. Par rapport au match à Bochum, je retiens aussi l'absence de Conceiçao. En Allemagne, le Portugais avait tout de suite montré ce dont il était capable : facilité technique, rage et bon placement. Chaque fois qu'il avait la balle, toute la défense de Bochum reculait, avait peur. Conceiçao nous a manqué en Roumanie. Avec lui, le Standard aurait eu dans son jeu, et à la finition, ce petit plus qui fait la différence. Cette défaite n'a cependant rien hypothéqué que ce soit pour la qualification ou notre progression collective. Durant deux ans, j'ai pris place sur le banc de Bruges lors de ses campagnes en Ligue des Champions. Je ne suis jamais monté au jeu. Par contre, j'ai joué une demi-heure en Coupe de l'UEFA face à Stuttgart. Cette fois, c'est totalement différent. Bochum et Bucarest ont eu un goût très différent. A Bruges, je ne comptais pas alors que j'ai pu apprécier, au Standard, la confiance du coach et de mes équipiers. J'ai bien fait de ne pas retourner à Bruges après avoir passé six mois à Lokeren. Ce passage à Daknam m'a fait du bien. Ce fut un moment décisif dans ma carrière. J'y ai retrouvé de l'ambition, la joie de jouer, la certitude que le travail paye. A Bruges, je n'avais pas tous ces points de repère. Mon horizon y était bouché car je n'existais quasiment pas aux yeux de Trond Sollied. A Lokeren, ce ne fut pourtant pas facile. Le club était engagé dans la lutte pour sa survie en D1. C'était stressant mais intéressant. Je jouis généralement en tant que deuxième demi défensif, près de Runar Kristinsson. Mais il m'est arrivé aussi de glisser un peu plus sur l'aile ou de jouer au back droit. Dans le bas du classement, le réalisme est important. Mais Franky Vander Elst ne bridait pas ses hommes. Il faut être malin et ne pas rêver du 2-0 quand on mène en fin de match. Au Standard, je peux, en quelque sorte, continuer sur ma lancée. Je ne le crains pas, je la respecte. A partir du moment où tout le monde a sa chance, la concurrence est source de progrès. Roberto Bisconti était encore Standardman quand je suis arrivé. Almani Moreira aussi. Juan Ramon Curbelo débarqua plus tard. Jonathan Walasiak, Miljenko Mumlek, Gonzague Vandooren, Conceiçao ou Wamberto jouent aussi dans ce secteur. Je ne me suis pas du tout inquiété de ces présences. C'est au coach de trancher et à moi d'être prêt. J'ai travaillé en sachant que mon tour viendrait. J'ai la chance de m'adapter facilement aux circonstances. Le Standard joue le plus souvent en 4-4-2. J'aide alors Juan Ramon à la récupération dans l'axe. C'est la place que je ne préfère mais je revendique rien. Je n'ai qu'une ambition : jouer. Un peu plus à droite, je me sens tout aussi à l'aise. Il y a plusieurs formules, j'ai joué avec Jonathan Walasiak ou Conceiçao à droite. Et toujours avec beaucoup de joie. C'est bien d'avoir des tas de solutions. Ce n'est qu'une affaire de temps. Je suis persuadé que Juan Ramon Curbelo peut être considéré comme un meneur de jeu. L'Argentin n'est certainement pas qu'un pare-chocs. La saison passée, il était plus en contact avec l'attaque. Ce sera aussi le cas quand tout sera au point. Juan Ramon sait surgir de la deuxième ligne et marquer des buts. Nous marquerons plus facilement quand Wamberto et Conceiçao tourneront à nouveau à plein régime. L'essentiel était d'obtenir un bloc. J'ai bénéficié des conseils de tous. Ainsi, Conceiçao m'incite sans cesse à être présent dans les duels, de ne rien lâcher à la récupération. Nous parlons français ensemble. C'est un leader mais il y en a d'autres dans le groupe. Il est évident que la défense a trouvé ses marques. Elle a tout : taille, présence, talent, réalisme, expérience. C'est en tenant plusieurs fois le zéro au marquoir que le Standard a entamé sa remontée au classement général. Mais la ligne médiane participe aussi au travail du bloc défensif. Tout se tient. Quand Eric Deflandre et Philippe Léonard s'évadent sur les ailes, les médians compensent, contrôlent les secteurs désertés. L'expérience est importante mais elle n'explique pas tout. La vie d'une équipe passe aussi par l'envie, l'ambition et le travail. Je trouve cela dans tous les secteurs. Si on ne jure que par le vécu, on ne lance jamais de jeunes. Ceux-ci peuvent commettre des erreurs mais cela arrive à tout le monde, jeunes ou expérimentés. Y croire, c'est primordial. Tout passe par là. A Bruges, la situation ne me permettait pas d'y croire : mes ambitions ne pouvaient que s'étioler là-bas. A Bucarest, nous avons tout fait pour gagner puis pour égaliser. Cela a tenu à presque rien, à un peu de chance ou de conviction. Bochum a finalement plié devant nos désirs offensifs. N'est-ce pas une référence ? Et le Steaua a tremblé. Notre capital offensif sera très vite en boni avec Conceiçao et Wamberto. Je jouerai pour la gagne, pour le groupe, pas pour prendre une revanche par rapport à Sollied. J'étais certain de pouvoir réussir à Bruges. Mais on ne m'a pas permis de le faire. J'en ai tiré mes conclusions et mon avenir passe par le Standard. Ici, je compte alors que ce n'était pas le cas à Bruges. Sollied et D'Onofrio sont des coaches totalement différents l'un de l'autre. Le Norvégien ne jure que par son 4-3-3. C'est sacré. A la longue, cette option a montré ses limites sur la scène européenne. En Belgique, les adversaires de Bruges ne trouvent pas facilement la parade. Mais Bruges a vécu des moments difficiles à Lyon, à Shakhtar Donetsk, à Dnipropetrovsk. A nous d'y trouver la clef de notre prochain match. Sollied n'est pas un bavard mais il voit tout. A Liège, l'ambiance est plus chaleureuse, plus latine, plus expressive. Je m'y sens bien. Quand D'Onofrio a quelque chose sur le c£ur, il ne faut pas le deviner, cela se voit, cela s'entend et il le dit. Il partage beaucoup plus la vie et les émotions de son groupe. Je préfère car, à Bruges, je me suis souvent demandé si j'étais dans le bon ou pas. Cette incertitude mine. Les jeunes préfèrent savoir à quoi s'en tenir à propos de leur football. Sollied nous laissait dans l'expectative. Tactiquement, D'Onofrio varie plus ses coups. C'est un constat, pas une critique : tout le monde a le droit de jouer comme il l'entend et de ne quasiment jamais rien changer comme le Norvégien. Pour nous, ce sera un test important. Le Standard a amorcé son retour vers le haut du tableau. Il serait intéressant de le confirmer face à Bruges. Ce ne sera pas facile car quand la machine brugeoise se met à tourner, elle est redoutable avec son jeu aérien, sa vitesse, sa présence sur les ailes, ses triangles et Bosko Balaban. Cette formation est quasiment la même depuis trois ans. Elle n'a pas de soucis d'automatismes. A nous d'être intelligents, unis, forts dans nos têtes. Nous avons assez d'arguments. Une fois de plus, je citerai notre aventure à Bochum. Après le 0-0 du match aller, personne n'aurait osé miser gros sur nos chances de qualification pour les poules de la Coupe de l'UEFA. Or, le groupe y est parvenu. Il faudra que l'équipe soit animée par cette mentalité face à Bruges. C'est, je crois, la vraie mentalité Standard. Nous abordons une période cruciale. Tout à fait mais il ne faudrait surtout pas oublier le déplacement à Mons avant de recevoir Anderlecht. Mons lutte dans le bas du classement et il n'est jamais facile de s'imposer dans de telles conditions. En un mois, nous aurons beaucoup de rendez-vous importants : Bruges, Mons, Anderlecht. Le 25 novembre, nous recevrons Parme en Coupe de l'UEFA. C'est emballant... Oui, mon choix a été le bon. Ma vie est plus simple aussi. A 15 ans, j'ai dû me fixer loin de chez moi. Pas évident. Maintenant, en une bonne demi-heure, je suis chez moi, à Maasmechelen. Je me sens bien. Pierre Bilic" Quand Dominique D'Onofrio a quelque chose sur le c£ur, IL NE FAUT PAS LE DEVINER """ ICI, JE COMPTE alors que ce n'était pas le cas à Bruges "