"Gand ne peut pas oublier que je suis venu libre de contrat ", avance Milos Maric, 27 ans, le canon des Buffalos. Doté d'une force de frappe phénoménale, le médian de la bande à Michel Preud'homme est le meilleur buteur de son équipe avec six frappes perforantes. Il faut le voir déposer le cuir avec mille précautions sur l'herbe à l'entrée du grand rectangle comme si la sphère ne pouvait surtout pas s'enfoncer dans le tapis végétal. Puis, le spécialiste y met toute la force de ses cuisses et un zeste d'effet. La vitesse du ballon est telle que les meilleurs gardiens de l'élite le craignent comme la peste.
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"Gand ne peut pas oublier que je suis venu libre de contrat ", avance Milos Maric, 27 ans, le canon des Buffalos. Doté d'une force de frappe phénoménale, le médian de la bande à Michel Preud'homme est le meilleur buteur de son équipe avec six frappes perforantes. Il faut le voir déposer le cuir avec mille précautions sur l'herbe à l'entrée du grand rectangle comme si la sphère ne pouvait surtout pas s'enfoncer dans le tapis végétal. Puis, le spécialiste y met toute la force de ses cuisses et un zeste d'effet. La vitesse du ballon est telle que les meilleurs gardiens de l'élite le craignent comme la peste. " J'essaye surtout de mettre le plus de puissance possible dans mon tir ", dit-il. Maric perfectionne cet atout à la fin de chaque entraînement, au point d'épuiser ses propres portiers. Mais il n'a pas que cette frappe à la Roberto Carlos dans son sac à malice. Maric, c'est aussi du métier, une présence, une technique, une lecture du jeu. Un tel élément est d'autant plus suivi à la trace qu'il sera en fin de contrat au terme de la saison. Et, dès janvier, il pourra discuter librement avec d'autres clubs. Le Standard et Anderlecht, entre autres, seraient aux aguets. Gand s'est approché de Mario Carevic, de Lokeren. L'intention des Buffalos est-elle de parer au départ de Maric et d'équilibrer la ligne médiane où il manque une patte gauche ? Droitier, Maric ne se retrouve-t-il pas le plus souvent à gauche ? Ou est-ce un pied de nez gantois adressé aux chefs du Daknam ? Lokeren avait en effet tenté d'embrigader Maric en été avec, à la clef, un bon contrat de quatre ans. Le médian était intéressé mais Gand, qui tenait à le garder pour continuer à progresser, fixa la barre très haut et Roger Lambrechts, le président du club du Daknam, recula. Quand on relève la position de Lokeren au classement général, rester à Gand était finalement une bénédiction. Dieu sait ce que Kojak serait devenu au c£ur d'une formation waeslandienne à la dérive ? " J'étais intéressé par cette offre et la possibilité de travailler avec mon compatriote Alexandar Jankovic ", avance Maric. " Il est parti depuis lors et je suis persuadé que Lokeren vaut beaucoup mieux que sa présence dans les bas fonds de l'élite. Je sais parfaitement aussi que Gand est un plus grand club. Il présente plus de perspectives à long terme et peut tutoyer les grands, Lokeren pas. Mais j'ai 27 ans et, à cet âge-là, il est assez logique de penser au volet financier de sa carrière. C'est aussi pour cela que mes discussions avec Lokeren ont été loin. Les deux clubs ne trouvèrent pas d'accord pour fixer une somme de transfert et je n'en veux à personne car, et je tiens à le répéter : je suis heureux ici. Je suis resté et rien n'a changé dans mon attitude, mon travail et ma façon d'aborder les matches. J'admets l'avis de la direction de mon club mais elle doit aussi comprendre mon point de vue. Je dois penser à mon avenir. Et c'est dans un respect mutuel que la solution se dessinera : prolonger mon contrat, rester jusqu'en fin de saison avant de trouver un nouvel employeur ou être transféré durant le mercato d'hiver. " On a dit qu'il avait été question d'un ultimatum de Michel Louwagie dans la presse du style : - Maric doit se décider maintenant. " Non, moi, je ne suis pas au courant et je n'accepterai jamais d'ultimatum. Ce sont des discussions délicates même si mes prétentions et l'offre de Gand ne sont pas très éloignées. Il faut forcément prendre le temps de bien réfléchir. Il y a 50 % de chances que je reste. Et si je quitte finalement Gand, ce sera, je le souhaite, par la grande porte et en bonne entente avec tout le monde. La vie pourrait m'amener à revenir ici un jour. Je suis dans l'expectative mais déjà fier du travail accompli. J'ai tout donné ici et je crois que personne ne peut le contester. Je suis venu il y a deux ans et demi car Trond Sollied m'en fit la demande. J'avais bien travaillé avec lui, Cedo Janevski et Chris Van Puyvelde à l'Olympiacos. Il me semblait intéressant de continuer avec eux. " Depuis la saison 2003-2004, Gand arpente les chemins du progrès. Georges Leekens a installé ce club dans le sub-top (deux fois 4e en championnat : 2005-06, 2006-07) et, ensuite, Sollied (5e en 2007-08) a décroché une place en finale de la Coupe, perdue 3-2 après un merveilleux combat contre Anderlecht. Le Norvégien a signé du très bon travail dans des conditions difficiles, un stade vieillot, un centre d'entraînement totalement dépassé où, en hiver, la boue noyait l'herbe des terrains. La préhistoire en D1. Il y avait donc un monde de différence entre l'outil de travail d'Olympiacos et celui de Gand. Maric sourit, cela veut tout dire. Mais c'est un pro : " J'avais signé à Gand pour jouer, le reste, c'était l'affaire du club. Je vois évidemment ce qui ne va pas quand on veut avancer. Des progrès ont été accomplis. Une équipe ne peut pas porter seule les espoirs de tout un club. Il faut que tout le monde tire sur la corde. Ainsi, Gand a besoin de ce nouveau stade dont on parle tant. C'est vital car cela permettra aux Buffalos de recevoir confortablement ses adversaires devant plus de monde. Ce sera un sujet de fierté pour le club, la ville, la région et surtout les joueurs. Ils adorent évoluer dans des clubs où tout est réglé comme du papier à musique. Quand un joueur se sent bien et est fier de son club, il se dépasse et progresse sans cesse. Gand est au début de ce processus. Pour le moment, l'essentiel passe par la confirmation. On peut surprendre mais confirmer, c'est une affaire de tradition. Gand aurait dû gagner la Coupe en 2008 mais c'est le nom d'Anderlecht qui figure au palmarès. En fin de saison passée, la troisième place nous fila sous le nez quand Sinan Bolat arrêta le penalty tiré par Bryan Ruiz. Ce n'est pas un hasard. Gand est passé chaque fois à côté d'un exploit car son adversaire, lui, était totalement inscrit dans un esprit gagnant. A Anderlecht et au Standard, cela fait partie de la culture, des traditions. Ils savent depuis des lustres comment tout un club doit bosser pour gagner. " Sollied avait sa façon de voir le football. Il s'appuyait en gros sur le 4-3-3 et préférait jouer dans le camp adverse que de camper devant son gardien. " Oui, mais attention, ce système n'était pas simpliste ", continue Maric. " En récupération de balle, nous nous retrouvions à cinq dans la ligne médiane grâce au repli de deux attaquants. Et nos médians accompagnaient les attaquants. Sollied est vraiment un sacré stratège. Il a laissé des traces dans tous les clubs où il est passé. "Gand frappa un grand coup en confiant sa succession à Preud'homme. Si Sollied est cool, MPH, lui, est un hyperactif qui ne laisse rien au hasard. Tout doit être parfait dans sa lutte pour la gagne. La différence entre ces deux personnages saute aux yeux. La greffe fut un peu plus délicate à réaliser que prévu. On ne passe pas aisément d'une école à l'autre, de l'omelette norvégienne à la chaleur des spécialités liégeoises. MPH entama son règne gantois en tablant sur le bon vieux 4-4-2 alors que l'effectif s'était habitué au 4-3-3. " Il fallait digérer la différence de vision entre les deux coaches ", se souvient Maric. " Au début, il y a eu des problèmes mais tout le monde a compris que la méthode Preud'homme était bonne. Rien n'était laissé au hasard dans le travail au quotidien. Les attentes étaient évidemment énormes, vu le prestige du coach. Il fallait une découverte commune et ce n'est jamais facile dans un club où il y a aussi beaucoup de va et vient. Les résultats étaient moins parlants qu'espérés. C'était énervant. En janvier, Gand a acquis de nouveaux joueurs : Stef Wils, Tim Smolders, Christophe Lepoint, Adnan Custovic, etc. La donne était différente et la machine a atteint son rythme de croisière en 4-3-3. Au regard de son deuxième tour, Gand méritait déjà une place dans le top 3 la saison passée. Mais on n'a pas su forcer le destin contre le Standard. Cette saison aussi, on n'a pu préserver non plus une avance de deux buts contre Anderlecht. Il faudra franchir ce cap et se dire : - On tient ce succès, on le garde. " Le dernier été a été marqué par le départ de la star, Bryan Ruiz en direction de Twente où il casse la baraque. Est-ce que cela signifie que Gand brille moins dans la bijouterie de la D1 sans ce joyau ? Maric adorait l'artiste sud-américain mais précise : " C'est une perte mais personne n'est indispensable. Gand a été quatrième avec lui et continue sur cette lancée sans lui. Cela veut tout dire. Une équipe ne peut pas dépendre que d'un joueur, que ce soit Ruiz, Bernd Thijs, Bojan Jorgacevic ou Maric. Ce serait une forme de fragilité très dangereuse. Celui qui n'est plus là ne compte plus. Gand a trouvé des solutions. Au niveau de sa division offensive, on dispose de solutions très intéressantes avec Elimane Coulibaly, Custovic, Stijn Desmet, Mbaye Leye, Yassine El Ghanassy, Adekanmi Olufadé ou Zlatan Ljubijankic. Tous ont leurs qualités. El Ghanassy présente des perspectives d'avenir intéressantes. Et je range Ljubijankic parmi les deux ou trois meilleurs attaquants de D1. Pour un médian, c'est un plaisir de jouer avec lui car il plonge bien dans les espaces et a l'art aussi de garder la balle en attendant l'aider de la deuxième ligne. " Preud'homme nous a affirmé récemment qu'il lui manquait quelques emmerdeurs dans son effectif, des gars capables d'animer une réflexion ou des demandes de précisions tactiques. Seuls Marko Suler et l'inoxydable Thijs suscitent ces débats souvent utiles. Homme en vue de la D1, Maric n'a-t-il pas assez de kilomètres à son compteur pour enrichir les discussions internes ? Le puncheur gantois ne le pense pas : " Je parle souvent au coach mais ce n'est pas à moi de décortiquer des options tactiques. Je ne l'ai jamais fait, ce n'est pas ma tasse de thé. Sur un terrain, je fais ce qu'on me demande. Je me suis déjà retrouvé arrière droit. Je suis là pour bosser. " Maric attend calmement la suite des événements qui dicteront son avenir. La réponse tombera peut-être à la... Noël ou au Nouvel An car les Orthodoxes serbes célèbrent la Noël le 7 janvier et le Nouvel An une semaine plus tard !Par Pierre Bilic"Je range Ljubijankic parmi les deux ou trois meilleurs attaquants de D1. ""Il y a 50 % de chances que je reste à Gand. "