Un match plein avec les Espoirs face à la Lituanie, battue 3-0 avec deux buts de sa part. Puis, dans la foulée, une place de titulaire avec Bruges lors du déplacement à Charleroi, où chacun s'était plu à souligner sa très bonne prestation : on pensait JonathanBlondel définitivement lancé cette saison. Mais, quelques jours plus tard, lors du match aller de la Coupe de l'UEFA face à Châteauroux, il retrouvait la place de réserviste qui est la sienne depuis la reprise du championnat. On ne peut rien reprocher à TrondSollied, puisque son équipe tourne, mais pour le jeune talent de Ploegsteert, c'est dommage.
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Un match plein avec les Espoirs face à la Lituanie, battue 3-0 avec deux buts de sa part. Puis, dans la foulée, une place de titulaire avec Bruges lors du déplacement à Charleroi, où chacun s'était plu à souligner sa très bonne prestation : on pensait JonathanBlondel définitivement lancé cette saison. Mais, quelques jours plus tard, lors du match aller de la Coupe de l'UEFA face à Châteauroux, il retrouvait la place de réserviste qui est la sienne depuis la reprise du championnat. On ne peut rien reprocher à TrondSollied, puisque son équipe tourne, mais pour le jeune talent de Ploegsteert, c'est dommage. A 20 ans, il se trouve à un âge où il aurait besoin de jouer. Après avoir connu le banc à Tottenham, c'est pour cela qu'il était revenu au pays et, lors des six derniers mois de la saison dernière, il avait prouvé qu'il avait le niveau d'une équipe comme Bruges. Pour AiméAnthuenis, cela ne fait jamais qu'un candidat international de plus qui n'est pas titulaire dans son club. Sans démériter, Jonathan Blondel est simplement victime de la concurrence féroce qui règne dans l'entrejeu brugeois. En principe, GaëtanEnglebert, TimmySimons et NastjaCeh occupent les trois places disponibles. Ce qui relègue sur le banc des talents aussi confirmés qu' AlinStoica, SergeiSerebrennikov ou Blondel. " La situation n'est pas facile à vivre ", reconnaît ce dernier. " Je préférerais être dans l'équipe et lorsque je n'y suis pas, j'essaie de faire contre mauvaise fortune, bon c£ur, et de me montrer sous mon meilleur jour lorsque je suis appelé au jeu ". Après 18 mois difficiles passés à Londres, durant lesquels il avait peu joué mais beaucoup appris, Blondel avait rejoint la Venise du Nord lors du mercato hivernal de la saison dernière, en compagnie de Victor et de BoskoBalaban. A Bruges, on avait agi avec lui de manière très raisonnable : plutôt que de le parachuter directement dans le feu d'une équipe qu'il ne connaissait pas, on lui avait laissé le temps de retrouver la condition et de trouver ses marques. Lorsqu'on l'estima prêt, on le lança dans le grand bain. Et, là, il séduisit tout le monde : aussi engagé que ses coéquipiers, si pas plus, il apporta cette touche de technique et de créativité qui manquait à l'ensemble bleu et noir, et participa pleinement à la remontée des Flandriens, qui refirent progressivement leur retard sur le Standard afin de décrocher la deuxième place qualificative pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions. Parallèlement, il fut aussi l'un des grands artisans de l'élimination de Mouscron, son ancien club, en demi-finales de la Coupe de Belgique. " J'avais joué 12 matches, championnat et Coupe de Belgique compris ", se souvient Jonathan Blondel. " Et je pense sincèrement m'être bien débrouillé. Je me suis facilement intégré à Bruges, dans un groupe où je connaissais déjà beaucoup de monde et qui m'a bien accueilli. J'étais donc parti en vacances l'esprit serein, en pensant poursuivre sur ma lancée cette saison. Mais, dès les premiers entraînements et surtout les premiers matches amicaux, j'ai senti que ce ne serait pas aussi facile. Sollied avait son équipe de base en tête et je n'y figurais pas. L'entraîneur ne m'a jamais donné d'explication. De ce point de vue-là, il est un peu comme HugoBroos : il ne parle pas beaucoup. J'aurais aimé qu'il me dise pourquoi je devrais désormais me contenter d'une place de réserviste, mais il part probablement du principe qu'en tant que professionnel, on peut le deviner. De mon côté, je ne suis pas allé le trouver non plus : je continue à travailler à l'entraînement, sans rien dire, en espérant qu'un jour, ma chance viendra. Et pourquoi pas, après tout ? Cela peut aller très vite. On l'a encore vu contre Châteauroux : la large victoire obtenue contre les Français a eu un prix, puisque TimmySimons, PhilippeClement et MarekSpilar se sont retrouvés sur la touche. Sur la longueur d'une saison, la richesse du noyau brugeois ne sera pas un luxe ". Blondel essaie donc de rester positif, ce qui est tout à son honneur. Mais, au fond de lui-même, il bouillonne : " Dans mon entourage, on sait qu'on ne doit pas trop me parler de tout cela, car j'ai les nerfs à fleur de peau et je risquerais de m'emporter. Et, sur le banc, j'ai des démangeaisons. Je regarde, à tout instant, si je ne vois pas apparaître un panneau montrant le n°11 et indiquant que je suis appelé au jeu ". Car, paradoxalement, Jonathan Blondel porte désormais le n°11 alors qu'il portait le n°36 la saison dernière : " Mais c'est anecdotique : je préférerais porter le n°45 et jouer tous les matches ". Aujourd'hui, Ceh est le premier choix de Sollied pour le poste de demi gauche : " Si j'étais titulaire à Charleroi, c'était parce que le Slovène était revenu d'un périple avec son équipe nationale. Trond Sollied avait préféré le laisser au repos. Dans les autres matches, j'étais toujours réserviste. Heureusement, la plupart du temps, j'ai tout de même pu monter, même si c'était uniquement pour les dernières minutes. C'est le choix de l'entraîneur et il faut l'accepter. Je ne suis pas le seul joueur de talent à me retrouver régulièrement sur le banc. Il y a beaucoup de concurrence dans le groupe, mais celle-ci ne m'effraie pas. Je suis prêt à relever le défi. Baisser les bras serait la plus mauvaise attitude. Je continue donc de m'entraîner à fond, en restant toujours de bonne humeur. Ou plutôt : en essayant de rester de bonne humeur, car ce n'est pas évident ". A-t-il l'impression de revivre la même situation qu'à Tottenham ? " Ma situation de jeu est comparable : je me retrouve sur le banc et je n'aime pas cela. La grosse différence, c'est qu'ici, je suis plus près de ma famille. Pour garder le moral, c'est beaucoup plus facile ". Et si la situation actuelle devait perdurer ? " Je viens à peine de revenir en Belgique, je ne songe pas à repartir. L'équipe tourne bien, c'est aussi une satisfaction. On a une bonne chance de lutter jusqu'au bout avec Anderlecht pour le titre. La principale force de Bruges, par rapport à la saison dernière, c'est que l'équipe a... peu changé. Modifier sans cesse son effectif, c'est rarement une bonne solution. Chez nous, il n'y a que Bosko Balaban en plus, et il était déjà arrivé en janvier. Il a le sens du but, il se bat, il défend : c'est un apport incontestable. Pour l'instant, l'idée que j'aurais mieux fait d'opter pour une équipe où la concurrence est moins sévère, ne m'a pas encore effleuré l'esprit. J'aimerais jouer davantage, mais je n'ai pas l'impression de régresser. Je suis prêt, s'il le faut, à m'accommoder de la situation actuelle jusqu'en fin de saison, à poursuivre mon apprentissage au contact de ce groupe talentueux, si c'est pour mieux rebondir par la suite. Après, ce sera une nouvelle saison qui commencera, et les données auront peut-être changé ". Lorsqu'il a été titularisé à Charleroi, on ne s'est jamais aperçu d'un quelconque manque de rythme chez Jonathan Blondel. Comment fait-il pour conserver la condition ? " Après les entraînements, je m'adonne souvent à un entraînement individuel. Je vais courir sur le tapis, je fais du vélo. C'est moi-même qui en ai pris l'initiative, car personne ne m'y oblige, mais lorsqu'on ne joue pas 90 minutes, il faut essayer de s'entraîner plus que les autres. Le lendemain des matches, ceux qui n'ont pas joué sont généralement pris en charge par l'adjoint, RenéVerheyen. Mais ce sont des entraînements faciles : un petit échauffement suivi des tirs au but. Ce n'est pas suffisant pour garder la condition ". Et les matches de Réserve ? Jonathan Blondel y est rarement convié. " J'en ai disputé un seul, cette saison-ci. Je ne m'en plains pas : ce n'est jamais marrant de jouer avec les Réservistes ". Heureusement, il reste les Espoirs pour garder le rythme. " Cela me fait du bien de participer à ces matches. Je re-goûte à la compétition, je joue 90 minutes et j'ai l'occasion de démontrer ma valeur. Mais, dans le même temps, je suis conscient qu'un bon match avec l'équipe nationale des û21 ans ne sera jamais, aux yeux de Sollied, un argument suffisant pour me titulariser à Bruges. J'ai commencé très tôt chez les Espoirs. J'ai encore connu l'époque d' OnderTuraci et GrégoryDufer. Aujourd'hui, c'est déjà la troisième génération que je fréquente. C'est une très bonne équipe, avec un garçon comme TomDeMul qui est très prometteur. Mais ne nous emballons pas après le 3-0 contre la Lituanie : les vrais rivaux, ce seront l'Espagne et la Serbie & Monténégro, qui ont toujours disposé d'un réservoir de jeunes de grand talent ". Réserviste à Bruges, Jonathan Blondel peut difficilement revendiquer mieux qu'une place en Espoirs : " Les Diables Rouges, pour l'instant, je n'y songe pas. Ma première préoccupation est de regagner mes galons de titulaire dans mon club. Après, on verra ". Sa dernière apparition, à Cologne, n'avait pas été une réussite. A sa décharge, il faut reconnaître qu'il n'avait pas été le seul à sombrer et qu'il n'avait pas évolué à sa place de prédilection. " J'avais, certes, évolué comme demi gauche, mais dans un 4-4-2, ce qui est très différent du 4-3-3 brugeois. Je ne suis pas un ailier de débordement. J'ai besoin de toucher beaucoup de ballons pour entrer dans le rythme, et lorsque je suis confiné sur ma ligne, je peux les compter sur les doigts d'une main. A Mouscron, j'évoluais derrière les deux attaquants, en n°10. Je pense toujours que ma meilleure place, c'est celle-là. Celle que j'occupe à Bruges me convient également. Mais, dans ma situation actuelle, je ne vais pas faire la fine bouche : j'accepterais n'importe quelle place pour jouer ". Daniel Devos" La situation est COMPARABLE à TOTTENHAM sauf que je suis près de ma famille "