Heureusement qu'il se passe toujours quelque chose à Marseille pour permettre au football français d'oublier ses idées noires. Nos voisins du sud n'ont plus de représentant en Ligue des Champions et seul Auxerre reste en course en Coupe de l'UEFA. "On met de plus en plus l'accent sur les récupérateurs, pas sur les créateurs", a déclaré Michel Platini. Aimé Jacquet se dit surpris et déçu: "Il manq...

Heureusement qu'il se passe toujours quelque chose à Marseille pour permettre au football français d'oublier ses idées noires. Nos voisins du sud n'ont plus de représentant en Ligue des Champions et seul Auxerre reste en course en Coupe de l'UEFA. "On met de plus en plus l'accent sur les récupérateurs, pas sur les créateurs", a déclaré Michel Platini. Aimé Jacquet se dit surpris et déçu: "Il manque quelque chose. Nos meilleurs joueurs ne sont pas chez nous, les effectifs ne sont pas assez étoffés pour le nombre de matches à disputer". Le calendrier est-il d'autant trop éprouvant que les grands clubs français comptent de nombreux sélectionnés français, brésiliens, africains? Le football tricolore doit encore revenir les pieds sur terre après les succès de l'équipe nationale en 1998 et en 2000. Malgré l'échec de la dernière Coupe du Monde, cela n'a pas encore eu lieu. A Bruxelles, Bordeaux a bien illustré cet embourgeoisement nocif. Le talent bordelais était évident mais Christophe Dugarry et Costa se sont fait des reproches sur le terrain avant d'en venir aux mains dans le vestiaire. Des joueurs n'étaient pas venus en Belgique avec des chaussures pour terrains gelés : le club a dû en acheter d'urgence. Elie Baup a minimisé ces incidents pourtant significatifs quant à la valeur du mental et du collectif. Deux jours plus tard, le gardien de but, Ulrich Ramé, disait que Bordeaux allait droit dans le mur avec cette mentalité. Bordeaux et tout le football français cuvent leur vin tandis que Marseille étonne. Robert Louis-Dreyfus a déclaré la semaine passée: "Je crois que ça a été mon coup de génie de mettre ensemble Bernard Tapie et Pierre Dubiton. J'ai ainsi pu me débarrasser des deux en même temps. Cela m'a permis d'en finir avec toutes les histoires qui parasitaient l'OM. N'oubliez pas que je suis joueur et que j'aime bien miser gros de temps en temps. Je ne suis pas capable de diriger un club de football. Je crois que je me suis fait à cette idée. Je me comportais trop en supporter déraisonnable, irraisonnable même. Quand je réfléchissais calmement, je prenais généralement les bonnes décisions". Mais que le football français serait triste sans l'OM. (P.Bilic)