P hilippe Gilbert n'a donc pas pu sauver son printemps à Liège. L'ascension de la Côte de Saint-Nicolas illustre bien ses premiers mois chez BMC : l'Ardennais a dû laisser filer Jelle Vanendert, entre autres. Le leader a été dépassé par son ancien équipier.
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P hilippe Gilbert n'a donc pas pu sauver son printemps à Liège. L'ascension de la Côte de Saint-Nicolas illustre bien ses premiers mois chez BMC : l'Ardennais a dû laisser filer Jelle Vanendert, entre autres. Le leader a été dépassé par son ancien équipier. Le printemps 2012 est pour le moins différent du précédent. Cette année, Tom Boonen a pris la relève de Gilbert. Il a dominé la saison de Harelbeke à Roubaix, comme Gilbert avait régné sur les classiques pentues, de la Flèche Brabançonne à la Doyenne. D'une victoire record à l'autre, le Campinois a reconquis le trône de numéro un belge. Boonen est d'ailleurs en tête du WorldTour, un classement emmené par Gilbert il y a un an. Dans le sillage de Boonen, la formation de Patrick Lefevere a pointé du nez, dépassant les troupes de Marc Sergent. Omega Pharma-Quick-Step achève le printemps en tête du classement par équipes, remporté l'année dernière par Lotto. Là où Gilbert et d'autres favoris ont échoué la semaine dernière, des outsiders comme Enrico Gasparotto et Maksim Iglinski ont saisi la chance de leur vie, comme Nick Nuyens et Johan Vansummeren en 2011. Les classiques ardennaises ont ainsi été le reflet des classiques pavées de l'année précédente. Avec deux succès dans les cinq grandes classiques printanières, les coureurs belges font moins bien qu'en 2011, avec leur quatre sur cinq mais la récolte était alors exceptionnelle, inédite depuis 1976. Surtout, la Belgique a un avenir après Boonen et Gilbert : Sep Vanmarcke (23 ans), qui a écarté Boonen de la victoire au Circuit HetNieuwsblad, est considéré par les observateurs comme un vainqueur potentiel du Tour des Flandres et de Paris-Roubaix. Vanendert (27 ans), respectivement deuxième, quatrième et dixième de l'Amstel Gold Race, de la Flèche Wallonne et de Liège-Bastogne-Liège, dispose certainement des jambes nécessaires pour s'imposer dans les Ardennes. Le temps où les Belges mettaient fin à leur printemps au terme de Paris-Roubaix semble donc révolu. Au Mur de Huy, l'arrivée en montée par excellence, trois compatriotes se sont classés parmi les dix premiers, ce qui constitue le meilleur tir groupé belge depuis 2000. En revanche, le bilan des classiques de sprint est maigre. Derrière Boonen, qui a retrouvé sa vitesse à Harelbeke et à Wevelgem, c'est le vide absolu. Le premier Belge de Kuurne est 20e : la Belgique a touché le fond. Au GP de l'Escaut, pas trace non plus de Belges dans le top 10, ce qui est une triste primeur dans cette épreuve de tradition. Ce n'est pas non plus un hasard si Milan-Sanremo est la seule épreuve à n'avoir pas été remportée par le moindre Belge, sans compter Andrei Tchmil, depuis trente ans. BENEDICT VANCLOOSTER