La trêve sonne le temps des premiers bilans. La rédaction de Sport/Foot Magazine a retenu les révélations de ces six derniers mois ; ces joueurs qui ont éclaté durant le premier tour du championnat.
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La trêve sonne le temps des premiers bilans. La rédaction de Sport/Foot Magazine a retenu les révélations de ces six derniers mois ; ces joueurs qui ont éclaté durant le premier tour du championnat. Westerlo a toujours compensé son manque d'argent par un flair prononcé. Alors que l'on croyait que le club campinois allait souffrir du départ de Jaja Coelho, les dirigeants ont pris le temps de la réflexion et ont mis six mois avant de miser sur un Nigérian venu d'Ergotelis, un club de D2 grecque. La nouvelle perle de la Campine était arrivée : en 17 rencontres, Patrick Ogunsoto (23 ans) a déjà inscrit 12 buts, ce qui en fait le meilleur buteur de notre compétition. Sa vitesse et son accélération le rendent insaisissable. Il possède une excellente lecture du jeu, ce qui lui permet d'être souvent au bon endroit au bon moment. Il marque des deux pieds et est omniprésent dans le rectangle. Bref un footballeur complet qui se distingue également par son jeu de tête et par sa volonté de rechercher les combinaisons. Il doit maintenant se montrer régulier dans une rencontre et devra faire face à la pression croissante. Ce n'est plus une surprise et les défenseurs le connaissent désormais. Le jeune médian argentin (20 ans) acheté 3,5 millions d'euros à Independiente a déjà largement remboursé son transfert. Arrivé avec une réputation flatteuse, capitaine de l'équipe argentine des - 20 ans championne du monde en juillet 2005 aux Pays-Bas, Lucas Biglia, à l'instar de Nicolas Frutos la saison passée, s'est rapidement intégré dans le jeu anderlechtois, au point d'évincer l'inusable Yves Vanderhaeghe. A la récupération, le Petit Prince fait merveille. Il sait s'emparer d'un nombre incalculable de ballons sans avoir besoin de tacler. Son placement toujours judicieux, sa lucidité dans la passe - il use de la verticalité et provoque de ce fait l'adversaire dans le sens du but adverse - son endurance (il court du début à la fin) sont autant de cordes à son arc. Depuis quelques semaines, il occupe seul le poste de médian défensif, ce qui le fatigue certainement plus. La trêve arrive à point nommé pour lui. Cela faisait des années qu'on reprochait au Standard de ne pas avoir sorti de jeune et de les laisser filer à la concurrence. Le v£u de faire confiance aux éléments du centre de formation, lancés en début de saison, ne resta pas donc pas pieux. Johan Boskamp n'aura pas laissé une trace indélébile à Sclessin mais il a eu l'immense mérite de lancer MarouaneFellaini. Celui-ci, 18 ans, n'hésita pas à saisir sa chance. Au point de devenir un personnage incontournable au sein de la charnière médiane. La question n'est plus de savoir si Fellaini percera à Sclessin mais combien de temps il demeurera en bord de Meuse, tant son apport est indéniable. Parmi ses atouts, on peut citer sa présence physique, sa taille et son talent de récupérateur. Malgré son jeune âge, il fait preuve de sang-froid mais également d'une lecture du jeu particulièrement fine. Il doit maintenant apprendre encore à mieux gérer ses efforts offensifs. Arrivé de Marseille à l'entame de la saison 2005-2006, Fabien Camus (21 ans), avait dû se contenter d'un statut de remplaçant. Quant il était appelé à monter sur la pelouse, c'était dans un rôle de médian excentré, ce qu'il n'appréciait pas particulièrement. Un an plus tard, au poste de meneur de jeu, le Français est devenu le maître à jouer du Sporting de Charleroi. Sa vitesse, ses dribbles, sa faculté à perforer l'axe défensif en font un véritable poison pour l'adversaire. Après un début de saison tonitruant, Camus est quelque peu rentré dans le rang. Son entraîneur, Jacky Mathijssen l'a très vite compris, le laissant souffler sur le banc contre Mouscron. Au Brussels et surtout contre Genk, Camus est revenu à son meilleur niveau. Au point que Mogi Bayat a activé ses réseaux et n'hésite pas à vanter partout les mérites du Marseillais. En vue de le vendre au plus offrant à Noël ? Le talent du portier de Genk n'a jamais été mis en doute depuis qu'il a frappé dans l'£il des observateurs lors de ses débuts en D1 sous les couleurs de Heusden-Zolder. Genk l'avait prêté à ses voisins limbourgeois et Logan Bailly avait été lancé dans le bain contre le Club Bruges. 90 minutes plus tard, Heusden-Zolder remportait la première victoire de sa saison (4-2). De retour à Genk, le jeune Liégeois, formé au Standard, allait fourbir ses armes dans l'ombre de Jan Moons jusqu'à ce que la direction décide de confier les clés du goal à la jeune génération, au grand dam de Moons. Bailly (21 ans) commença donc le championnat actuel dans la peau d'un titulaire. Il s'en sortit très bien au point de voir son nom circuler pour un poste en équipe nationale. Sa musculature lui permet de s'imposer dans son rectangle, malgré sa petite taille. Fort dans les airs, il excelle aussi dans le un contre un. Sa relance souvent précise et longue est l'arme première des contre-attaques limbourgeoises. Par contre, il doit encore mieux sentir le jeu. Formé au Standard, ce jeune Liégeois (19 ans) a décidé de prendre la direction du Fenixstadion pour percer au plus haut niveau. Pas pour des raisons financières mais juste parce qu'il se sentait barré à Sclessin. Profitant des blessures de Tom Soetaers et de l'Islandais Indridi Sigurdsson lors du dernier stage hivernal, il allait goûter aux joies de l'équipe Première lors du second tour de l'année passée. Depuis lors, Pocognoli s'est installé au poste de back gauche. Certains le considèrent même comme le meilleur à ce poste en Belgique. Durant toute sa formation, il a évolué au poste de médian mais cela ne l'a pas empêché pas de maîtriser les gestes du parfait défenseur, comme le tacle. Son rendement défensif s'ajoute à son apport offensif. Il sait distiller de très bons cen-tres et égale en Belgique des joueurs comme Soetaers ou Christophe Grégoire. Son année a commencé avec le Championnat d'Europe des - 19 ans en Pologne et se terminera vraisemblablement avec l'Euro Espoirs aux Pays-Bas. En l'engageant au Lokomotiv Moscou, le Standard avait flairé la bonne occasion. La préparation estivale laissait déjà entrevoir quelques belles promesses. Pourtant, annoncé comme médian gauche, le début de saison allait s'avérer beaucoup plus compliqué que prévu pour Milan Jovanovic (25 ans). Trop personnel dans ses dribbles, pas assez collectif dans sa vision du jeu, il éprouvait quelques difficultés à s'exprimer. Le retour de blessure de Milan Rapaic et la pénurie d'attaquants allaient pousser Jovanovic en pointe. Là aussi, les débuts furent poussifs. L'occasion ratée lors du match retour du tour préliminaire de Ligue des Champions semblait sceller son sort. C'était mal connaître la force mentale de ce pur joyau. Depuis le retour de Michel Preud'homme aux affaires, Jovanovic évolue aux côtés d' Igor De Camargo dont il est le complément idéal. D'un côté la force dans les duels, de l'autre la percussion en mouvement. Après être passé par plusieurs cercles flamands, ce natif de Renaix (18 ans) a opté pour le Futurosport, refusant même des propositions de Bruges et d'Anderlecht. Lancé par Geert Broeckaert, il semblait promis à une longue et fructueuse carrière jusqu'à ce qu'il commette une bourde contre Charleroi. Ce qui lui coûta sa place de titulaire. Revenu dans le parcours grâce à Gil Vandenbrouck, il fut posté dans l'entrejeu à la place de médian défensif pour débuter la campagne actuelle. Ses premiers pas furent encourageants même si Van Gyseghem gardait ses réflexes de défenseur. Cependant, la blessure de Kevin Hatchi conduisait son entraîneur à le rappeler derrière. Depuis lors, son entente avec Geoffray Toyes fait merveille. Les anciens lui reconnaissent des qualités d'écoute. Son entraîneur loue son sens de l'anticipation et sa vitesse, ce qui compense sa petite taille. Roland Louf voulait le vendre au prochain mercato. Le départ du dirigeant a modifié la donne et autant pour le club que pour le joueur, il conviendrait qu'il mûrisse encore un an au Canonnier. Quand il est arrivé en Belgique, personne ne le connaissait. Depuis deux saisons, tous les clubs belges ne jurent que par la filière française qui n'est pas toujours gagnante. Que comptait faire Genk avec un défenseur français inconnu qui s'était perdu dans le championnat de Bulgarie ? C'était oublier le beau parcours de Litex Lovech, tombeur de Genk en Coupe UEFA. Agé de 29 ans, Jean-Philippe Caillet arrive avec son sens du placement et son expérience au sein d'une phalange très jeune. Alors que toute la direction cherchait un attaquant capable de rivaliser avec les glorieux anciens Branko Strupar, Souleymane Oulare ou autre Wesley Sonck, le directeur technique Willy Reynders a imposé ce défenseur et estime qu'il s'agit du meilleur transfert de l'intersaison. Caillet est le leader de cette arrière-garde. Il communique beaucoup et replace ses équipiers. Il est également très fort au duel et rapide. Le petit attaquant du Cercle Bruges (21 ans) a percé très rapidement au plus haut niveau. Titulaire dès le début de la saison 2005-2006, il fit mouche immédiatement. Par la suite, il connut le petit passage à vide par lequel tous les jeunes disputant leur première saison en D1 passent. Au bout du compte, Stijn De Smet, qui évolua également sur le côté gauche de l'entrejeu, disputa 28 rencontres, inscrivant sept buts et offrant quatre assists. Pas mal pour un débutant ! Pourtant, cela ne suffisait pas pour le faire connaître dans tous le pays. Son association avec un autre jeune du cru ( Tom De Sutter) tant à Bruges qu'en équipe nationale Espoirs allait réveiller l'attention de tout le monde. De Smet est à la base de la qualification des hommes de Jean-François de Sart au prochain Euro Espoirs. Son talent ne passa pas inaperçu à l'étranger puisque Blackburn, club avec lequel le Cercle a un accord de coopération, l'a invité à suivre un stage de trois jours. Malheureusement une blessure empêchera le jeune attaquant de découvrir l'Angleterre. Arrivé à Gand sur la pointe des pieds, à la sortie des fêtes de fin d'année, Pavlovic (25 ans) n'a pas convaincu lors de ses premiers mois. Le départ de Mbark Boussoufa et surtout celui de Wouter Vrancken allaient libérer une place dans l'entrejeu. Depuis lors, l'ancien sociétaire de Cukaricki et du RAD Belgrade, a fait son trou, en exploitant sa taille (1m89), son sang-froid, sa simplicité et son endurance. Son talent de ratisseur mais également ses percées de la tête sur les phases arrêtées en font une pierre angulaire du système de Georges Leekens, qui a toujours aimé les grands gabarits pour imposer sa loi à l'adversaire. Les observateurs belges l'ont comparé à Timmy Simons, jouant sans fioritures mais toujours juste mais doit encore affirmer sa personnalité. STÉPHANE VANDE VELDE