Il y a un an tout juste, Jonathan Legear faisait pour la première fois l'objet d'une cour assidue de la part du Dinamo Moscou. Peu ou prou réfractaire à un départ pour la Russie, il avait finalement fléchi devant les arguments de la direction anderlechtoise. Elle lui proposait une majoration de contrat...
...

Il y a un an tout juste, Jonathan Legear faisait pour la première fois l'objet d'une cour assidue de la part du Dinamo Moscou. Peu ou prou réfractaire à un départ pour la Russie, il avait finalement fléchi devant les arguments de la direction anderlechtoise. Elle lui proposait une majoration de contrat... Douze mois plus tard, l'histoire refait surface. A cette nuance près que, ce coup-ci, le RSCA ne semble plus vouloir s'opposer à un transfert. Le principal intéressé est, en plus, toujours prêt à relever un nouveau défi footballistique. Le Liégeois évoluera-t-il pour autant en Russie dans un futur proche ? Selon les dires de ceux qui suivent le club moscovite au quotidien, rien n'est encore fait. Reste que l'ailier droit peut toujours rebondir ailleurs. En France ou en Allemagne, notamment, où d'après son manager, il ne laisse pas de marbre... " Si je l'avais vraiment voulu, j'aurais pu signer au Dinamo Moscou en janvier 2007 déjà ", précise le Liégeois. " Un rendez-vous avec deux émissaires du club russe était d'ailleurs prévu dans un hôtel de prestige bruxellois. Mais au dernier moment, je m'étais ravisé. D'un côté, je ne me sentais pas encore prêt pour tenter le grand saut. De l'autre, les responsables du Sporting s'étaient montrés généreux en m'offrant un nouveau bail, revu à la hausse, jusqu'en 2012. Avec le recul, je ne me plains pas d'être resté. Malgré la solide concurrence de StanislavVlcek et de Thomas Chatelle, j'ai tout de même bénéficié de pas mal de temps de jeu, aussi bien lors du deuxième tour la campagne passée qu'au cours du premier de cette saison. A présent que j'approche d'une place de titulaire à part entière, je me fais la réflexion que le moment est peut-être venu de tenter ma chance ailleurs. D'autres sont partis aussi en pleine phase d'ascension, tel Marouane Fellaini. Et je ne vois pas pourquoi je n'imiterais pas son même exemple. D'autant plus que le volet financier ne me laisse pas indifférent. Plus d'un million d'euros nets par an, ça donne forcément à réfléchir. D'accord, Anderlecht a fait un geste envers moi. Mais au Dinamo, j'avais l'occasion de gagner trois fois plus sur un an. Multipliez ça par un accord portant sur cinq années et la différence devient énorme au final. Ayant été sujet à divers bobos, sans gravité fort heureusement, je me dis aussi qu'en cas de gros pépin, tout peut être terminé pour moi du jour au lendemain. Dans ce cas, mieux vaut avoir de l'argent en main que des souvenirs plein la tête. Dès lors, si l'occasion m'en est vraiment donnée et que les deux clubs parviennent à un terrain d'entente, je n'hésiterai plus : j'irai au Dinamo. J'ose espérer que la direction se montrera compréhensive et ne me mettra pas des bâtons dans les roues. J'ai toujours été chic avec elle, j'attends d'elle qu'elle me rende la pareille à présent. Je frémis un peu en entendant qu'elle compte réclamer entre 6 et 8 millions pour moi. A ce tarif, je risque fort de ne pas trouver preneur, bien sûr. Si un accord n'est pas trouvé, je n'en ferai pas une maladie pour autant. J'ai la chance d'évoluer dans le meilleur club du pays et de pouvoir encore m'y étoffer. Dans ce cas, l'affaire serait tout simplement reportée au mois de juin. Avec, peut-être, d'autres candidats car j'ai cru comprendre que des clubs comme Schalke ou le PSG étaient également intéressés. Ils forment peut-être une meilleure destination pour moi, en raison de leur caractère proche. Mais je ne tiens pas spécialement à attendre. S'il y a une ouverture du côté de la Russie en janvier, je compte la saisir. "" La différence entre le début et la fin de cette année réside tout simplement dans le désir émis par le joueur de partir alors que nos arguments financiers l'avaient amené à l'époque, à reconsidérer sa position ", dit le manager général anderlechtois HermanVan Holsbeeck. " Nous n'allons toutefois plus faire de surenchère. Jo a obtenu chez nous un contrat proportionnel à la fois à son âge et à ses mérites. Il n'y a pas lieu de tout chambouler sous prétexte qu'il a obtenu une offre plus lucrative ailleurs, sans quoi on n'en sortirait plus. Avant l'ouverture du prochain mercato, nous allons tenter de le convaincre qu'il a toujours un bel avenir chez nous. S'il est plus sensible à d'autres considérations, il faudra bien qu'on trouve une solution qui agrée chacune des parties. Une chose est sûre : nous ne le braderons pas. Nous avons une idée de prix en tête et nous nous y tiendrons. Ce que nous voulons cependant éviter, c'est l'affrontement. Nous avons toujours eu de bonnes relations et voulons les garder. Le cas d' Aruna Dindane, qui était finalement resté contre son gré, tout en rapportant moins que prévu, doit nous servir de leçon. Nous tâcherons donc que le bon sens l'emporte. D'un côté, nous aimerions conserver le joueur. De l'autre, nous devons tenir compte aussi, dans la mesure du possible, de ses propres desideratas. Pour l'heure, tout est encore envisageable. La seule chose qui est sûre, c'est qu'en cas de départ, Jo ne sera pas remplacé. Avec Vlcek, Chatelle, voire Sacha Iakovenko et Matias Suarez, les solutions de rechange ne manquent pas sur l'aile droite. " Christophe Henrotay, fils de l'ancien Standardman Roger, et agent FIFA comme son père, gère depuis trois ans la carrière de Legear. C'est lui qui, en janvier passé, grâce à la majoration de contrat, avait poussé son protégé à jurer fidélité à Anderlecht, où il était encore souvent réserviste. Contrairement au joueur qui s'emballe un peu, l'homme de confiance garde les pieds sur terre. " Le Dinamo Moscou est bel et bien intéressé mais n'est pas la seule possibilité. Il y a aussi l'Allemagne ou la France, notamment. Pour des raisons à la fois de proximité et de visibilité, ces options-là ne sont pas négligeables. A 21 ans, Jo est en plein boum. Il est proche aussi bien d'une place de titulaire au plus haut niveau que d'une convocation en équipe nationale. A mes yeux, il a davantage de chances de toucher au but en s'affirmant au Parc Astrid ou en optant pour une compétition étrangère médiatisée à souhait telle la Bundesliga ou la Ligue 1, par exemple. A cet égard, je crois qu'il serait susceptible de taper dans l'£il comme Kevin Mirallas ou Eden Hazard. Je le pousse à peser le pour et le contre mais s'il veut s'épanouir en Russie, dans un championnat moins exposé aux regards, il va de soi que je ne le retiendrais pas non plus. Je comprends qu'il soit sensible à plusieurs facteurs là-bas : l'aspect pécuniaire tout d'abord, car c'est vrai qu'il pourrait y gagner sa vie autrement mieux qu'en Belgique. La qualité du football ensuite car il met régulièrement en exergue les qualités du Zenit Saint-Pétersbourg ainsi que des clubs russes qui sont toujours engagés en Europe pour le moment, comme le CSKA, qui a étrillé dernièrement Feyenoord 1-3 à Rotterdam. Le bémol, c'est l'éloignement. Tant que les matches battent leur plein, il n'y aurait pas de problèmes pour lui, évidemment. Mais s'il venait à se blesser, comme cela s'est vérifié quelquefois, ces dernières années, il serait loin des siens avec les difficultés que l'on devine. Il ne doit pas aller trop vite en besogne. Il n'y a pas le feu. L'essentiel est qu'il poursuive sa progression. Dans ce cas, il continuera à focaliser l'attention. "Journaliste au magazine russe Sport Express, Constantin Alexeiev suit le Dinamo Moscou au quotidien. Il s'étonne de l'effervescence suscitée autour du passage de Legear au sein de ce club, dans la mesure où son nom n'y est plus cité aujourd'hui : " En janvier dernier, il était hot news. Les Bleu et Blanc étaient en quête d'un ailier de débordement sur le flanc droit, comparable à lui. Puisqu'un accord n'avait pu être trouvé, le club s'était alors empressé d'activer d'autres pistes. L'une d'entre elles a ainsi mené à l'Australien du FC Twente, Luke Wilkshire, qui s'est révélé performant aussi bien à la construction qu'à la finition. Et, ce qui ne gâte rien non plus, deux jeunes éléments du cru ont pointé le bout du nez aussi dans l'intervalle : Kirill Kombarov, âgé de 21 ans, et un gars prometteur de 17 ans à peine, Alexander Kokorin. Dans la configuration actuelle, ils sont donc trois à se battre pour une place dans le onze de base. C'est pourquoi je suis très étonné par ce prétendu intérêt pour le joueur anderlechtois. D'accord, l'entraîneur du Dinamo, Andreï Kobelev, s'est montré charmé mais c'était en tout début d'année. Depuis lors, pas mal de choses ont bougé et le dossier me semble classé. A moins que les dirigeants se fassent oublier, histoire de faire baisser le prix. Le temps semble révolu où l'on jetait l'argent par les fenêtres en Russie. En août, le Zenit avait encore acheté le Portugais Danny au Dinamo Moscou pour 30 millions d'euros mais si les joueurs sont toujours bien payés, les clubs ne consentent plus des folies pour leur engagement. Surtout lorsqu'ils proviennent de pays moins glorieux. Le Zenit regrette aujourd'hui d'avoir dépensé plus de 4 millions d'euros pour l'acquisition de Nicolas Lombaerts. Non pas que votre compatriote n'ait pas répondu à l'attente mais pour 2,5 ou 3 millions, le marché aurait pu être conclu aisément avec La Gantoise. Idem dans le cas de Legear. Anderlecht réclamait 4 millions pour lui en janvier passé. Le Dinamo était disposé à en offrir 2,5 pour lui. Si d'après vous son prix a été revu à la hausse et est compris dans une fourchette de 6 à 8 millions d'euros, c'est sûr qu'il est devenu hors normes. Le seul détail qui est peut-être susceptible de jouer en sa faveur, c'est l'extension du nombre d'étrangers par équipes. Cette année, la Russie avait adopté la règle des 5 Russes et 6 non-Russes. Mais comme les nationaux sont devenus très onéreux, la réglementation va changer en 4 + 7. On peut donc s'attendre à un afflux d'étrangers. " Transféré en 2007 de La Gantoise au Zenit Saint-Pétersbourg, Nicolas Lombaerts est bien placé pour savoir ce qui attend Legear au cas où il trouverait refuge en Russie. A ses yeux, le Dinamo est un point de chute intéressant. Mais il y mieux encore dans la capitale selon lui. " Je pense au CSKA et au Spartak. Ces deux clubs sont les plus populaires et rétribuent le mieux leurs joueurs. Ce n'est pas anodin car la vie dans les grandes villes russes est chère. Saint-Pétersbourg n'est pas donné, mais ce n'est rien encore par rapport à la capitale, qui passe pour la plus onéreuse au monde. Sur le papier, Jo est peut-être émerveillé par le contrat, mais c'est relatif par rapport au coût de la vie sur place. Le Dinamo a réussi mieux que nous cette année mais je n'oserais jurer qu'il dispose de meilleurs joueurs. Nous avons payé cher notre implication européenne alors que les Moscovites en étaient privés. Le CSKA a vérifié exactement la même chose, ce qui explique pourquoi, contre toute attente, le titre est allé au Rubin Kazan (l'ex-club de Cédric Roussel...). Collectivement, c'est un ensemble très solide, à l'instar du Dinamo d'ailleurs, alors que chez nous ou au CSKA il y a probablement plus d'individualités marquantes. Je songe à Andreï Arshavin au Zenit par exemple, de même qu'à des garçons comme Vagner Love, Yuri Zhirkov ou encore Sergueï Ignashevich au CSKA. Le Dinamo n'a pas vraiment de grands noms, à part Dmitry Khokhlov peut-être. Celui qui m'a le plus frappé, c'est Alexander Kerzhakov, qui a encore milité à Séville. Et sans doute les Anderlechtois se souviennent aussi d'un certain Ruslan Pimenov qui leur avait fait mal, jadis, dans les rangs du Lokomotiv. Stanislav Vlcek et Dmitry Bulykin sont passés aussi par les rangs du Dinamo avant d'aboutir au Parc Astrid. Legear peut toujours aller aux informations chez eux. Moi, il ne m'a pas encore contacté. Si c'est le cas je lui conseillerais de tenter la grande aventure. La Russie, c'est vraiment un autre monde. Et personnellement, je ne suis pas mécontent du tout de la vivre au quotidien. " Jonathan Legear est né le 13 avril 1987 à Liège Ailier droit, 1,79m ; 73 kg A fait ses classes à Thier à Liège, au FC Liège et au Standard avant de mettre le cap sur Anderlecht, en 2003. A effectué sa première apparition en championnat le 10 novembre 2004 contre le Standard à Sclessin. Lors de la saison 2005-2006, de nombreuses blessures l'empêcheront d'augmenter son total (8 m/1but). En revanche, il est très présent en 2006-2007 (22m/2b) et lors du premier tour de 2007-2008, il a livré le plus de matches (22 toutes compétitions confondues) avant qu'une déchirure encourue le 19/12 en Coupe de l'UEFA ne l'éloigne quatre mois des stades (19m/2b). A déjà pris part à 10 rencontres cette saison (2 buts). Palmarès : 3 x champion de Belgique (2004, 06, 07) ; Coupe de Belgique 2008. par bruno govers