Nicolas Frutos avait tout pour devenir un grand buteur, sauf un corps en acier. Il était intelligent, technique, créatif, courageux mais il n'a physiquement pas tenu le coup. Son dernier but, le 3 février contre le Club Bruges, était une de ses perles, " comme seul lui pouvait en marquer à Anderlecht " (dixit son coach Ariel Jacobs). Trois jours plus tard, Frutos était titulaire contre Saint-Trond mais quittait le terrain après une heure. C'était son dernier match. Depuis, il ne s'est plus entraîné et a quitté la Belgique le week-end dernier. Il aurait pu devenir le meilleur avant-centre de l'histoire d'Anderlecht.
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Nicolas Frutos avait tout pour devenir un grand buteur, sauf un corps en acier. Il était intelligent, technique, créatif, courageux mais il n'a physiquement pas tenu le coup. Son dernier but, le 3 février contre le Club Bruges, était une de ses perles, " comme seul lui pouvait en marquer à Anderlecht " (dixit son coach Ariel Jacobs). Trois jours plus tard, Frutos était titulaire contre Saint-Trond mais quittait le terrain après une heure. C'était son dernier match. Depuis, il ne s'est plus entraîné et a quitté la Belgique le week-end dernier. Il aurait pu devenir le meilleur avant-centre de l'histoire d'Anderlecht. Son contrat avec les Mauves, qui courait encore jusqu'en 2014 (!), a été rompu en faisant l'objet d'un arrangement à l'amiable. Quand Frutos jouait, il était excellent, marquait beaucoup et avait rapidement remboursé le prix de son transfert d'Independiente (2,5 millions). Mais ses blessures et indisponibilités répétées et de plus en plus longues sont devenues une litanie vécue depuis son arrivée au Sporting en janvier 2006. Il n'a joué que la moitié des matches possibles et on peut se demander quel autre club qu'Anderlecht lui aurait maintenu un contrat jusqu'en 2014. Le grand Argentin n'aura 29 ans qu'en mai prochain mais avait un énorme talon d'Achille : son tendon du même nom... " En quatre ans, son état a empiré de façon dramatique ", a dit le médecin d'Anderlecht Kristof Sas ànotre collègue Jan Hauspie. " Ce n'était plus possible de poursuivre une carrière pro dans ces conditions. Malgré quatre longues périodes de revalidation, le tendon d'Achille ne supportait plus la charge d'un entraînement normal, même amateur. Même dans sa vie de tous les jours Nicolas souffre. Le risque d'une rupture totale existe, dès lors. Lors de la dernière opération en février 2009, on avait de l'espoir, mais la douleur est vite revenue. " Après l'international australien Clayton Zane, la malédiction du remplacement poste pour poste de l'avant-centre tchèque Jan Koller parti en 2001 a de nouveau frappé. Zane a mis fin à sa carrière à Anderlecht en 2005 (à 28 ans...) en raison d'un genou éclaté. Mais Jan était trop grand et trop fort pour ses successeurs. Non seulement par la taille (2m02) par rapport aux 1m93 de Zane et 1m94 de Frutos, mais aussi et surtout par sa solidité, saison après saison. Aujourd'hui, à 36 ans, il joue toujours (à Cannes, en D3 française, surtout pour le plaisir). Et son rêve est de terminer dans le club de sa ville natale, en Tchéquie, avec son frère. Vers 40 ans... Un phénomène dont le vrai successeur est apparemment Romelu Lukaku. Talent incroyable, jeunesse éclatante et mensurations de boxeur poids lourds : 1m91 et 98 kilos. En poids, bien plus proche de Koller, qui accusait 101 kilos sur la balance, par rapport aux 90 kilos tout mouillés de Zane et Frutos. Lukaku écrase tout sur son passage. Son père Roger était parfois surnommé King Kong (ce qui ne lui plaisait pas), quand il jouait mais son fiston fait encore plus forte impression. On espère pour lui que les blessures l'épargneront, mais il ne fait pas de doute que sa densité et sa qualité musculaires phénoménales constituent un atout. Quand Frutos est arrivé à Anderlecht, il nous semblait justement plus musclé au niveau des jambes qu'au moment où une succession de blessures intervint. On dit toujours que des muscles en bon état (forts, entraînés et souples) préservent les articulations... à condition que tendons et ligaments soient en bon état. Frutos arrête à l'âge où un autre centre-avant mythique éclatait, l'Allemand Horst Hrubesch qui joua au Standard après avoir gagné l'EURO et la C1 avec Hambourg. C'était un super athlète pour l'époque : 1m88 et 88 kilos. Aujourd'hui, il a été élu coach allemand de l'année pour la victoire des -21 à l'EURO ! On l'a rencontré avant Hambourg-Standard (cf. p. 58) et on espère que Nicolas puisse retrouver vite du bonheur dans le foot, peut-être aussi comme coach. On lui souhaite bonne chance... et de bonnes parties de pêche sur le Parana Santa Fe, avec ses amis en attendant de rebondir. PAR JOHN BAETESans ses blessures, Frutos aurait pu devenir le meilleur avant-centre de l'histoire d'Anderlecht.