Zagreb restera à la fois un mauvais et un bon souvenir pour Eric Deflandre. Il gardera en bouche le goût amer de cette tripotée face aux Croates (4-0) mais sa montée au jeu à la place d' Olivier De Cock en cours de deuxième mi-temps marqua aussi son retour en équipe nationale après neuf mois d'absence.
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Zagreb restera à la fois un mauvais et un bon souvenir pour Eric Deflandre. Il gardera en bouche le goût amer de cette tripotée face aux Croates (4-0) mais sa montée au jeu à la place d' Olivier De Cock en cours de deuxième mi-temps marqua aussi son retour en équipe nationale après neuf mois d'absence. Au retour du Mondial, le Liégeois traversa une mauvaise passe dans son club. Paul LeGuen avait pris la succession de Jacques Santini, nouveau patron des Bleus, à la tête des Gonesde Gerland. Changement de patron, autre approche dans la façon de gérer les hommes et le jeu. Le groupe avait entamé la préparation sans le Belge qui, après l'expédition japonaise de la Coupe du Monde, avait pris un peu de repos. C'était prévu et Paul Le Guen, l'ancien entraîneur de Rennes (qui n'avait pas de club la saison passée), misa d'abord sur Jean-Marc Chanelet au poste d'arrière droit. "Au fil des semaines, je me suis rendu compte qu'on ne m'offrait pas du tout de temps de jeu en championnat", affirme Eric."Or, je me donnais à fond que ce soit dans le travail au quotidien ou dans les petits matches amicaux. Il y avait donc un problème. Je ne suis pas du style à demander sans cesse le comment et le pourquoi d'une option tactique. C'était à moi de convaincre le coach par mon attitude et la qualité de mes ambitions. Plus tard, j'ai appris que Le Guen estimait que j'avais un jeu trop offensif. Il préférait un arrière plus prudent. Avec le temps,j'ai réussi à le faire changer d'avis en devenant plus rigoureux sur le plan défensif mais tout étant aussi offensif qu'avant. Mon assist sur le but de Juninho à Nice a fait réfléchir, je crois. J'ai repris ma place depuis le mois de février face à Troyes et Lyon a retrouvé le trio de tête du championnat. Lyon a raté le coche en Ligue des Champions, en Coupe de France et de la Ligue. Le titre, ou au moins un des trois places qualificatives pour la Ligue des Champions, permettrait de terminer en beauté après nos galères".Anderson en jokerOn évoqua même un départ pour l'international belge, cité à Everton, à Middlelsbrough, à Galatasaray, à Kaiserslautern et en Espagne... "Je n'ai jamais voulu quitter Lyon", souligne-t-il."Mais il avait été question de l'arrivée d'un nouvel arrière et comme je suis sous contrat jusqu'en juin 2004, je devinais qu'on voulait faire de l'argent en me cédant à un autre club. Mon nom a été avancé lors du dernier mercato d'hiver. J'ai tenu le coup même si ce ne fut pas évident. J'ai eu des moments de découragement. Je voulais revenir à la unesous le maillot de Lyon car je me sens bien dans ce club et cette ville. En deux ans, j'y ai acquis le respect de tous. J'en suis le premier satisfait. Les supporters m'ont toujours soutenu et la presse lyonnaise a pris ma défense en affirmant que j'avais ma place dans l'équipe de base. Ce furent des attitudes très encourageantes pour moi.Normalement, je devrais rester. Si je termine bien ma saison, cela pourrait tout remettre en place. Un deuxième titre ferait oublier pas mal de choses" Eric Deflandre n'a pas été le seul à faite banquette. Edmilson ne joue guère depuis un bon petit bout de temps. Or, l'arrière brésilien est tout de même champion du monde. Et Sonny Anderson doit se contenter d'un rôle de joker offensif. Cela donne une idée quant à la qualité du noyau de Lyon. "Je n'ai joué qu'un match de Ligue des Champions que nous avons gagné contre Rosenborg", avance Eric Deflandre. "J'ai été bon mais cela ne m'empêcha pas de me retrouver en CFA quelques jours plus tard. Je suis fier d'avoir tenu le coup. Après cela, je me sens plus fort dans ma tête et dans mon football.Pour Le Guen, il n'y a pas de protégés. C'est bien mais, au départ, j'aurais préféré un peu plus d'explications. Santini était un grand partisan du turnover, qui a fait du bien à tout le monde, mais il expliquait le comment et le pourquoi de ses décisions. Le Guen m'a semblé moins communicatif avant que je ne comprenne sa façon de voir les choses".Monaco et OMDeflandre a fait beaucoup de chemin en France. En Belgique, il avait déjà respecté un plan de carrière bien ficelé sous la férule de son manager, Yves Baré. Eclosion à Liège, rodage sous le maillot d'Ekeren, envol lors de son passage au Club Brugeois. Après l'EURO 2000, il fut transféré à Lyon, un grand club avec un stade de 50.000 places souvent généreusement remplies. La pression y est aussi forte qu'à Marseille, au PSG et à Bordeaux. De plus, Deflandre débarqua en France à une époque où les Bleus étaient maîtres du monde et d'Europe. C'est dire si les attentes du public étaient énormes à l'égard du petit nouveau venu de Belgique. En deux ans, il a gagné la Coupe de la Ligue en 2001 (très important chez nos voisins car les clubs gagnent beaucoup d'argent et le vainqueur empoche un billet pour la Coupe de l'UEFA), la médaille d'argent en championnat en 2001 et le titre de champion en 2002 au terme d'un duel épique avec Lens. Cette saison, Lyon lutte à nouveau pour le titre avec Monacoet Marseille. Les Monégasques de Didier Deschamps disposent de troupes très fraîches. Marseille et son coach, AlainPerrin, font le maximum pour garder le contact. L'expérience de Lyon sera-t-elle décisive? "A part sa défaite face au PSG, Marseille ne lâche rien dans son stade", avance Eric Deflandre. "En déplacement, l'équipe de Daniel Van Buyten est plus friable. Monaco avance vite et bien avec un bloc solide et des joueurs en forme. La pression y est moins forte qu'à Lyon ou à Marseille mais si on arrive au sprint comme ce fut le cas la saison passée avec Lens, notre expérience pourrait être prépondérante.Deux titres en trois ans, ce serait super". Pierre BilicTrois pour le titre, mais le plus d'expérience