Virton mange un peu son pain noir en championnat en ayan perdu le contact avec la tête, mais a un superbe rendez-vous le week-end prochain en Coupe de Belgique avec un seizième de finale, à Genk, chez les champions de Belgique!
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Virton mange un peu son pain noir en championnat en ayan perdu le contact avec la tête, mais a un superbe rendez-vous le week-end prochain en Coupe de Belgique avec un seizième de finale, à Genk, chez les champions de Belgique!Quand on demande au gardien de Virton Pedro Gomez ce que ce match représente pour lui, il répond:"Pour certains joueurs, cela va peut-être être un tremplin. Pour moi, c'est sans doute la dernière fois que j'affronterai une équipe de D1. Mais on ne devra pas jouer individuellement, le collectif devra primer". Depuis la défaite à domicile face à Eupen (1-2), le club de Virton est en baisse de régime et n'arrive plus à s'imposer facilement. Une défaite face à Hamme (1-2) et une autre face à Denderleeuw (3-0) ont suivi. "La défaite face à aux germanophones nous a vraiment fait beaucoup de mal. Dans nos esprits, on perdait tout espoir de tour final. Cela nous a affectés fortement mais ça nous a remis les pieds sur terre. Le joueur qui a eu le plus de difficulté à digérer cette défaite, c'est Daniel Gomez, notre attaquant et buteur français, mon homonyme. Il avait raté un penalty. La nuit suivant le match, il n'a pas dormi. Depuis, il fait face à un petit problème de confiance car il s'est rendu compte à quel point on a besoin de lui. Face à Hamme, nous méritions mieux mais nous nous sommes effondrés. J'ai d'ailleurs commis dans ce match ma première véritable erreur de la saison. Maintenant, il faut se ressaisir. C'est dans la réaction qu'on remarque les bonnes équipes. Je suis convaincu que ça va revenir et qu'on va remettre les pendules à l'heure avec les personnes qui considèrent que notre deuxième place était un accident. L'objectif de la saison reste pourtant le maintien ", déclare-t-il. Cadix, en LigaPedro est espagnol mais est né en Belgique. Ses parents viennent d'un petit village situé à quelques kilomètres de Madrid, Candeba. Comme quasiment tous les enfants, il commence à jouer au foot à l'école. Sur le terrain, il trouve rapidement sa place: il est gardien. Il participe à des championnats inter-écoles. Par la suite, il intègre l'US Liège et y reste jusqu'à ses 15 ans. Il passe ensuite à l'Atletico Espagnol qui évolue en 2e Provinciale liégeoise. A 17 ans, il passe des tests concluants au Standard grâce à Léon Semmeling. La première saison, il évolue en Juniors nationaux et la deuxième, en Espoirs. "J'ai été deuxième gardien du Standard à un moment car Michel Preud'homme avait été suspendu et j'ai fait partie du groupe. Ce dernier a vraiment été mon idole. Je me suis beaucoup entraîné avec lui et, contrairement à Gilbert Bodart, premier gardien à ce moment, qui me voyait plus comme un rival, il était très humain. J'avais 19 ans et il m'a pris sous son aile", raconte Gomez. En 1985, il est transféré à Seraing et y reste deux ans. Son rêve prend alors forme. Il va jouer en Espagne. En effet, Cadix, un club de D1, le recrute mais bien vite son rêve se transforme en cauchemar. "A l'époque en Espagne, des élections étaient effectuées tous les quatre ans pour élire le président du club. Maintenant, seul le Real Madrid et Barcelone ont conservé cette tradition. Ce système ne m'a absolument pas porté chance car le président qui m'avait acheté n'a pas été réélu. Je n'entrais dès lors plus dans les projets sportifs du club. J'étais bel et bien bloqué car je ne pouvais plus être transféré étant donné mon contrat de trois ans. Pendant deux ans et demi, je n'ai pas joué et j'ai décidé d'attaquer mon club en justice. Finalement, j'ai eu gain de cause mais j'étais brûlé en Espagne car les clubs sont solidaires. Plus aucun ne voulait de moi", explique-t-il. Après ce passage difficile, il est obligé de revenir en Belgique et atterrit en 1989 à Tilleur. De 1992 à 1996, il évolue à l'Union Saint-Gilloise et remporte un championnat de D3."Je garde un très bon souvenir de cette époque. On pourrait même dire: l'Union une fois, l'Union toujours. Les supporters étaient merveilleux et je me suis d'ailleurs lié d'amitié avec quelques-uns. Le club bruxellois et Virton sont certainement les deux clubs de mon coeur".Pour des raisons familiales, Gomez retourne ensuite à Seraing jouer en Promotion. Il y reste un an et est transféré à Virton. Quand il pense à son parcours, l'homme demeure déçu: "On me dit souvent que je n'ai pas eu la carrière que je méritais mais je n'ai pas à me plaindre. C'est en général la chance qui joue. Preud'homme est devenu titulaire parce qu'il y a eu deux gardiens qui se sont blessés. On n'est maître de rien, surtout quand on est gardien. Il y en a d'excellents qui ont évolué en Provinciale toute leur carrière".Une vie bien pleinePedro n'est pas professionnel. Il travaille au Centre Audiovisuel de Liège qui fournit des vidéos et du matériel principalement aux écoles. A l'époque où il évoluait au Standard, il a arrêté ses études d'électricien en plein milieu de sa deuxième année et le regrette fortement. Il vit à Liège en concubinage et a un fils de neuf ans à qui il essaye de consacrer un maximum de temps. "C'est souvent difficile. J'ai entraînement trois fois par semaine plus un match et je travaille. éa me laisse évidemment peu de temps pour ma famille. Mais le football est ma passion et je m'amuse à chaque fois. J'arrêterai quand mon corps et ma tête ne suivront plus", avoue-t-il.Pour Gomez, Virton est un club qui est toujours en train de grandir. Il a peu de budget et le gardien considère que son club devrait calquer sa politique sur celle de Mouscron : "Mouscron est un club isolé géographiquement qui a réussi à s'imposer. Virton devrait prendre contact avec ce dernier. La politique, en général, ressemble à l'organisation d'un club. En plus, je m'y intéresse fortement. Si un échevin des Sports me proposait de l'aider, ce serait volontiers. Récemment, j'ai trouvé lamentable l'affaire du GP de Spa-Francorchamps. Lamentable. A quelques mois des élections, certains politiciens commencent à se montrer. Avant, cette affaire intéressait peu de monde. Seulement, Happart et Monfils ont essayé de faire bouger les choses. Mais peu importe son bord politique, je trouve qu'il faut arriver à être d'accord sur des questions pareilles. Et surtout pas refuser une proposition parce que le parti adverse est pour. Mais les fautifs, c'est nous. C'est comme pour l'explosion financière du foot. On est prêt à acheter le maillot de Zidane à n'importe quel prix, cela veut dire beaucoup de choses.". Tim Baete