Qu'y a-t-il de commun entre Casablanca et Mons? Un nom : Douai. Ce n'est pas Humphrey Bogart prenant Ingrid Bergman dans ses bras dans le célèbre film de Michael Curtiz qui immortalisa la belle ville marocaine. Mais Moustapha Douai tourne son long métrage à lui au bras de sa copine, Nathalie, pour lui la plus belle des actrices, licenciée en sciences économiques, au stade Tondreau, "Imagimons" de la D1.
...

Qu'y a-t-il de commun entre Casablanca et Mons? Un nom : Douai. Ce n'est pas Humphrey Bogart prenant Ingrid Bergman dans ses bras dans le célèbre film de Michael Curtiz qui immortalisa la belle ville marocaine. Mais Moustapha Douai tourne son long métrage à lui au bras de sa copine, Nathalie, pour lui la plus belle des actrices, licenciée en sciences économiques, au stade Tondreau, "Imagimons" de la D1. Casa, ce sont les sources de sa famille. Il y retourne de temps en temps mais n'a jamais mis les pieds dans le café de Marcel Cerdan. La famille de cette légende de la boxe a préservé le décor comme il était en 1948 quand l'amant d'Edith Piaf trouva la mort dans un accident d'avion au large des Açores. Moustapha amené, il est vrai, tous ses combats sportifs en Belgique où il est né en 1975. Sympa, s'exprimant avec précision et intelligence,il brosse patiemment le tableau de sa carrière. Chaque étape, chaque couleur, a suscité la réflexion chez lui. "J'avais déjà connu la D1 avec le Sporting de Charleroi sans pouvoir m'y affirmer totalement", dit-il. "Je n'étais pas tout à fait prêt et j'en ai pris plein les bottes.Mais ce fut intéressant car, que ce soit avec Luka Peruzovic ou Robert Waseige, j'ai beaucoup appris.En quatre ans, j'étais passé de 4e Provinciale en D1: tout un monde de différence. Charleroi m'a fait comprendre que je devais reculer pour mieux sauter. Je me suis retrouvé à Mons qui me voulait plus que La Louvière.Je ne l'ai jamais regretté, au contraire, car je grandis en même temps que Mons". Départ au Pavillon Montagnard, le club du clan Brogno.Moustapha va vite mais n'oublie pas de revenir en arrière afin de dire que tout a commencé au Pavillon Montagnard, le premier club du clan Brogno. Libero, il attire le regard de Chapelle-lez-Herlaimont en 1992, y est entraîné par Orazio Schena, joue avec l'élégant Salvino Marinelli, décroche le titre en P1, milite en Promotion avant que Charleroi ne le recrute en 1996. Le football prend alors le pas sur ses études. Un choix délicat qui se défendait: "J'ai quand même un peu gambergé dans ma tête. A Chapelle, c'était le temps des copains s'entraînant trois fois par semaine. Je n'ai pas joué une seconde en D1 avec Peruzovic car j'étais encore trop court physiquement. En débarquant de Chapelle, je croyais que la campagne de préparation était suffisante pour aborder la D1. Je me fourrais le doigt dans l'oeil. La D1, c'est le monde pro et le but premier est de gagner sa croûte. La D1, c'était ma Ligue des Champions à moi mais je l'ai abordée de façon trop romantique. Or, Charleroi souquait déjà pour éviter la zone dangereuse. Robert Waseige avait tenu à me garder. Cette preuve de confiance me toucha.Je suis parti après deux ans mais mon bilan fut positif car j'avais appris à mieux me connaître aux côtés des Olivier Suray, Roch Gérard, Drazen Brncic, AlexTeklak,Laurent Wuillot et Olivier Renard". Il se souviendra longtemps de ses débuts en D1. C'était à Alost. Deux Carolos sont exclus, Waseige le lance pour contenir Harald Meyssen et Peter Lassen. Résultat après une heure et demi de jeu: défaite...7-2! Par la suite, Douai est victime d'une périostite, d'une fracture de fatigue du tibia et d'une entorse du genou. La charge de travail était élevée pour un joueur venu sans transition de Promotion. Par rapport à cette époque, une chose saute aux yeux: "Mous" a perdu quelques kilos et est désormais beaucoup plus vif. Il en rigole à l'image du gars qui a retenu la leçon: "J'ai toujours été naturellement rapide mais je ne savais pas qu'une bonne diététique pouvait être un gros facteur de progrès. Maintenant, je surveille tout ce que je mange, j'ai souvent un oeil sur la balance". Il débarqua à l'Albert en même temps que Thierry Pister en 1998. Ce dernier l'avait à la bonne et l'obligea à se dépasser tous les jours. Pister tapait souvent du poing sur la table et les colères de Marc Grosjean ont déjà étonné pas mal de monde aussi. Douai estime que Mons a besoin d'être secoué. C'est une ville bourgeoise qui, finalement, aime se la couler douce. "Pister avait tout à gagner, c'est vrai, mais s'il n'avait pas tapé dans la fourmilière, on serait peut-être toujours en D3", dit Moustapha Douai. Les Dragons vivent leur épopée avec Thierry Pister puis MichelWintacq et enfin Marc Grosjean. "Nous ne sommes jamais restés les mains vides à l'issue des quatre dernières saisons", souligne l'arrière central du stade Tondreau. "Il y avait toujours un prix pour nous récompenser: tour final en D3, montée en D2, tour final en D2, montée en D1. C'est une belle spirale ascendante mais on n'a rien eu pour rien. Mons a beaucoup travaillé. Notre arrivée en D1 est surprenante mais je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas faire aussi bien, finalement, que Westerlo ou Lommel". Malgré leurs doutes, des anciens de D3 jouent en D1.A Mons, des huiles citent parfois leurs références: Lille, Lens ou même Genk. Douai affirme comme Jean-Claude Verbist que ce serait très bien de s'installer calmement en D1 sans se gonfler du cou. En été, c'est en lisant la presse que Moustapha Douai note la venue d'un chapelet de renforts à Mons: Cédric Roussel, Liviu Ciobotariu,Eric Joly, Olivier Suray, Tarik Kharif, Claude-Arnaud Rivenet, Rabiu Baita, Mbemba Sylla, etc. Un déluge de nouveaux noms qui ne l'effraya pas même si on ne met pas une nouvelle mécanique au point du jour au lendemain. "Je crois qu'il fallait passer par là, et donc plus de concurrence, afin d'aborder la D1", dit-il. "Mais je n'ai jamais douté des qualités de ceux qui ont catapulté Mons parmi l'élite. Ils ont écrit une page importante de l'histoire de ce club. Cela rend fort si on ne se grise pas. Certains ont été décontenancés mais je constate que beaucoup d'anciens de D2, même de D3, ont accepté le défi de la concurrence et jouent en D1. Personnellement, j'étais confiant avant de redémarrer. C'est la deuxième chance de ma carrière en D1, il n'y en aura pas trois, et je veux réussir. Le fait d'y avoir déjà vécu, même difficilement, est un atout. Je sais ce qui m'attend: la lutte permanente pour gagner et tout passe par le travail. L'apport des renforts constitue un plus. En défense, je joue sur la même ligne que Liviu Ciobotariu. Son métier est source d'enrichissement. Sa modestie aussi. Pourtant, il a tout gagné en Roumanie et je me demande pourquoi un tel joueur a été expédié dans le noyau C au Standard: à ne rien y comprendre mais c'est la D1". Pierre Bilic"La D1, c'est le cas Ciobotariu"