" Mon passage sous les drapeaux date de 1959-60. A cette époque, l'équipe nationale militaire intéressait beaucoup de monde et était attentivement suivie par les médias. La presse accordait pas mal d'importance à ses résultats dans le cadre du Challenge Kentish (France, Royaume-Uni, Belgique + Pays-Bas depuis 1986) ou du Tournoi du CISM (Conseil international du sport militaire). Le passage chez les Jass, comme on appelait l'équipe nationale militaire, était souvent décisif dans le déroulement d'une carrière. Les coaches de D1 suivaient nos matches internatio...

" Mon passage sous les drapeaux date de 1959-60. A cette époque, l'équipe nationale militaire intéressait beaucoup de monde et était attentivement suivie par les médias. La presse accordait pas mal d'importance à ses résultats dans le cadre du Challenge Kentish (France, Royaume-Uni, Belgique + Pays-Bas depuis 1986) ou du Tournoi du CISM (Conseil international du sport militaire). Le passage chez les Jass, comme on appelait l'équipe nationale militaire, était souvent décisif dans le déroulement d'une carrière. Les coaches de D1 suivaient nos matches internationaux qui se disputaient dans des stades bien garnis. C'est d'ailleurs après une rencontre disputée au Parc Astrid que Pierre Sinibaldi décida que j'étais définitivement bon pour le service en D1. Je dois beaucoup au Colonel Jean Wendelen, le sélectionneur des Jass. Après mes deux mois d'instruction passés à Namur, je me suis retrouvé à la base aérienne de Beauvechain. En fin d'après-midi, j'étais libéré pour me rendre à l'entraînement des Mauves. J'avais un vélomoteur Flandria et il fallait que je trace de ma caserne à Anderlecht en passant par Wavre. A cette époque, par coquetterie, il m'arrivait de jouer bas baissés, sans jambières. Après un solide derby Daring-Anderlecht, ma jambe a gonflé. L'inflammation était foudroyante et le médecin militaire ne voyait plus qu'une solution pour arrêter cette phlébite : l'amputation. J'ai appelé le Colonel Wendelen qui m'a permis d'être soigné par le staff médical d'Anderlecht. Sans cela, je serais probablement devenu unijambiste. Le Colonel était un stratège qui aimait ses joueurs. Un soir, alors que j'étais de garde au Palais royal, j'ai prolongé la pause casse-croûte, le temps d'un entraînement à Anderlecht. Mon absence n'est pas passée inaperçue et il a fallu l'intervention du Colonel pour m'éviter des sanctions. J'étais sérieux et je savais que l'équipe nationale militaire était un tremplin. Wendelen a eu plus de problèmes avec d'autres joueurs. Je n'ai pas joué avec Roger Claessen en équipe nationale militaire mais on m'a raconté les frasques de celui qui a été un des plus grands attaquants du football belge. En Turquie, Claessen et Maurice Jamin, de Mons, prirent un bain de soleil en tenue d'Adam sur la terrasse de leur hôtel : scandale, renvoi au pays où personne ne les attendait et... ils en ont profité pour regagner leur caserne trois jours plus tard. Wendelen ne pouvait plus rien pour eux et ils ont été mis à la porte de l'équipe nationale militaire. Roger appréciait le bon Colonel Wendelen et a regretté cet épisode. " né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing)PIERRE BILIC