Igor De Camargo (21 ans) a abouti au FC Brussels lors du récent mercato, mais il avait déjà été abondamment question de lui chez les Coalisés l'été passé. A l'époque, toutefois, le goleador brésilien avait préféré jurer fidélité à Genk, où il était revenu après un prêt d'une saison dans sa filiale d'Heusden-Zolder.
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Igor De Camargo (21 ans) a abouti au FC Brussels lors du récent mercato, mais il avait déjà été abondamment question de lui chez les Coalisés l'été passé. A l'époque, toutefois, le goleador brésilien avait préféré jurer fidélité à Genk, où il était revenu après un prêt d'une saison dans sa filiale d'Heusden-Zolder. Igor De Camargo : En l'espace d'une campagne, j'avais disputé 33 matches assortis de 10 buts pour les néo-promus. Fort de ce total et de l'expérience de la D1 que j'avais acquise, je tenais prioritairement à saisir ma chance à Genk. Au départ, d'ailleurs, je n'ai eu qu'à me féliciter de ce choix dans la mesure où, tout au long de la période de préparation, je me suis régulièrement signalé de manière positive. Avec, comme point d'orgue notamment, les deux buts signés en Coupe Intertoto contre le Borussia Dortmund au Westfalenstadion. A ce moment-là, j'ai bien cru que j'avais opéré ma percée définitive au stade du Phénix. Par après, hélas, il m'a fallu déchanter. Sans que je sache trop pourquoi, je n'ai subitement plus fait partie des plans de bataille de l'entraîneur René Vandereycken. J'estimais que je valais davantage qu'un statut de bouche-trou et c'est la raison pour laquelle, à l'occasion de la trêve hivernale, j'ai sollicité mon transfert. Le Brussels recueillait mes faveurs puisqu'il s'était déjà intéressé à moi à l'intersaison 2004. Ses dirigeants avaient alors reculé devant la coquette somme d'un demi-million d'euros exigés par mon employeur en échange de ma libération. En janvier, ce montant fut revu sérieusement à la baisse et le deal a finalement été réalisé. A mon grand soulagement, je l'avoue. Pour vous peut-être mais pas pour moi. J'avais goûté au plaisir de jouer pendant un championnat complet à Heusden-Zolder et j'avais à c£ur de répéter une performance semblable à Genk. Compte tenu de la concurrence, je me faisais fort d'y arriver. Malheureusement, le coach ne m'avait pas à la bonne. Comprenez-moi bien : à aucun moment, René Vandereycken ne m'a poussé verbalement vers la porte de sortie. Toutefois, son attitude en disait long sur le peu de crédit dont je jouissais auprès de lui. Passe encore qu'un joueur s'échauffe une fois en pure perte mais quand cela devient systématique, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre. A la question d'un supporter de savoir pourquoi il ne tablait pas sur les mêmes hommes en pointe, match après match, il répondit que si mon jeu de tête, couplé à la vitesse de Paul Kpaka, pouvait être greffé sur le sens du but de Kevin Vandenbergh, l'équipe serait dotée de l'attaquant parfait. Désolé, mais il n'y a, à mes yeux, qu'un seul joueur qui réunisse actuellement ces trois qualités : Didier Drogba. Vu le débours de 37 millions d'euros qui a été nécessaire à Chelsea pour le déloger de l'Olympique Marseille, je ne pense pas que ce joueur était dans les cordes du club limbourgeois (il rit). A défaut, je me demande dans quelle mesure il n'aurait pas été possible de composer une ligne d'attaque compétitive sur base des qualités individuelles que mes deux compères et moi-même présentions. En début de campagne, ce n'était pas envisageable, manifestement. A présent, avec Kevin Vandenbergh, Orlando Engelaar et Nenad Stojanovic, c'est soudain faisable. Pourquoi ? Si René Vanderyecken avait privilégié cette option-là plus tôt, je serais peut-être resté à Genk, qui sait ? Mais le passé est le passé. Ma nouvelle équipe est davantage armée que celle où j'évoluais en 2003-04 pour réussir sa survie. Sur le plan purement footballistique, Heusden-Zolder proposait à n'en pas douter un football plus chatoyant que le Brussels actuellement. C'est d'ailleurs grâce à la qualité du jeu déployé que nous sommes parvenus quelquefois à réaliser de bonnes performances face à des formations qui étaient animées du même souci que nous. Pour mémoire, je rappellerai quand même que nous avions battu le Club Bruges par 4 buts à 2 sur notre terrain et que nous avions failli créer la surprise face à Anderlecht en Coupe de Belgique. Par rapport à la concurrence en bas de tableau, nous présentions cependant une énorme lacune : le manque absolu de répondant physique. Qu'on le veuille ou non, nous comptions trop de beaux joueurs et pas assez de guerriers. Des gars comme Dimitri de Condé, Mohamed Barka, Vincent Euvrard et Mike Okoth, pour ne citer qu'eux, se singularisaient davantage par les beaux gestes que par une juste agressivité de tous les instants. De ce point de vue-là, le Brussels est nettement mieux fourni avec des batailleurs tels qu'Alan Haydock, Laurent Wuillot, Christ Bruno et Davy Theunis. Or, pour espérer se sauver, c'est avant tout des qualités de battants qui sont nécessaires. L'AEC Mons a été loué, ces dernières semaines, pour la belle qualité du football proposé. C'est vrai, mais les Dragons n'en restent pas moins sur un piètre 0 sur 15 durant ce laps de temps. Le KV Ostende, qui ne présente pas un jeu des plus académiques, a pris 10 points sur 15 pendant la même période. Dont 3 face à un rival direct, Mouscron, au prix d'un football plus que musclé. A mon sens, vu notre effectif, nous sommes plus proches de l'exemple des Côtiers, tout en déployant un plus beau football. Ce mélange idéal devrait nous permettre de nous sauver. Désolé mais son explication est tout à fait risible. Je ne comprends pas pourquoi on a fait un tel foin autour de cette affaire, ici, alors qu'en Premier League anglaise, des scènes pareilles se déroulent chaque semaine sans qu'on y trouve à redire. Ivan Willockx a une tête de plus que moi et a l'avantage de pouvoir capter le ballon des mains. S'il n'est pas capable d'imposer le respect dans son domaine avec ses atouts-là, c'est sa faute. Si je l'avais poussé volontairement et empêché d'aller au ballon, j'aurais compris et admis que l'arbitre siffle une faute contre moi. Mais, dans ce cas précis, j'ai bel et bien joué le cuir. Que je m'aide des coudes pour sauter est, d'après moi, complètement logique. Je ne connais personne, en tout cas, qui soit capable de réaliser une détente verticale appréciable avec les bras collés le long du corps. Ou bien il s'élèvera de 25 centimètres tout au plus. Moi, j'en fais plus du double depuis toujours. A l'analyse, il n'y a que face aux Dragons que mon jump a posé problème. Avec Heusden-Zolder, j'ai inscrit les trois quarts de mes buts de la tête. Et il n'y a jamais eu la moindre remarque à ce propos. Je présume que si Mons s'était imposé chez nous, comme il en a eu la possibilité, jamais notre but égalisateur, conséquence de mon duel avec le portier adverse, n'aurait suscité le même émoi. Dans ma propre famille, je le suis en tout cas. Car mon grand-père, Benedito, était un véritable numéro 7, comparable à Garrincha avec le talent en moins. Quant à mon paternel, Nivaldo, qui fut à deux doigts de signer un contrat à Palmeiras, c'était un régisseur comparable à Gerson. Bizarrement, je n'ai pas hérité de leur technique. Peut-être est-ce dû à ma mère, qui est de race blanche, alors que toute ma famille du côté paternel est de peau noire (il rit). Au Brésil, je suis ce qu'on appelle un cafe com leite. Et même un lait russe, carrément, puisque ma mère m'a prénommé Igor (il rit). Par la suite, mon père s'est rattrapé en choisissant le prénom africain Hayle pour ma s£ur. Ainsi, tout le monde était content dans la famille. Après avoir joué à Porto Feliz, la ville dont je suis originaire à une centaine de kilomètres de Sao Paulo, j'ai défendu tour à tour les couleurs d'Estrela, à Campinas, puis de Ponte Petra dans la cité pauliste même. A 17 ans, j'ai eu l'opportunité de passer un test au Racing Genk par l'entremise d'un manager brésilien qui connaissait mon homme de confiance actuel, Paul Stefani. Celui-ci estimait que j'étais parfaitement à même de marcher sur les traces de quelques autres joueurs brésiliens qui avaient fait carrière en Belgique après y être arrivés à un âge précoce : Wamberto, Isaias et Edmilson à Seraing. J'ai fait le pas et, quatre ans plus tard, je ne l'ai pas encore regretté un seul instant. Car si je n'ai pas amassé une fortune, j'ai quand même pu me constituer un tout petit bas de laine qui m'a permis de venir en aide aux miens, restés au pays. Grâce à l'argent envoyé au Brésil, ma mère a ouvert un petit commerce de fournitures scolaires dénommé IARC. Ce sont les initiales d'Igor, Alberto, Rinck et Camargo. Alberto est le prénom de mon grand-père maternel et Rinck le nom de ma mère. Les deux autres ne nécessitent sans doute pas d'explications (il rit). J'ai surtout toujours eu la volonté d'apprendre. Au cours de mes premiers mois ici, j'ai évidemment eu la chance de séjourner dans une famille d'accueil. C'était l'immersion totale pour moi et, au bout d'un an à peine, j'étais déjà capable de soutenir n'importe quelle conversation en néerlandais. Pour votre autre langue nationale, j'ai pu compter sur les francophones du noyau de Genk : les Camerounais Justice Wamfor et Eric Matoukou, le Burkinabé Mamouni Dagano et l'Ivoirien Didier Zokora. Grâce au frère de Paul Stefani, Bruno, qui a toujours pratiqué l'italien avec moi, je maîtrise aussi la langue de Dante. Sans compter que l'espagnol et l'anglais ne me posent pas trop de problèmes non plus. C'est vrai que peu de footballeurs sont aussi polyglottes que moi. Il me reste à apprendre l'allemand et l'arabe pour être un bon belge (il rit). Certains disent parfois que la victoire engendre le plaisir. Moi, je prétends que le contraire est tout aussi vrai et que le plaisir engendre la victoire. Je ne comprends pas ceux qui tirent une tête d'enterrement sur le terrain. Ceux-là ne mesurent pas le bonheur qu'ils ont d'être footballeurs. Personnellement, j'en suis conscient. Et c'est pourquoi je veux partager cette joie avec tous les autres. De toute façon, je suis gâté puisque j'ai le bonheur de jouer avec un certain do Nascimento à mes côtés. Vous vous imaginez : jouer avec quelqu'un qui porte le même nom que Pelé. C'est quand même génial, non ? Mon principal souci consiste à jouer pendant tout ce temps au plus haut niveau du football belge. D'un point de vue individuel, j'aspire à marquer encore huit fois en autant de matches. De la sorte, j'atteindrais le même total que la saison passée à Heusden-Zolder. A cette nuance près qu'il serait réparti sur deux clubs : un but pour le compte du Racing et les autres pour le Brussels. C'est réalisable. Pas grand-chose : le système est resté pour ainsi dire le même puisque nous sommes toujours fidèles au 4-4-2. A cette nuance près que j'ai déjà évolué seul en pointe aussi, comme ce fut le cas à Anderlecht. Dans les deux cas de figure, toutefois, je fais toujours office d'attaquant le plus avancé, comme il en allait déjà avec Emilio Ferrera. En fait, je suis mal placé pour établir une comparaison entre les deux hommes, en ce sens que j'ai à peine travaillé avec le technicien bruxellois, et que je découvre à peine son successeur. Tout ce que je peux dire pour l'instant c'est que Robert Waseige insiste beaucoup sur le dialogue et la psychologie. Pour un attaquant, ce n'est pas négligeable. Non, il ne faut pas se focaliser là-dessus. Chaque match sera une finale que nous devrons essayer de gagner, surtout contre la concurrence directe. A commencer par celui qui nous attend prochainement face à St-Trond. Après Mouscron et Mons, c'est un autre match à six points que nous devons mener à bonne fin. Je constate que nous avons réussi dans notre entreprise pour les deux premiers. Et comme le veut le dicton : jamais deux sans trois (il rit)... Bruno Govers" La victoire engendre le plaisir mais LE PLAISIR ENGENDRE LA VICTOIRE aussi "