Le chef coq de Sclessin s'active de plus en plus derrière ses fourneaux où il dirige des nouveaux commis, vérifie la fraîcheur des légumes de saison que Luciano D'Onofrio achète au marché, poivre le gigot d'agneau et, surtout, goûte toutes les sauces qui font sa réputation. Il sait que ses découvertes culinaires devront plaire aux 25.000 clients de sa nouvelle maison de bouche. Chez le Bos, tout le monde a déjà les yeux tournés vers ce restaurant où, dès la semaine passée, la rumeur a placé de nouveaux noms ( Steven Defour, Jef Strasser (l'international luxembourgeois de M'Gladbach), Bertrand Laquait, etc.) sur la liste des desserts. Le sourire de Johan Boskamp lors du stage des Rouges à Spa en disait long : il veut de la cuisine au beurre.
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Le chef coq de Sclessin s'active de plus en plus derrière ses fourneaux où il dirige des nouveaux commis, vérifie la fraîcheur des légumes de saison que Luciano D'Onofrio achète au marché, poivre le gigot d'agneau et, surtout, goûte toutes les sauces qui font sa réputation. Il sait que ses découvertes culinaires devront plaire aux 25.000 clients de sa nouvelle maison de bouche. Chez le Bos, tout le monde a déjà les yeux tournés vers ce restaurant où, dès la semaine passée, la rumeur a placé de nouveaux noms ( Steven Defour, Jef Strasser (l'international luxembourgeois de M'Gladbach), Bertrand Laquait, etc.) sur la liste des desserts. Le sourire de Johan Boskamp lors du stage des Rouges à Spa en disait long : il veut de la cuisine au beurre. La saison passée, la défense du Standard ne se retourna qu'à 28 reprises. Seul Anderlecht fit mieux en encaissant un but de moins. La ligne liégeoise était un bastion de haut vol avec des personnalités comme Vedran Runje, Eric Deflandre, Ogushi Onyewu, Jorge Costa, Philippe Léonard, etc. Trois d'entre eux sont partis. Pour le moment, cette ancienne garde se limite à Deflandre et Onyewu, même si l'Américain est courtisé et pourrait très bien épouser un autre club. Mais le problème le plus immédiat concerne la fonction de gardien de but. Il ne sera pas facile de succéder à Runje (élu gardien de but de l'année en 2005-2006) qui a pris place dans la prestigieuse galerie des portiers de légende du Standard après Jean Nicolay, Christian Piot, Michel Preud'homme et Gilbert Bodart. Michaël Cordier avait été cité pour lui succéder mais préféra passer de La Louvière au FC Brussels. Boskamp devra bien saucer ce plat-là : " Une page a été tournée mais je ne m'inquiète pas du tout. Runje était évidemment un très grand gardien de but mais la vie continue. J'ai défini le profil du gardien de but qui convient à mon occupation du terrain. A domicile, le Standard ne peut que jouer haut. Mon équipe mettra la pression dans le camp adverse. Il y a un risque à ce jeu-là : un contre peut être ravageur, surtout si notre portier reste dans son rectangle. J'ai besoin d'un keeper qui, en quelque sorte, accompagne le mouvement et qui puisse à chaque moment quitter ses bases afin d'annuler une attaque adverse. Il sera notre dernier arrière et notre premier attaquant. La priorité du Standard a toujours été Bertrand Laquait, de Charleroi. Deux experts m'en ont parlé à Sclessin : Michel Preud'homme et Claudy Dardenne. Je leur fais évidemment confiance. Ancien meilleur gardien de but du monde, Michel a souligné que Bertrand était aussi à l'aise dans ses sorties que derrière un solide rideau défensif. Tout le monde était d'accord mais Charleroi devait trouver une alternative : pas facile et une piste française, je crois, n'a pu être suivie jusqu'au bout. Laquait a toujours été la priorité mais il convenait d'avoir des alternatives ( NDLR : les internationaux hollandais Ronald Waterreus, ex-Glasgow Rangers, et croate Stipe Pletikosa, Hajduk Split). Mais, finalement, peu importe le nouvel élu. Il devra d'abord être meilleur qu' Olivier Renard. Je le connais depuis longtemps et je l'appréciais quand il était international chez les jeunes. Je lui ai dit que le meilleur jouerait. Il n'y a pas de noms qui comptent : c'est le terrain qui décidera. Et Olivier travaille comme un fou à l'entraînement. Mais on ne peut pas se lancer dans une saison avec pour seule doublure le jeune Jérémy Devriendt " Boskamp joue avec deux idées en ce qui concerne sa défense : un système à trois ou à quatre. Le coach du Standard aurait apprécié la présence de Philippe Léonard dans son effectif. Le Sprimontois n'a pas prolongé son contrat et s'entraînait, la semaine passée, avec un préparateur physique, à Saint-Raphaël. Il n'a pas de club et l'équipe nationale va bientôt se réunir afin d'entamer la campagne de qualification pour l'Euro 2008. Léonard tient à sa place parmi les Diables Rouges. Est-ce que cela l'incitera à faire un pas vers le Standard ? " C'est lui qui a refusé une offre du club ", avance Boskamp. " J'aime bien ce joueur qui a un énorme potentiel. D'ailleurs, dans le temps, avant son départ à Monaco, j'avais insisté pour qu'Anderlecht l'engage. C'est à lui de faire un pas. Sil revenait, ce serait bien mais j'ai des solutions pour mes problèmes derrière avec Eric Deflandre, Frédéric Dupré, Oguchi Onyewu, Rodrigo Costa, Rogerio, Miguel, Coelho, etc. On verra en fonction des fluctuations du noyau. Je suis intéressé par Jef Strasser, qui peut jouer au back gauche ou dans la ligne médiane. J'aimerais garder Onyewu, évidemment. Rodrigo Costa est le dernier arrivé. Il vient de Munich 1860 mais cet arrière central avait joué à Santos, Maritimo Funchal, Palmeiras et Grêmio. Cela veut dire quelque chose. Igor Tudor ? Luciano D'Onofrio s'en occupe. Une arrivée est possible mais il se sent bien à Sienne. Si on joue à quatre en défense, il faudra qu'un de ces hommes fasse le surnombre dans la ligne médiane. Il ne sert à rien de camper derrière. Cela demande un travail de réglage, de coulissements, d'automatismes. Le Standard sera offensif. Il y aura des alternatives : 4-3-3, 3-4-3, 4-4-2, etc. " A Liège, une rumeur a pris pas mal de corps alors que les Rouches trimaient du côté de Spa. La bombe concernait l'intérêt manifesté par le Standard pour Steven Defour également approché par Feyenoord et Cologne (D2). Ajax est revenu à la charge et le Celtic Glasgow a pointé le nez. Ce jeune joueur a utilisé la loi de 1978 afin de quitter Genk. Il est libre et peut signer ailleurs. Il y a un prix à payer en vertu de cette rupture (entre 250.000 et 300.000 euros ?). Ce n'est pas très élevé mais un accord lie les clubs de D1 et leur interdit d'engager un joueur de D1 avant fait appel à la loi de 1978 mais il a déjà volé en éclats. D'après certains échos, les Liégeois auraient proposé 1,5 million d'euros à Genk afin d'éviter un conflit. Defour adore Boskamp et sa façon de voir le football. Defour est un patron et un maître à jouer malgré ses 18 ans. International, doté d'une technique 24 carats, le Standard pourrait être une étape intermédiaire très intéressante avant un saut vers les cimes européennes. Cette touche de haute fantaisie et de beau jeu a fait défaut au Standard la saison passée. Boskamp doit être chaud comme une baraque à frites. La semaine passée, Defour l'était, disait-on, autant que lui : il avait envie de débarquer au Standard mais il restait alors à convaincre son père. La ligne médiane du Standard n'aura plus le même visage et Boskamp est impatient de travailler avec un noyau au complet. Indiscutablement, il songe à une ligne médiane en forme de losange aplati. " Je crois qu'un médian défensif devrait suffire ", disait-il la semaine passée. " Mais, une fois de plus, cela dépendra du noyau. Sirama Dembele peut être l'essuie-glaces auquel je pense mais il n'est pas seul. A ses côtés, on peut placer Karel Geraerts s'il ne part pas et Tony Sergeant s'il vient. Ce sont des éventualités mais je peux jouer aussi avec mes Portugais, Milan Jovanovic, Milan Rapaic, Strasser. Tout bouge encore. J'espère travailler au plus vite avec un groupe homogène. Je souhaite garder Geraerts mais il faut comprendre la politique du club. Le Standard a toujours exprimé la volonté de faire un gros effort pour le garder. A mon avis, Karel préfère rester mais est-ce le cas de son père et de son agent ? Il est quand même assez mûr pour faire son choix. S'il part, nous avons des alternatives. Je ne connais pas de vedettes. Il y a le boulot et il faut le faire. Si cela ne va pas, je le dis. Rapaic est revenu trop enveloppé. Je ne suis pas sûr qu'il sera titulaire. Je le connais mais si cela ne change pas, je lui donnerai un coup de pied au cul et il se retrouvera en Croatie. Je le lui ai dit et il a ouvert de grands yeux. C'est comme ça et pas autrement : on bosse ici. A la place de Rapaic, j'ai aussi Milan Jovanovic qui a moins de technique mais qui n'arrête pas de galoper. Je suis d'ailleurs impressionné par la qualité du travail accompli par le groupe. Quand je suis arrivé au Standard, j'ai fait confiance à Guy Namurois en tant que préparateur. J'avais l'habitude de travailler avec François Dejongh qui s'est effacé au profit de Namurois, qui avait un mois pour préparer le groupe. Mais après son départ, j'ai appris que tout le monde, sauf moi, savait qu'il était en partance pour la Communauté française. Il m'a déçu car je me retrouvais le bec dans l'eau. Le Standard a trouvé une solution interne très intéressante avec MichaëlBrouwers, kiné la saison passée. Et je trouve que cela va bien. Je travaille beaucoup balle au pied mais cela n'hypothèque pas l'acquis physique. Il y a 25 ans que j'entraîne de cette façon-là avec des résultats à la clef ". Il y a gros à parier que le Standard passera du contre à outrance à un jeu plus lié, plus varié, plus technique, plus léché dans la ligne médiane. Dimanche, la presse rappelait l'intérêt du Beitar Jérusalem pour Mémé Tchité qui refuse lui aussi de prolonger son contrat. L'éventualité a certainement incité le Standard à chercher des solutions de secours. D'autant que Boskamp ne retiendra pas Serhiy Kovalenko qui ne lui convient pas : " Si je joue avec un attaquant de pointe, j'aurai besoin de vitesse ou de taille. A l'extérieur, il s'agit de plonger au plus vite dans les espaces adverses comme Mémé sait le faire. A Sclessin, une tour comme Igor De Camargo peut bouger les défenses adverses. Tchite ou De Camargo ? A eux de se mesurer, d'être le meilleur. D'autant plus qu'il y en aura un autre en plus. Dans la formule avec un attaquant de pointe, les mouvements sur les ailes ou les actions d'infiltration sont importants. Le travail offensif de cette occupation de terrain concerne tout le monde : l'attaquant de pointe, les couloirs, les médians. Je regrette de ne jamais pouvoir aligner Sergio Conceiçao avant la fin de sa suspension le 11 août. C'est un handicap mais Sergio est phénoménal : à l'entraînement, je le vois faire des trucs fous. La classe et il emmène tout le monde, bosse, montre l'exemple. C'est un plaisir de voir cela. Il bonifie ceux qui sont autour de lui. Avec lui, on joue... Il est difficile et râleur sur un terrain ? Est-ce que je ne l'étais pas moi ? Au RWDM, il n'y a qu'une chose qui comptait quand je jouais : gagner. En plus du talent, il faut avoir la rage. Je n'ai pas de problème avec Conceiçao. Ce joueur, c'est un cocktail de classe, d'ambition, de désir d'aller jusqu'au bout. Quand on a cela, tout est plus facile. Les bons joueurs ne posent jamais de problèmes. Donc, je n'ai pas de soucis avec lui. Le courant passe bien et il en va avec lui comme pour les autres : si ça ne va, je le lui dis. Dans un groupe, il y a des joueurs décisifs et des serviteurs. Quand j'ai dit cela à Anderlecht, certains ont fait des bonds. Moi, j'ai été décisif au RWDM, pas à Feyenoord. Il faut de tout dans une équipe et les soldats sont aussi importants que les officiers. A Anderlecht, on avait crié au fou alors que je maintenais ma confiance à l'égard de Luc Nilis qui n'avançait plus. Luc était un grand joueur et il fallait être patient. Je l'ai été, il est revenu et a signé une grande carrière : c'est cela aussi le football " Avec ses renforts d'Argentine, Anderlecht risque de tout écraser sur son passage et d'être le mammouth de la D1. La machine semble se huiler à Bruges tandis que le Standard n'a pas terminé son mécano. De nouvelles pièces arrivent tous les jours dans l'atelier de Sclessin. Il en faut plus pour énerver le Bos qui en a vu d'autres. Il portera le stress sur ses larges épaules, protégera son groupe derrière son énorme rire. Le vestiaire sera probablement moins nerveux. Personne n'essayera de le dompter : c'est lui le chef, personne d'autre. Ceux qui l'ignorent n'ont qu'à bien se tenir. Boskamp habitera à Liège et fera vite des progrès en français : " Je m'amuse bien dans ce club. Le Standard vit et vibre pour le football. C'est pour bien comprendre cette richesse que j'ai demandé à Michel Renquin de devenir mon adjoint. Il connaît bien la mentalité. J'étais à deux doigts de signer à Beveren quand les Liégeois m'ont appelé. Et quand on a une chance comme celle-là, on ne la refuse pas. Je ne cacherai pas mes ambitions. Le Standard a un bon groupe et, si je suis ici, c'est pour signer un championnat ambitieux et vivre de chouettes trucs en Coupe d'Europe : on verra ce que nous réservera le tirage au sort du troisième et dernier qualificatif de la Ligue des Champions. Bruges s'est renforcé ? Avec du talent made in Belgium ? Nous aussi. Ils ont de bons jeunes ? Nous de même. Anderlecht a des renforts d'Amérique latine. Le Standard également. Anderlecht s'est tourné vers l'Argentine. C'est le pays le plus proche de la mentalité européenne. Mais il y a Argentins et Argentins. Ce sont de bons renforts mais les meilleurs gauchos jouent en Espagne, en Italie, en Allemagne. Cela veut dire que l'écart entre les clubs du Top 3 belge reste très serré ". PIERRE BILIC