À son tour, la CBAS a écouté de longues heures de plaidoirie au sujet du volet matchfixing de l'Opération Mains Propres. Cette affaire tourne autour de soupçons de falsification de compétition, lors du match qui opposait le YRFC Malines à Waasland-Beveren le 11 mars 2018. Les deux clubs peuvent encore craindre une sanction aggravée, après que la Commission des Litiges de l'Union belge a, en première instance, uniquement condamné les Malinois. Champions de D1B, les Sang et Or ont été invites à prolonger leur séjour dans l'antichambre de l'élite.

Ce n'est pas un cadeau " Marc Boes

La décision de la CBAS n'est pas seulement importante quant à son contenu, mais aussi pour son timing. En vue de la prochaine saison, la date du 15 juillet fait office de butoir pour déplacer un club de division suite à une relégation obligatoire. Si le verdict est rendu après cette date, la relégation ne pourra être appliquée réglementairement qu'au terme de la saison 2019-2020, au plus tôt.

Mais cette deadline reste relative. La chance est grande pour que les différentes parties impliquées saisissent les tribunaux après la procédure de la CBAS. La question de la réaction de la Pro League et de l'Union belge face aux nouveaux développements judiciaires risque donc de rester ouverte après le 15 juillet. En 2007, quand Namur s'était rendu au tribunal pour une querelle autour de la licence de Geel, la fédération avait intégré les deux clubs dans le championnat de D2 alors que la saison avait déjà commencé, passant ainsi de 17 à 19 équipes.

" PAS DE DEADLINE "

Le verdict de la CBAS peut non seulement influencer la composition de la D1A et de la D1B, mais aussi la répartition des tickets européens. En cas de condamnation, Malines - vainqueur de la Coupe - ne pourra pas participer à la Coupe d'Europe. Du coup, même les yeux de l'UEFA sont rivés sur la CBAS. De quoi faire encore monter d'un cran la pression temporelle, car les saisons nationale et européenne démarrent ce mois-ci.

" Ce n'est pas un cadeau ", concédait d'ailleurs Marc Boes la semaine dernière, lors de sa présentation comme président de la cour d'arbitrage pour cette affaire. Plus tôt, déjà, on lui avait demandé de mener les débats, selon lui, mais il avait alors passé son tour. Ce n'est qu'après l'intronisation manquée de deux autres présidents qu'il est revenu sur le devant de la scène.

Beaucoup se sont demandé pourquoi, après les nominations relativement rapides de Jacques Richelle et Marinus Vromans, il a été si compliqué de choisir un troisième homme sans lien avec le dossier parmi les plus de cinquante arbitres de la CBAS. Mais puisque l'affaire est néerlandophone, la moitié des arbitres n'entrait immédiatement plus en ligne de compte. Ensuite, différents arbitres ne sont pas familiarisés aux affaires footballistiques. Et enfin, vu le poids du dossier, il ne semblait pas opportun de confier cette affaire à un jeune arbitre. Dans un vivier sérieusement réduit nageait encore Boes, un professeur émérite de 73 ans.

La maturité de Boes s'est immédiatement signalée quand la presse le suivait à la trace la semaine dernière, afin de savoir si la deadline du 15 juillet serait respectée. " Nous n'avons pas de deadline ", a répliqué Boes dans le plus grand des calmes. Il a indiqué être au courant des " données importantes dans ce dossier ", et a évoqué son intention d'entrer dans les délais, tout en ajoutant qu'il irait au-delà du 15 juillet s'il existait de bonnes raisons de le faire. À la remarque que cela provoquerait le chaos dans l'organisation du futur championnat, il a sèchement rétorqué : " Ce n'est pas mon problème. " Si Boes avait affirmé le contraire, il se serait implicitement rangé du côté de l'Union belge, qui est la partie la plus importante à aspirer à une décision rapide. Et la CBAS doit bien mériter son nom d'instance indépendante.

Pourtant, quand l'homme d'affaires Thierry Steemans, ancien directeur financier du KV, a demandé s'il pouvait seulement plaider le 9 juillet prochain, Boes a fermement répondu par la négative. Impossible de savoir dans quelle mesure Boes est mis sous pression dans les coulisses de la CBAS pour agir vite, et encore moins de connaître l'impact que peuvent avoir des pressions sur un professeur émérite de son âge. Le 12 juin dernier, la CBAS a envoyé un mail aux différentes parties : " Au vu de l'urgence évoquée par les membres du conseil de l'UB, motivée par la nécessité de pouvoir déterminer les calendriers nationaux et européens avant le 30 juin 2019, le délai pour tout arbitrage éventuel sera raccourci. "

Marc Boes entre ses collègues Marinus Vromans (à gauche) et Jacques Richelle de la CBAS., belgaimage
Marc Boes entre ses collègues Marinus Vromans (à gauche) et Jacques Richelle de la CBAS. © belgaimage

Cette phrase était signée par Frédéric Carpentier, vice-président des arbitres de la CBAS. La Cour d'arbitrage ignorait visiblement encore que la date-butoir avait été discrètement déplacée au 15 juillet par la Pro League. Mais plus important encore : la CBAS était visiblement disposée à se laisser imposer une deadline. Le fait que Boes ne puisse pas échapper à ce contexte est apparu évident quand Sport/Foot Magazine lui a demandé pourquoi il n'avait pas pu remplir sa déclaration d'indépendance de manière plus complète. Il a répondu qu'il avait dû aller vite.

TUMULTE AUTOUR DE VERBIST

Le chaos autour de ces éclaircissements est né du fait que Boes n'avait pas précisé qu'il était actif dans un bureau d'avocats où travaillaient aussi des membres de la Commission des Litiges, deux hommes qui n'étaient visiblement pas impliqués dans les premiers verdicts de cette affaire. L'ASBL Malinwa Supportersorgaan, qui représente les fans du KV, avait pourtant utilisé cet argument pour déposer une motion de défiance à l'égard de Boes. L'ASBL est tombée encore plus virulemment sur un autre collègue de ce bureau d'avocats, Cyriel Coomans. En tant que membre du conseil d'administration de la CBAS, Coomans avait pris l'initiative en mars 2019, avec le procès de l'Opération Mains Propres en vue, d'écarter le président des arbitres de la CBAS Herman Verbist des affaires footballistiques pendant six mois. Selon la CBAS, il y avait là un conflit d'intérêts.

Tim De Hertogh, conseiller de l'ASBL Malinwa Supportersorgaan, a éructé que la CBAS enfreignait ses propres règles, parce qu'une décision comme celle édictée au sujet de Verbist devait, selon lui, être prise par la Commission des Nominations de la CBAS.

De Hertogh prend cela très au sérieux, parce que Verbist a déjà commenté une procédure d'arbitrage semblable à celle-ci, dans une affaire pénale toujours en cours. Selon De Hertogh, il ressort des publications que Verbist estime que dans un tel cas, la procédure d'arbitrage devrait être suspendue jusqu'au terme du procès pénal. Boes, Vromans et Richelle devront également s'exprimer sur cet aspect du dossier. Pour De Hertogh, les cartes ont forcément été brouillées puisqu'il apparaît que le président des arbitres, qui a un point de vue clair sur le sujet, a été mis hors-jeu. Toujours selon De Hertogh, Boes ne peut pas non plus s'exprimer objectivement sur l'éventuel dépassement de fonction de son collègue Coomans au sujet de la mise à l'écart de Verbist.

Ce tumulte autour de Verbist n'est pas dénué d'intérêt, et gagnera encore en importance si le dossier est porté devant un tribunal. Mais entre-temps, cette discussion autour de son cas risqué d'éloigner l'attention de la question initiale que doit résoudre ce dossier. Qui est toujours : qui a coopéré dans la (les) tentative(s) de matchfixing au mois de mars 2018 ?

À son tour, la CBAS a écouté de longues heures de plaidoirie au sujet du volet matchfixing de l'Opération Mains Propres. Cette affaire tourne autour de soupçons de falsification de compétition, lors du match qui opposait le YRFC Malines à Waasland-Beveren le 11 mars 2018. Les deux clubs peuvent encore craindre une sanction aggravée, après que la Commission des Litiges de l'Union belge a, en première instance, uniquement condamné les Malinois. Champions de D1B, les Sang et Or ont été invites à prolonger leur séjour dans l'antichambre de l'élite. La décision de la CBAS n'est pas seulement importante quant à son contenu, mais aussi pour son timing. En vue de la prochaine saison, la date du 15 juillet fait office de butoir pour déplacer un club de division suite à une relégation obligatoire. Si le verdict est rendu après cette date, la relégation ne pourra être appliquée réglementairement qu'au terme de la saison 2019-2020, au plus tôt. Mais cette deadline reste relative. La chance est grande pour que les différentes parties impliquées saisissent les tribunaux après la procédure de la CBAS. La question de la réaction de la Pro League et de l'Union belge face aux nouveaux développements judiciaires risque donc de rester ouverte après le 15 juillet. En 2007, quand Namur s'était rendu au tribunal pour une querelle autour de la licence de Geel, la fédération avait intégré les deux clubs dans le championnat de D2 alors que la saison avait déjà commencé, passant ainsi de 17 à 19 équipes. Le verdict de la CBAS peut non seulement influencer la composition de la D1A et de la D1B, mais aussi la répartition des tickets européens. En cas de condamnation, Malines - vainqueur de la Coupe - ne pourra pas participer à la Coupe d'Europe. Du coup, même les yeux de l'UEFA sont rivés sur la CBAS. De quoi faire encore monter d'un cran la pression temporelle, car les saisons nationale et européenne démarrent ce mois-ci. " Ce n'est pas un cadeau ", concédait d'ailleurs Marc Boes la semaine dernière, lors de sa présentation comme président de la cour d'arbitrage pour cette affaire. Plus tôt, déjà, on lui avait demandé de mener les débats, selon lui, mais il avait alors passé son tour. Ce n'est qu'après l'intronisation manquée de deux autres présidents qu'il est revenu sur le devant de la scène. Beaucoup se sont demandé pourquoi, après les nominations relativement rapides de Jacques Richelle et Marinus Vromans, il a été si compliqué de choisir un troisième homme sans lien avec le dossier parmi les plus de cinquante arbitres de la CBAS. Mais puisque l'affaire est néerlandophone, la moitié des arbitres n'entrait immédiatement plus en ligne de compte. Ensuite, différents arbitres ne sont pas familiarisés aux affaires footballistiques. Et enfin, vu le poids du dossier, il ne semblait pas opportun de confier cette affaire à un jeune arbitre. Dans un vivier sérieusement réduit nageait encore Boes, un professeur émérite de 73 ans. La maturité de Boes s'est immédiatement signalée quand la presse le suivait à la trace la semaine dernière, afin de savoir si la deadline du 15 juillet serait respectée. " Nous n'avons pas de deadline ", a répliqué Boes dans le plus grand des calmes. Il a indiqué être au courant des " données importantes dans ce dossier ", et a évoqué son intention d'entrer dans les délais, tout en ajoutant qu'il irait au-delà du 15 juillet s'il existait de bonnes raisons de le faire. À la remarque que cela provoquerait le chaos dans l'organisation du futur championnat, il a sèchement rétorqué : " Ce n'est pas mon problème. " Si Boes avait affirmé le contraire, il se serait implicitement rangé du côté de l'Union belge, qui est la partie la plus importante à aspirer à une décision rapide. Et la CBAS doit bien mériter son nom d'instance indépendante. Pourtant, quand l'homme d'affaires Thierry Steemans, ancien directeur financier du KV, a demandé s'il pouvait seulement plaider le 9 juillet prochain, Boes a fermement répondu par la négative. Impossible de savoir dans quelle mesure Boes est mis sous pression dans les coulisses de la CBAS pour agir vite, et encore moins de connaître l'impact que peuvent avoir des pressions sur un professeur émérite de son âge. Le 12 juin dernier, la CBAS a envoyé un mail aux différentes parties : " Au vu de l'urgence évoquée par les membres du conseil de l'UB, motivée par la nécessité de pouvoir déterminer les calendriers nationaux et européens avant le 30 juin 2019, le délai pour tout arbitrage éventuel sera raccourci. " Cette phrase était signée par Frédéric Carpentier, vice-président des arbitres de la CBAS. La Cour d'arbitrage ignorait visiblement encore que la date-butoir avait été discrètement déplacée au 15 juillet par la Pro League. Mais plus important encore : la CBAS était visiblement disposée à se laisser imposer une deadline. Le fait que Boes ne puisse pas échapper à ce contexte est apparu évident quand Sport/Foot Magazine lui a demandé pourquoi il n'avait pas pu remplir sa déclaration d'indépendance de manière plus complète. Il a répondu qu'il avait dû aller vite. Le chaos autour de ces éclaircissements est né du fait que Boes n'avait pas précisé qu'il était actif dans un bureau d'avocats où travaillaient aussi des membres de la Commission des Litiges, deux hommes qui n'étaient visiblement pas impliqués dans les premiers verdicts de cette affaire. L'ASBL Malinwa Supportersorgaan, qui représente les fans du KV, avait pourtant utilisé cet argument pour déposer une motion de défiance à l'égard de Boes. L'ASBL est tombée encore plus virulemment sur un autre collègue de ce bureau d'avocats, Cyriel Coomans. En tant que membre du conseil d'administration de la CBAS, Coomans avait pris l'initiative en mars 2019, avec le procès de l'Opération Mains Propres en vue, d'écarter le président des arbitres de la CBAS Herman Verbist des affaires footballistiques pendant six mois. Selon la CBAS, il y avait là un conflit d'intérêts. Tim De Hertogh, conseiller de l'ASBL Malinwa Supportersorgaan, a éructé que la CBAS enfreignait ses propres règles, parce qu'une décision comme celle édictée au sujet de Verbist devait, selon lui, être prise par la Commission des Nominations de la CBAS. De Hertogh prend cela très au sérieux, parce que Verbist a déjà commenté une procédure d'arbitrage semblable à celle-ci, dans une affaire pénale toujours en cours. Selon De Hertogh, il ressort des publications que Verbist estime que dans un tel cas, la procédure d'arbitrage devrait être suspendue jusqu'au terme du procès pénal. Boes, Vromans et Richelle devront également s'exprimer sur cet aspect du dossier. Pour De Hertogh, les cartes ont forcément été brouillées puisqu'il apparaît que le président des arbitres, qui a un point de vue clair sur le sujet, a été mis hors-jeu. Toujours selon De Hertogh, Boes ne peut pas non plus s'exprimer objectivement sur l'éventuel dépassement de fonction de son collègue Coomans au sujet de la mise à l'écart de Verbist. Ce tumulte autour de Verbist n'est pas dénué d'intérêt, et gagnera encore en importance si le dossier est porté devant un tribunal. Mais entre-temps, cette discussion autour de son cas risqué d'éloigner l'attention de la question initiale que doit résoudre ce dossier. Qui est toujours : qui a coopéré dans la (les) tentative(s) de matchfixing au mois de mars 2018 ?