Après le match contre le Werder Brême, on parlait essentiellement de deux joueurs de l'Inter. Le premier c'est Adriano qui, après cinq minutes de jeu seulement, avait déjà asséné un gros coup à l'équipe allemande. Le Brésilien avait foncé vers le but adverse, obligeant ValérienIsmaël à le descendre par derrière dans le rectangle. Carte rouge pour le dernier homme et penalty que Christian Vieri allait tirer sur le gardien. Adriano avait alors compris que s'il voulait gagner le match, il ne devait compter que sur lui-même. Alors, à la 34e, il s'était procuré un second penalty (un peu généreux) et, cette fois, il s'était chargé personnellement de le transformer.
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Après le match contre le Werder Brême, on parlait essentiellement de deux joueurs de l'Inter. Le premier c'est Adriano qui, après cinq minutes de jeu seulement, avait déjà asséné un gros coup à l'équipe allemande. Le Brésilien avait foncé vers le but adverse, obligeant ValérienIsmaël à le descendre par derrière dans le rectangle. Carte rouge pour le dernier homme et penalty que Christian Vieri allait tirer sur le gardien. Adriano avait alors compris que s'il voulait gagner le match, il ne devait compter que sur lui-même. Alors, à la 34e, il s'était procuré un second penalty (un peu généreux) et, cette fois, il s'était chargé personnellement de le transformer. En seconde période, fidèle à sa réputation, l'Inter avait donné l'impression de vouloir offrir un point au Werder Brême qui ne s'attendait pas à tant de mansuétude. Bien que réduits à dix, les Allemands avaient mis Francesco Toldo à contribution à plus d'une reprise. Mais Adriano intervenait à nouveau pour clôturer la rencontre alors qu'on atteignait la 90e minute. D'un tir appuyé du gauche, le Brésilien avait offert à l'Inter de vivre une entrée en Ligue des Champions pleine d'enthousiasme. 18 buts en 14 matches pour Adriano : pas mal comme butin surtout quand, à la surprise générale, on laissait à un équipier le plaisir de tirer un penalty ! Mais ce serait une erreur de sous-évaluer ce qui n'a pas fonctionné ou ne fonctionne pas dans l'équipe de RobertoMancini. Parce que si un champion a annihilé l'effet des erreurs conjuguées de ses équipiers, il est clair qu'il ne peut toujours en aller de la sorte. Ce n'était d'ailleurs pas arrivé le samedi précédent en championnat à Chievo où, malgré un but d'Adriano, l'Inter n'avait récolté qu'un pénible partage. Parmi les choses, qui ne tournent pas, il y a Christian Vieri, le deuxième homme dont on a beaucoup parlé à l'issue de la première journée de la Ligue des Champions. Bobo semble être frappé par la malédiction qui, de temps à autre, s'acharne sur les attaquants les rendant incapables de marquer un but dans les situations les plus aisées... comme sur un penalty. Et même sur une occasion encore plus franche qu'un coup de réparation : Vieri a tiré sur le gardien AndreasReinke qui se trouvait au sol. Inimaginable ! Très probablement la roue va tourner mais, pour le moment, Vieri est le problème de l'Inter et il est logique que de nombreuses personnes se demandent quand ObafemiMartins reviendra de blessure (élongation du ligament co-latéral). On avait déjà compris que ce ne serait pas la soirée de Vieri dès l'annonce des compositions des équipes. Alors que les noms de tous les joueurs milanais étaient soulignés par un brouhaha indescriptible, celui de l'attaquant avait reçu un accueil pour le moins tiède. Sans oublier que, face à la tribune d'honneur, les tifosi avaient placé une grande banderole sur laquelle figurait l'inscription suivante : - Vieri tu veux ta voiture ? Eh bien gagne le championnat. Méchante allusion à la mésaventure dont Vieri avait été la victime la semaine précédente : l'attaquant s'était fait piquer sa Porsche Cayenne par un faux préposé au parking d'un hôtel du centre-ville. Sur la scène européenne, Vieri n'a plus marqué de but depuis le 24 mars. Cette fois là, en huitièmes de finale de la Coupe de l'UEFA, l'Inter avait battu Benfica 4-3. En championnat, son dernier but remonte au 3 avril lorsqu'il avait transformé un penalty contre la Juventus. Sa dernière prouesse sur action remonte, elle, au 7 mars contre l'AS Rome. Six mois d'abstinence marqués par plusieurs blessures, des bagarres avec le précédent entraîneur Alberto Zaccheroni, la désillusion de l'EURO, un transfert à la Juventus parti en fumée, la rupture et la réconciliation avec les supporters. Roberto Mancini, ex-attaquant international, a pris la défense de son joueur Pour lui, ce n'est qu'une question de malchance : " Il a besoin de marquer, même dans un match médiocre. En football, cela marche ainsi : c'est au moment où tu t'y attends le moins que tu te débloques. L'important est de rester serein. Les choses ne tournent pas rond pour lui en ce moment. Il a hérité de trois ou quatre véritables occasions mais il n'a pas eu la chance de les concrétiser. Il a besoin de jouer et de trouver sa meilleure forme. Et puis je le connais bien comme joueur et comme homme. C'est un garçon qui amène de la joie dans l'équipe et pour le moment il est très positif. Ceci dit, le duo m'a plu et je suis satisfait du rendement personnel de chacun d'eux. Vieri a bien bougé et s'est présenté devant le but au moment où il le fallait. Dommage qu'il lui a manqué ce petit brin de chance ". Par ces mots, Roberto Mancini a voulu désamorcer une bombe qui aurait éclaté en cas de défaite. Car, qu'il le veuille ou non, il ne peut patienter éternellement : " Dans mon équipe, personne n'est titulaire incontournable. Même Adriano qui est un joueur exceptionnel mais qui n'a que 22 ans. Mais mon duo d'attaque peut jouer ensemble même s'il est vrai qu'ils sont assez semblables et que donc cela crée des problèmes ". En fait, en mai dernier, Vieri avait déjà quasiment arrêté de jouer pour l'Inter, misant tout sur l'EURO. Pour le club, cela n'a eu aucune répercussion grave puisqu'en son absence, Adriano a marqué des goals importants permettant à son équipe de décrocher la quatrième place donnant accès au troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions. En équipe nationale, l'incidence a été négative tant la présence de Vieri a alourdi le jeu (pour autant que jeu il y ait eu) et précipité l'élimination de la Squadra. Mancini sait pertinemment bien que Vieri accuse un retard physique dû également aux nombreuses blessures de ces derniers mois. L'entraîneur a beau prétendre que son attaquant doit jouer pour retrouver la forme, en le laissant sur le terrain jusqu'au bout de la rencontre face à un adversaire qui court pendant nonante minutes, on ne peut pas dire que Vieri ait été d'une grand apport pour le groupe. Il aurait dû être remplacé et il aurait peut-être mieux valu qu'il entre en cours de match. Car Bobo est resté en pointe de l'attaque sans jamais donner l'impression de peser sur la défense adverse. Mancini a quand même admis que son équipe devait améliorer son rendement : " Nous devons nous montrer plus dangereux et aussi moins inattentifs car nous prenons des buts sur des phases anodines. Il me semble toutefois que les critiques émises au terme le match à Chievo et celui contre Brême ont été pour le moins exagérées ". Mais après les deux premières apparitions déjà, plusieurs réflexions peuvent être faites avec une relative certitude. La première est que la défense continue à subir un peu trop le jeu. Le duo Marco Materazzi- Sinisa Mihajlovic (celui-ci est suspendu contre Anderlecht) n'est pas fiable en raison de certaines lacunes techniques mais également par manque de soutien. Edgard Davids n'apporte pas encore à l'équipe ce dont on peut attendre de lui. Les deux arrières latéraux Javier Zanetti et GiuseppeFavalli n'ont pas été satisfaisants tandis que le rendement de Dejan Stankovic aurait pu être encore meilleur. Il y a quand même des choses positives à relever. Ainsi Juan Sebastian Veron semble avoir retrouvé la joie de jouer après ses déboires anglais. Manifestement, l'hernie discale qui l'avait empêché de s'exprimer la saison dernière à Chelsea fait partie de ses mauvais souvenirs. L'apport du médian argentin est indiscutable et ce n'est pas un hasard si, ces derniers mois, l'entrejeu est le compartiment qui a reçu le plus de compliments. " Oui mais si on a beaucoup parlé de la ligne médiane c'est aussi parce qu'elle constituait la véritable nouveauté de cette équipe ", corrige Veron. " Malheureusement, il ne suffit pas seulement d'un bon compartiment pour être efficace, tous doivent être opérationnels. En fait, c'est dans l'entrejeu que Mancini possède le plus grand nombre d'alternatives. Pour ce qui est de mon cas personnel, je ne me suis plus senti en si bonne forme depuis deux ans. Car l'année dernière, je n'ai pas beaucoup joué ; en raison de ma blessure, je ne pouvais pas m'entraîner normalement. Psychologiquement, tout est en ordre d'autant que je ne m'attendais pas à un tel accueil des supporters qui me considèrent déjà comme leur idole ". Mais si les supporters éprouvent de la sympathie pour l'Argentin, ce n'est pas par hasard quand on sait qu'ils sont devenus très exigeants à force d'attendre un titre ou un succès en Ligue des Champions. La ligne médiane tourne, même si Davids ne fait pas preuve de la hargne qui lui a valu son surnom de Pit-bull. Contre Brême, le Hollandais n'a pas été aligné tout comme Ze Maria, le latéral droit et point d'appui favori de Veron. Mancini leur a préféré BelizogluEmre et Andyvan der Meyde. Un choix qui s'est révélé pertinent puisque le Turc s'est montré très à l'aise tant sur le flanc gauche qu'en deuxième mi-temps carrément à côté de Veron. Quant au Hollandais, il a été carrément formidable comme il l'avait été l'année dernière lors de la victoire historique de l'Inter à Highbury (0-3 à Arsenal). Depuis, Van der Meyde s'était éteint et, cet été, il avait fait le forcing pour quitter le club. Il espérait retourner à l'Ajax et avait même refusé de participer au troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions car cela aurait pu l'empêcher de participer à la compétition avec le club d'Amsterdam. Reste à voir maintenant si Van der Meyde va faire preuve de constance. Si c'est le cas, Mancini aura réussi son premier miracle depuis qu'il est arrivé à la tête de l'Inter en juillet. Nicolas Ribaudo" C'est DANS L'ENTREJEU que Mancini possède le plus d'ALTERNATIVES " (Veron)