1. Qu'est-ce que tu retiens des matches des Diables en Angleterre et en Islande ?
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1. Qu'est-ce que tu retiens des matches des Diables en Angleterre et en Islande ? On remarque que beaucoup d'internationaux, à l'exception de Romelu Lukaku, considéraient ces matches comme des obligations. Kevin De Bruyne a raison quand il parle d'un programme chargé avec les clubs. Ce sont des humains, pas des robots. Il arrive un moment où le corps est cramé parce que la saison s'est finie très tard et les vacances ont été courtes. Un international a deux objectifs : l'EURO et la Coupe du monde. Tout le reste, dont la Ligue des Nations, c'est accessoire. 2. Dans une poule avec le Zenit, la Lazio et Dortmund, comment évalues-tu les chances de Bruges de sortir de son groupe en Ligue des Champions ? La saison passée, ils ont oublié de concrétiser leurs occasions. Kylian Mbappé, lui, a mis les siennes et ça s'est payé cash. Le PSG n'a pas joué un très beau football, mais il est arrivé en finale. En Belgique, Bruges est hors-catégorie. S'ils veulent passer l'hiver européen, ils devront être plus concrets, comme les Italiens le font avec leurs reconversions et sur phases arrêtées, des éléments cruciaux dans le foot d'aujourd'hui. Ils devront, s'il le faut, maintenir huit ou neuf joueurs derrière le ballon. Pour aller loin, on a besoin d'efficacité, de qualité dans les moments-clés, on doit tout fermer derrière et miser sur deux ou trois tournants du match. Souvenons-nous que la France a été championne du monde comme ça. 3. Qu'est-ce qui t'a le plus surpris pendant ta période de quarantaine ? La vitesse de propagation du virus. À Westerlo, un joueur testé positif a arrêté de s'entraîner, les autres ont continué normalement. Mais dix jours plus tard, on avait une douzaine de positifs. Alors, on a décidé de tous se mettre en quarantaine. Je ne voulais pas non plus qu'on puisse me désigner comme responsable de problèmes, que leur famille me fasse endosser cette responsabilité. Ce qui m'a frappé aussi, c'est le fait que le monde du football ait dit que le spectacle devait continuer. Alors qu'il était question de notre santé. Pour certains, le foot était plus important que tout le reste. Je suis un passionné, mais à un moment, le sport n'est plus ma priorité. Entre-temps, j'ai subi 22 tests et ils ont tous été négatifs. Mais j'ai côtoyé un foyer, donc j'ai passé d'autres examens. Pour voir s'il n'y avait pas de séquelles. Je connais un triathlète qui n'a pas eu de symptômes à part de la fatigue, mais sa carrière est finie parce qu'il a été atteint aux poumons. Il faut que les gens du football soient conscients de tout ça. 4. C'est préjudiciable pour vous de devoir maintenant jouer trois matches en peu de temps pour rattraper ceux que vous n'avez pas pu disputer aux dates prévues ? J'espère que personne dans le noyau n'aura gardé de séquelles. Notre ambition était de finir à une des deux premières places. Mais la réalité, maintenant, c'est qu'on a été confrontés très tôt à une situation très difficile. Beaucoup de joueurs s'entraînent encore individuellement. Certains ont passé une semaine au lit, ils ont donc accumulé un retard physique. On doit se donner un mois pour bien évaluer la situation. 5. Tu trouves que le niveau de la D1B s'est bonifié avec l'arrivée de Seraing, de Deinze, du RWDM, du Lierse et des U23 de Bruges ? C'est difficile à dire. Pour pouvoir m'exprimer, il faudrait qu'on ait affronté toutes les équipes. Seraing inscrit en moyenne trois buts par match, Georges Mikautadze marque les yeux fermés, mais contre nous, ça n'a pas marché. Je vois aussi des résultats surprenants. On marque cinq à six buts par match alors que la saison passée, ça se jouait souvent sur un petit goal d'écart. Ça ne ressemble pas à la D1B. C'est un soulagement que des équipes comme Seraing et Lommel pratiquent un jeu très ouvert. Ça nous vaut des beaux matches. Entre-temps, Felice Mazzù a compris avec l'Union que ce championnat n'était pas facile.