1 Au Cercle Bruges, tu étais considéré comme le nouveau prodige des entraîneurs belges. Lors de ta récente embauche à Lokeren, tu as déclaré vouloir rester le plus longtemps possible dans un club. Qu'as-tu appris lors des dernières années ?

Bob Peeters : C'est un métier qui nécessite de l'expérience. A ton premier poste, tu ne sais pas ce qui va te tomber dessus. Si tu connais immédiatement le succès, tu crois que plus rien ne peut t'arriver. Puis tu apprends que tout peut changer rapidement et tu relativises les choses.
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Bob Peeters : C'est un métier qui nécessite de l'expérience. A ton premier poste, tu ne sais pas ce qui va te tomber dessus. Si tu connais immédiatement le succès, tu crois que plus rien ne peut t'arriver. Puis tu apprends que tout peut changer rapidement et tu relativises les choses. Au début, tu penses avoir toutes les rênes en mains, tu crois que défaite et victoire dépendent de toi. Tu crois avoir beaucoup d'influence. Le problème, c'est que tu brûles vite tes cartouches et qu'elles sont épuisées en quelques mois. J'ai appris à doser et à déléguer. Un entraîneur dépend du staff et des joueurs. Peu m'importe de savoir qui m'a choisi. Tout ce que je sais, c'est que j'ai eu un entretien positif avec Lambrecht comme avec Reynders avant mon embauche. Le gros avantage, c'est que Reynders connaît le métier d'entraîneur. Il ne s'attarde pas aux résultats des matches amicaux et sait analyser les choses sereinement. C'est agréable de travailler avec lui. Anticiper le cours des choses n'a pas de sens. Je suis d'un naturel positif. Nous avons un nouveau noyau, qui requiert du temps, mais Malines et Courtrai ont prouvé, la saison passée, qu'un mauvais début de saison n'était pas nécessairement néfaste. Pas mal de noms belges figuraient sur notre liste, comme Dion Cools, mais quand le Club Bruges débarque, Lokeren n'a plus le moindre poids. Transférer des talents belges est devenu très cher. Ils sont convoités. Ce n'est pas pour rien que la Belgique est troisième au classement mondial. Beaucoup de choses ont changé depuis mon passage au Cercle. Les grands clubs ne laissent plus partir leurs bons jeunes aussi facilement. Donc, il faut bien se tourner vers l'étranger. Nous en avons discuté avec la direction. Je suis convaincu de la qualité de nos emplettes mais ces nouveaux doivent apprendre à fonctionner ensemble et à s'intégrer à une nouvelle culture. Les footballeurs professionnels ne sont pas des robots mais des êtres de chair et de sang. On a tendance à l'oublier. Je trouve logique qu'on parle encore régulièrement de lui ou qu'il reste en contact avec certaines personnes. Je n'en ai pas souffert jusqu'à présent. L'avantage, c'est que le staff technique a également été renouvelé, à l'exception de Danny Veyt et de Geert Dirinck. Ça fait souffler un vent nouveau, encore plus intéressant pour les joueurs qui sont restés. L'essentiel pour moi est d'avoir pu placer mon sceau sur les transferts et la gestion quotidienne. Que l'entraîneur des espoirs soit ambitieux ou pas ne fait pas de différence. Quand un entraîneur est renvoyé, on le remplace, c'est tout. La présence à leur tête d'un entraîneur motivé et ambitieux ne peut qu'être profitable à nos espoirs. Pour le T1 de l'équipe première, c'est aussi intéressant d'être en contact direct avec le noyau des espoirs. Les jeunes ont reçu leur chance pendant la préparation mais il faudra encore la leur donner en cours de saison. Bob Peeters (41 ans) entraîne le Sporting Lokeren depuis le début de l'été. Il y succède à Peter Maes. Il a déjà entraîné le Cercle Bruges, Gand, Waasland-Beveren et Charlton. PAR MATTHIAS STOCKMANSBob Peeters " C'est logique qu'on parle encore de Peter Maes à Lokeren. "