Un coup de blues, un coup de c£ur et un fou rire me font réagir cette semaine. Commençons par le coup de blues suite au décès de Marco Pantani et le fait qu'un athlète de haut niveau disparaisse, de quelque manière que ce soit, en pleine force de l'âge, interpelle énormément. Beaucoup de gens pensent immédiatement à la problématique du dopage suite à cette disparition. L'amalgame avait déjà eu lieu lors de la mort en direct de Marc-Vivien Foé lors de la Coupe des Confédérations.

Fait-on les mêmes remarques lorsqu'un anonyme décède durant la pratique de son hobby ? Chose plus fréquente que l'on pourrait croire mais évidemment non médiatisée, donc qui passe forcément inaperçue.

Il ne faut bien sûr pas nier la présence du dopage dans le sport de haut niveau et lutter contre ce fléau est extrêmement important. Mais le dopage m'amène à réfléchir de manière différente et loin de moi l'idée de le cautionner. Comment réagirait le public, qui assistant dans quelques mois aux Jeux Olympiques, verrait des athlètes accomplir, dans n'importe quelle discipline, des performances nettement inférieures à celles réalisées quatre ans plus tôt à Sydney ?

Les spectateurs et les téléspectateurs ont besoin de records pour vibrer et dans les grandes compétitions, le niveau des performances est tel que, pour rivaliser, certains athlètes sont prêts à tout pour entretenir le rêve olympique. N'en déplaise aux sportifs des disciplines individuelles, le dopage est beaucoup moins présent dans les sports collectifs. La performance dépend dans ce cas de beaucoup plus de facteurs et donc l'apport de produits illicites aura un effet beaucoup moins rémunérateur.

Je me souviens de l'époque des coupes d'Europe avec le Standard. On jouait le mercredi et avant le samedi il était impossible de rééditer des performances du même niveau. Or, certaines disciplines individuelles, plus astreignantes physiquement que le football, demandent des efforts énormes plusieurs jours consécutifs. Expliquez-moi comment c'est réalisable.

Graham Obree parvient-il à parcourir sept kilomètres dans l'heure de plus qu' Eddy Merckx uniquement grâce à ses roues lenticulaires, son casque profilé et sa position aérodynamique ? Parviendra-t-on un jour à déceler les produits masquant les produits dopants ?

Mon coup de c£ur concerne le match Belgique-France de mercredi dernier. Bien sûr, comme tout un chacun, j'ai apprécié la réplique de nos Diables. Je les ai trouvés ambitieux, portés vers l'offensive et réalisant par moments un excellent pressing. Bref, un bon match des nôtres débouchant sur une défaite. Mais mon vrai coup de c£ur, c'est pour cette équipe de France que je l'ai ; et cela depuis six ans maintenant et la Coupe du Monde 1998. Excepté le court intermède asiatique, cette équipe m'enchante depuis sa victoire contre le Brésil au Stade de France. Outre les performances sur le terrain, c'est le comportement des vrais stars que j'apprécie particulièrement, Zizou en tête. Malgré leur statut et leurs revenus mirobolants, les joueurs restent toujours d'une grande disponibilité et d'une simplicité authentique. Ils donnent également l'impression d'éprouver un plaisir énorme à se retrouver et je pense qu'il ne s'agit pas que d'une impression. Et quel plaisir pour un entraîneur de pouvoir compter sur un tel vivier inépuisable !

Mon fou rire concerne Ibrahim Kargbo et son comportement après la défaite de son équipe à l'Antwerp. Quatre jours sans donner signe de vie pour un professionnel... Est-ce vraiment un comportement normal que celui-là ? Pour l'avoir dirigé quelques mois la saison passée, son attitude ne m'étonne qu'à moitié. Après le match Gand-Charleroi en août 2002, Ibou s'était rendu coupable d'un bras d'honneur envers l'arbitre. Mentionnant à Abbas Bayat qu'il fallait sanctionner cette attitude, celui-ci me signifia que c'était moi le fautif car j'aurais dû désigner quelqu'un avant le match pour l'empêcher d'effectuer ce geste. De plus, sanctionner le joueur aurait pu le perturber, dixit le Président. Quelle excuse va-t-il encore lui trouver dans ce cas de figure-ci afin de le réhabiliter aux yeux du groupe ? Quel gâchis par rapport à l'immense talent qu'est Kargbo ? C'est malheureusement quelqu'un qui dans sa tête est loin d'être prêt pour le top et l'hyper protectionnisme présidentiel risque fort de le freiner dans son évolution. Pourquoi pensez-vous qu' Emilio Ferrera lui a préféré Laurent Fassotte quand il a quitté Molenbeek pour le Lierse ? Une simple question de fiabilité.

Etienne Delangre

Un coup de blues, un coup de c£ur et un fou rire me font réagir cette semaine. Commençons par le coup de blues suite au décès de Marco Pantani et le fait qu'un athlète de haut niveau disparaisse, de quelque manière que ce soit, en pleine force de l'âge, interpelle énormément. Beaucoup de gens pensent immédiatement à la problématique du dopage suite à cette disparition. L'amalgame avait déjà eu lieu lors de la mort en direct de Marc-Vivien Foé lors de la Coupe des Confédérations. Fait-on les mêmes remarques lorsqu'un anonyme décède durant la pratique de son hobby ? Chose plus fréquente que l'on pourrait croire mais évidemment non médiatisée, donc qui passe forcément inaperçue. Il ne faut bien sûr pas nier la présence du dopage dans le sport de haut niveau et lutter contre ce fléau est extrêmement important. Mais le dopage m'amène à réfléchir de manière différente et loin de moi l'idée de le cautionner. Comment réagirait le public, qui assistant dans quelques mois aux Jeux Olympiques, verrait des athlètes accomplir, dans n'importe quelle discipline, des performances nettement inférieures à celles réalisées quatre ans plus tôt à Sydney ? Les spectateurs et les téléspectateurs ont besoin de records pour vibrer et dans les grandes compétitions, le niveau des performances est tel que, pour rivaliser, certains athlètes sont prêts à tout pour entretenir le rêve olympique. N'en déplaise aux sportifs des disciplines individuelles, le dopage est beaucoup moins présent dans les sports collectifs. La performance dépend dans ce cas de beaucoup plus de facteurs et donc l'apport de produits illicites aura un effet beaucoup moins rémunérateur. Je me souviens de l'époque des coupes d'Europe avec le Standard. On jouait le mercredi et avant le samedi il était impossible de rééditer des performances du même niveau. Or, certaines disciplines individuelles, plus astreignantes physiquement que le football, demandent des efforts énormes plusieurs jours consécutifs. Expliquez-moi comment c'est réalisable. Graham Obree parvient-il à parcourir sept kilomètres dans l'heure de plus qu' Eddy Merckx uniquement grâce à ses roues lenticulaires, son casque profilé et sa position aérodynamique ? Parviendra-t-on un jour à déceler les produits masquant les produits dopants ? Mon coup de c£ur concerne le match Belgique-France de mercredi dernier. Bien sûr, comme tout un chacun, j'ai apprécié la réplique de nos Diables. Je les ai trouvés ambitieux, portés vers l'offensive et réalisant par moments un excellent pressing. Bref, un bon match des nôtres débouchant sur une défaite. Mais mon vrai coup de c£ur, c'est pour cette équipe de France que je l'ai ; et cela depuis six ans maintenant et la Coupe du Monde 1998. Excepté le court intermède asiatique, cette équipe m'enchante depuis sa victoire contre le Brésil au Stade de France. Outre les performances sur le terrain, c'est le comportement des vrais stars que j'apprécie particulièrement, Zizou en tête. Malgré leur statut et leurs revenus mirobolants, les joueurs restent toujours d'une grande disponibilité et d'une simplicité authentique. Ils donnent également l'impression d'éprouver un plaisir énorme à se retrouver et je pense qu'il ne s'agit pas que d'une impression. Et quel plaisir pour un entraîneur de pouvoir compter sur un tel vivier inépuisable ! Mon fou rire concerne Ibrahim Kargbo et son comportement après la défaite de son équipe à l'Antwerp. Quatre jours sans donner signe de vie pour un professionnel... Est-ce vraiment un comportement normal que celui-là ? Pour l'avoir dirigé quelques mois la saison passée, son attitude ne m'étonne qu'à moitié. Après le match Gand-Charleroi en août 2002, Ibou s'était rendu coupable d'un bras d'honneur envers l'arbitre. Mentionnant à Abbas Bayat qu'il fallait sanctionner cette attitude, celui-ci me signifia que c'était moi le fautif car j'aurais dû désigner quelqu'un avant le match pour l'empêcher d'effectuer ce geste. De plus, sanctionner le joueur aurait pu le perturber, dixit le Président. Quelle excuse va-t-il encore lui trouver dans ce cas de figure-ci afin de le réhabiliter aux yeux du groupe ? Quel gâchis par rapport à l'immense talent qu'est Kargbo ? C'est malheureusement quelqu'un qui dans sa tête est loin d'être prêt pour le top et l'hyper protectionnisme présidentiel risque fort de le freiner dans son évolution. Pourquoi pensez-vous qu' Emilio Ferrera lui a préféré Laurent Fassotte quand il a quitté Molenbeek pour le Lierse ? Une simple question de fiabilité. Etienne Delangre